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2014, une année mouvementée pour la chimie

Julien Cottineau

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Alors que l'Europe a été encore freinée par une conjoncture morose l'an passé, les opérations de fusion-acquisition se sont multipliées aux États-Unis où la chimie bénéficie de conditions économiques plus clémentes.

À l'heure des voeux, pas facile d'y voir clair pour cette nouvelle année. Sur le plan macroéconomique, les prévisions majoritairement avancées fin 2014 se révélaient plutôt modérées. L'industrie chimique européenne mise, certes, sur une croissance. Parfois même supérieure à celle du PIB, notamment en France (+ 1,9 % selon l'UIC). Mais on sent que tout demeure incertain. La fragilité de l'économie européenne, le poids des dettes souveraines, l'accès à l'énergie, ou encore la difficulté de certains secteurs en aval tempèrent tout rêve de rebond fort après plusieurs années décevantes, où les ambitions de croissance musclée ne se sont jamais concrétisées. La visibilité à court terme est encore plus ardue dans ce contexte d'un euro en perte de vitesse continue sur le dollar depuis quelques mois, ou avec la dégringolade des prix du brut ayant perdu déjà la moitié de leur valeur en six mois. Un contexte favorable à l'aval mais pas à l'amont. Ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour la déjà moribonde pétrochimie européenne. Même en Asie, si la croissance est toujours au rendez-vous, le rythme continue d'être moindre qu'espéré. En parlant d'Asie, on oublie d'ailleurs trop souvent de distinguer le Japon, puissance en déclin de l'industrie chimique. Elle ne cesse de se restructurer, de distiller des perspectives sombres, et se montre incapable de soutenir le choc de la concurrence avec la chimie de ses voisins, Chine en tête. À vrai dire, seule la chimie américaine croit en sa solidité et en un avenir doré. Dopée aux gaz de schiste, elle est plus que convaincue par ses faramineux investissements pour multiplier ses capacités, et se délecte d'un accès facile et avantageux à des matières premières.

Évidemment, et à l'inverse, on peut sans crainte avancer que l'énergie, en premier lieu avec le gaz, va rester un sujet central en Europe. Le sujet est incessant et a monopolisé les débats de tous les organes représentatifs de l'industrie chimique en 2014.

D'un point de vue microéconomique, on peut s'attarder sur quelques tendances esquissées l'an passé et qui pourraient peut-être se renforcer en 2015. D'une part, Ineos a fait des petits. Outre de s'être lancé dans l'exploration de gaz non conventionnels au Royaume-Uni, ses investissements engagés depuis 2012 pour l'importation prochaine d'éthane américain sont désormais imités. Borealis en Suède, Sabic au Royaume-Uni, Versalis à Mardyck (Nord) ou même Reliance en Inde, se positionnent sur ce créneau pour revitaliser leurs productions pétrochimiques.

 

L'Europe timide dans les fusions-acquisitions

 

D'autre part, on remarque que la chimie américaine n'a pas lésiné l'an passé sur la consolidation. La majorité des grandes fusion-acquisitions a été à l'initiative des acteurs américains, sur des cibles américaines. Platform, Flint Hills, PPG, ADM, Albemarle ou encore FMC n'ont pas hésité à s'engager dans des acquisitions de plus de 1 Mrd $ (voir pages suivantes). En Europe, seules quelques opérations d'envergure sont à souligner. Comme la reprise de Bostik par Arkema, la concrétisation d'Inovyn par Solvay et Ineos, ou le destin de Styrolution. Lequel s'est détaché de BASF pour être seulement piloté par Ineos, acteur décidément incontournable des grands coups, l'an passé. Évidemment, on ne peut oublier un élément majeur comme la sortie, attendue depuis des années, de Bayer de la chimie, décidé à se recentrer sur l'agrochimie et la pharmacie. L'année 2014 restera aussi marquée par la disparition brutale du patron de Total dans un dramatique accident.

2015 aura forcément son lot de surprises, bonnes et mauvaises. Mais malgré cette faible visibilité à court terme, les déséquilibres actuels au sein de l'industrie chimique en fonction des régions devraient se poursuivre.

