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230 milliards de dollars biosourcés

Julien Cottineau

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 Tout le monde s'accorde à le dire : le bio, c'est bien. C'est plus propre, c'est probablement une bonne alternative aux énergies fossiles, et cela procure une meilleure image auprès des consommateurs. Reste la valorisation économique, pas toujours évidente.

The Future of Industrial Bioraffineries, un rapport publié la semaine dernière par le Forum économique mondial, évoque pourtant un marché potentiel de 295 milliards de dollars (237 Mrds €) d'ici à 2020 pour les biocarburants, les produits chimiques et matériaux biosourcés, et la bioénergie. Si on retranche cette dernière, le potentiel dépasse les 230 Mrds $, avec de multiples ouvertures pour les industriels de la chimie. Concocté en collaboration avec DSM, Braskem, Novozymes et DuPont, ce rapport dessine les potentialités par segments. Du côté des matières premières agricoles et de la production de biomasse, évalués respectivement à 15 et 89 Mrds $ d'ici à