 

JANVIER

 

Arkema sort ses griffes en Chine

Le groupe français s'accorde avec Jurong Chemical pour la création de Sunke, coentreprise majoritairement détenue par Arkema (55 %) et centrée sur l'acide acrylique. Cet investissement initial de 240 M$, avec une enveloppe similaire prévue en 2015, permet à Arkema de se positionner n°3 mondial et de mieux intégrer ses productions acryliques en Chine. La coentreprise exploite une usine avec deux lignes de production d'acide acrylique à Taixing en Chine. Une troisième ligne de production devrait démarrer début 2015 pour porter les capacités à 480 000 t/an.

 

Bras de fer Third Point/Dow

Le fonds Third Point amorce une campagne publique de critiques sur la stratégie de Dow, réclamant la scission des activités de base et de spécialité afin d'améliorer la rentabilité, ce que refuse le groupe qui décide toutefois d'accélérer son programme de cessions d'actifs en novembre, le passant à une fourchette de 7 à 8,5 Mrds $ d'ici 2016. En fin d'année, Dow accepte la nomination de candidats nommés par Third Point au conseil d'administration en échange d'un arrêt des critiques publiques.

 

FÉVRIER

 

Novacarb s'implante en Asie avec Penrice

La filiale chimie minérale du Français Novacap s'engage avec l'Australien Penrice pour constituer une coentreprise dans le bicarbonate de sodium en Asie. Novacarb financera le dégoulottage de l'usine de Penrice en Australie et construira avec lui en Thaïlande. Novacarb entre ainsi sur le marché asiatique.

 

Second complexe biosourcé pour Versalis

La division chimie de l'Italien ENI reconvertira son complexe pétrochimique de Porto Marghera vers le biosourcé. Il s'agit du second projet de ce type pour Versalis après celui de Porto Torres. Le projet de 200 millions d'euros permettra de sécuriser les 430 emplois du complexe. Des capacités de 30 000 t par an réparties dans deux unités de détergents et lubrifiants devraient être mises en service en 2017.

 

Ashland cède sa division Water Technologies

Le groupe américain cède sa division Water Technologies au fonds Clayton, Dubilier et Rice, dans le cadre d'une transaction de 1,8 Mrd $. Elle sera renommée Solenis à l'été après la finalisation de l'opération.

 

MARS

 

Total inaugure sa plateforme de Jubail

La coentreprise Satorp, composée de Saudi Aramco et de Total, inaugure son gigantesque complexe de raffinage-pétrochimie de Jubail, en Arabie Saoudite. Avec plus de 20 000 km de pipelines aériens, 400 000 barils de brut traités chaque jour, 1 Mt/an de capacités de produits pétrochimiques, ce complexe a nécessité un investissement de 12 Mrds $.

 

AVRIL

 

Kem One modernise Lavera

La modernisation du site de Kem One à Lavera est lancée. Chantier crucial nécessitant des investissements de plus de 100 M€, la conversion des électrolyses doit permettre d'améliorer la rentabilité. La mise en service est prévue pour mi-2016 pour les deux unités de chlore/soude. Quelques mois plus tard, le chimiste a également annoncé un investissement « significatif » pour le remplacement des chaudières sur son site de Balan.

 

Platform se muscle en agrochimie

Pour 1 Mrd $, Platform Specialty Products reprend l'agrochimie de Chemtura. En novembre, il se lance aussi dans l'acquisition d'Arysta, spécialiste des phytosanitaires, pour 3,51 Mrds $.

 

MAI

 

BASF songe à du propylène aux États-Unis

Le géant allemand étudie la construction d'un complexe de taille mondiale de propylène sur le sol américain. BASF évoque un investissement de plus de 1 Mrd $, et une usine utilisant un procédé de production à partir de méthane.

 

Année noire pour Lanxess

Après des résultats annuels catastrophiques et l'éviction du patron, Lanxess engage un plan de restructuration majeur. Pénalisé par son focus trop important sur le marché des pneumatiques pour automobile, Lanxess veut réaligner ses activités et améliorer rapidement sa rentabilité. La première des trois phases a été divulguée en fin d'année. Elle porte notamment sur la suppression de 1 000 postes avant la fin 2016 pour le groupe de 17 000 salariés.

 

Flint Hills reprend PetroLogistics

La filiale de Koch Industries dépose une offre, conclue en juillet, de 2,1 Mrds $ pour l'acquisition de PetroLogistics, plus grand producteur nord-américain de propylène et seul détenteur d'une usine par déshydrogénation de propane aux États-Unis.

 

JUIN

 

Solvay et Ineos créent Inovyn

À la suite du feu vert de la Commission européenne, Solvay et Ineos constituent Inovyn, coentreprise rassemblant leurs activités et actifs chlorovinyliques. Le groupe belge sortira d'Inovyn dans un délai de trois ans. Basé à Londres, Inovyn affichera un chiffre d'affaires annuel d'environ 3 Mrds €. Il exploitera 14 sites dans 8 pays européens.

 

Début des grands travaux aux États-Unis

ExxonMobil et Dow donnent au Texas les premiers coups de pioche pour leurs plus grands projets pétrochimiques américains. En octobre, Sasol annoncera son projet définitif de 9 Mrds $ pour étendre son complexe de Lake Charles en Louisiane.

 

LyondellBasell ferme la raffinerie de Berre

LyondellBasell engage la fermeture de sa raffinerie de Berre-L'Étang, mise sous cocon depuis 2012. Le pétrochimiste annonce à l'automne un plan de 200 M€ sur le site, notamment pour assurer le maintien du complexe pétrochimique. Déployé sur six ans, ce plan vise le maintien de l'outil industriel et l'accroissement de la compétitivité du complexe.

 

JUILLET

 

PPG s'offre Comex

Le géant américain des peintures et revêtements offre 2,3 Mrds $ pour le Mexicain Comex que Sherwin-Williams n'a pas réussi à acquérir un an plus tôt. La transaction est finalisée à l'automne.

 

ADM reprend Wild Flavors

Pour plus de 2 Mrds $, Archer Daniels Midland s'engage dans la reprise, finalisée en octobre, de Wild Flavors, spécialiste des ingrédients alimentaires naturels.

 

Rockwood dans le giron d'Albemarle

Via 6,2 Mrds $, Albemarle s'empare de Rockwood pour créer un nouveau leader américain des spécialités. Les deux groupes ont ciblé quatre domaines d'excellence pour la combinaison de leurs activités et productions : le lithium, le brome, les catalyseurs pour le raffinage et les polyoléfines, et les spécialités pour les traitements de surface.

 

AOÛT

 

L'éthane américain séduit les importateurs

Pendant l'été, plusieurs projets d'importation d'éthane depuis les États-Unis fleurissent. Comme Borealis pour alimenter son vapocraqueur flexible en Suède d'ici à 2016, Sabic qui veut convertir le sien à Teeside (Royaume-Uni) à la même échéance, ou l'Indien Reliance pour ses complexes indiens, avec notamment un projet pour 2015.

 

Ineos dans le gaz de schiste au Royaume-Uni

Ineos se déploie dans le gaz de schiste au Royaume-Uni avec l'acquisition majoritaire d'une première licence d'exploration en Écosse. Elle sera suivie d'une seconde licence en octobre, avant l'annonce d'un investissement potentiel de 1 Mrd $ en novembre pour poursuivre son développement dans le secteur.

 

SEPTEMBRE

 

FMC acquiert Cheminova

Le groupe américain se transforme en un géant de l'agrochimie avec le projet d'acquisition du Danois Cheminova pour 1,8 Mrd $.

 

Bayer tourne la page de la chimie

Le géant allemand annonce qu'il se séparera de Bayer MaterialScience après 150 ans d'activité dans la chimie, pour se concentrer sur la pharmacie et l'agrochimie. Cession pure et simple ou spin-off sont à l'étude pour cette division au chiffre d'affaires annuel de plus de 11 Mrds €. En fin d'année, Reuters citait les fonds d'investissements Advent, Carlyle, Cinven, CVC ou encore KKR dans les rangs pour cette reprise.

 

Eastman s'offre Taminco

Eastman lance une offre de 2,8 Mrds $ sur Taminco, spécialiste des alkylamines et dérivés.

 

Arkema reprend Bostik

Le groupe français lance une offre auprès de Total valorisant Bostik, n°3 mondial des adhésifs, à hauteur de 1,74 Mrd €. Plus grande acquisition d'Arkema, cette transaction qui devrait être finalisée cette année doit offrir au chimiste un positionnement nouveau et moins cyclique, tandis que Total poursuit son désengagement de ses activités chimiques les moins intégrées.

 

OCTOBRE

 

Les fibres de carbone décollent en France

L'Américain Hexcel annonce un investissement de 200 M€ dans l'Isère pour une usine de polyacrylonitrile (PAN) et une ligne de fibres de carbone, tandis que le Japonais Toray inaugure son usine européenne de PAN à Lacq. Deux projets motivés par les applications et les besoins grandissants dans l'aéronautique.

 

Versalis craquera de l'éthane dans le Nord

L'Italien annonce un projet de conversion de son vapocraqueur à Mardyck, près de Dunkerque, pour le flexibiliser afin de craquer à l'avenir de l'éthane américain.

 

Disparition dramatique du patron de Total

Le groupe français est frappé par la disparition brutale de son patron, Christophe de Margerie, tué le 20 octobre dans l'accident de son avion privé en Russie. Total nomme dans les jours suivants Thierry Desmarets et Patrick Pouyanné à la tête du groupe jusqu'à fin 2015.

 

NOVEMBRE

 

Samsung cède sa chimie à Hanwha

Les deux Sud-Coréens s'accordent pour une opération évaluée à près de 1,4 Mrd €. Samsung projette ainsi de céder sa chimie à son compatriote Hanwha, qui va se poser comme n°1 coréen du secteur.

 

Ineos seul dans Styrolution

Le groupe finalise la reprise des parts de BASF dans leur coentreprise à parts égales Styrolution, géant des styréniques, via un investissement de 1,1 Mrd €.

 

Total se renforce en Asie

Le groupe français inaugure une usine de polystyrène en Chine, et surtout l'extension du complexe coréen d'aromatiques de sa coentreprise Samsung Total Petrochemicals, dans le cadre d'un investissement de 2 milliards de dollars. Ce complexe, qui compte parmi les six grandes plateformes intégrées dans le monde, s'étend sur 300 hectares et recense plus de 1 400 salariés. Un projet de 200 millions de dollars est prévu pour 2015.

 

DÉCEMBRE

 

Sika dans le périmètre de Saint-Gobain

Via un accord avec la famille du groupe Sika, minoritaire dans le capital mais majoritaire pour les droits de vote, le Français Saint-Gobain se lance dans une opération de 2,3 Mrds € pour la prise de contrôle du chimiste suisse. Une transaction particulièrement contestée par la direction de Sika et certains actionnaires.

LES ETI FRANÇAISES AFFICHENT LEUR DYNAMISME

Novacap : Le groupe français issu de la chimie de base de Rhodia poursuit son internationalisation via notamment un partenariat avec Penrice pour s'implanter en Asie. PCAS : Le groupe français de 885 employés a multiplié les partenariats de R&D. Citons le projet Greenwax, pour le développement de paraffine issue de matière première végétale et Gree-Nano-Films qui vise à concevoir des films nanostructurés à ultra-haute résolution. Protex : L'entreprise familiale poursuit son objectif d'atteindre 200 M€ de chiffre d'affaires en 2015 (170 M€ en 2014). Elle mise sur des acquisitions comme celles réalisées en 2014 aux États-Unis (Mereco et Chartwell), mais annonce aussi des investissements sur ses sites de production français. SNF Floerger : Le chimiste de spécialité annonce un plan d'investissement de 1 Mrd € pour 2014-2016. Une enveloppe destinée à accroître les capacités de production dans plusieurs régions du monde. Ces investissements concernent le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, le Brésil mais aussi la France.

Jean Pelin, directeur général de l'UIC.UIC : « ENVISAGER 2015 PLUS SEREINEMENT »

Info Chimie : Comment la chimie a-t-elle été impactée par les questions relatives à l'énergie en 2014 ? Jean Pelin : 2014 aura été une année forte pour l'énergie, en premier lieu avec le projet de loi sur la transition énergétique. Des discussions ont été menées pendant plusieurs mois, aboutissant à des éléments positifs. Cependant, pour l'heure, aucun indicateur de performance n'a été mis en place, la stratégie gaz est inexistante, et il n'y a pas suffisamment de clarté dans les dispositifs de soutien, comme pour la capacité d'effacement. Autre élément essentiel pour l'énergie : l'arrivée des capacités américaines à partir d'hydrocarbures non conventionnels. Dans ce contexte, comme en témoigne l'étude d'impact réalisée par l'UIC, tous les produits à base d'éthylène sont en danger, face aux coûts deux fois moins chers aux États-Unis. À noter aussi la baisse des prix du pétrole, qui était relativement imprévue. Au départ, l'impact n'a pas été trop notable car il était couplé avec la dépréciation de l'euro face au dollar, mais aujourd'hui, l'impact positif sur l'industrie chimique se dessine. Quelles ont été les actions de l'UIC en matière d'emploi, l'an passé ? J.P. : Du côté de l'emploi, de nombreuses branches ont commencé à s'inscrire dans le Pacte de responsabilité. Nous avons été la première à nous engager, ce qui est une très bonne chose. Cet engagement a été facilité par notre pyramide des âges favorable et le développement de secteurs porteurs tels que la chimie du végétal, les cosmétiques ou encore la chimie fine. Si les promesses faites pour 2015, 2016 et 2017 sont tenues dans le cadre de ce Pacte, il y aura vraiment des éléments positifs pour l'amélioration des marges. Nous avons montré, par cet accord Emploi de juillet dernier, que nous étions une industrie responsable. Quel bilan tirez-vous des États généraux de la chimie en mai 2014 ? J.P. : Les États généraux de la chimie ont illustré la volonté de mobiliser le monde de la chimie. Or ce n'est pas toujours facile de mobiliser PME et grands groupes autour de la collectivité des industries de la chimie. Ce fut une belle réussite. Cela nous a permis de donner un sens commun à ce secteur peu connu du grand public ; de marquer la volonté de l'industrie de se mobiliser plus collectivement autour d'éléments constructifs qui répondent aux nouveaux grands enjeux. Et sur le plan industriel ? J.P. : C'est plutôt positif. Nous devrions avoir une croissance en volume de l'ordre de 2 %, il n'y a pas eu de grands plans sociaux ; par contre, il y a eu de grands investissements sur la plateforme de Roussillon, avec les projets Robin d'Hexcel et celui de Toray à Lacq. Cela illustre l'impérieuse nécessité de la mobilisation collective autour des plateformes. Il en existe une vingtaine en France, qui doit être un fort facteur d'attractivité. Il y a beaucoup de travail à faire, mais les pouvoirs publics sont à notre écoute. L'année n'aura donc pas été mauvaise, avec toutefois un paysage disparate selon les secteurs. On peut aussi relever quelques signaux négatifs comme les pressions continues sur les produits chimiques et les critiques de leurs effets sur la santé. Il est facile d'attaquer les phytosanitaires et les perturbateurs endocriniens, mais il faut impérativement faire attention à ne pas condamner à tort et vérifier les éléments scientifiques, que les produits de substitution proposés ne s'avèrent pas pires. Comment percevez-vous 2015 ? J.P. : La baisse des prix du pétrole, des taux d'intérêts bas et des perspectives moins moroses que début 2014 nous font envisager 2015 plus sereinement. Nous anticipons une croissance en volume de l'ordre de 2 %, supérieure au PIB et liée à une certaine reprise dans les secteurs en aval, dont l'automobile. Mais nous devrons mettre en place avec le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, une vraie dynamique de collaboration, notamment dans le cadre du Comité stratégique de filière Chimie et Matériaux. En termes d'événement, nous allons célébrer le 25e anniversaire du Responsible Care. L'année sera aussi marquée par la Cop21 à Paris. Notre industrie a déjà réduit ses émissions de GES de 60 % entre 1995 et 2015. Nous pouvons continuer à faire mieux, voire 20 % supplémentaires. Mais il faut impérativement faire attention à ce que l'UE ne fasse pas cavalier seul, en imposant des mesures trop contraignantes. Au-delà, il y a deux éléments majeurs : l'intégration d'une stratégie gaz dans la loi de transition énergétique, pour assurer la compétitivité du secteur industriel. Enfin, le développement des plateformes. Elles ne sont pas encore aux standards européens en termes de gouvernance ou d'infrastructures, excepté Lacq et Roussillon. Il y en a 20 ou 30 à développer. Elles sont cruciales dans la mesure où je ne crois pas que l'on construise de sites Seveso ex-nihilo en France désormais. Elles doivent par ailleurs s'intégrer dans l'économie circulaire, au travers de l'écologie industrielle qu'elles promeuvent.

Propos recueillis par Julien Cottineau

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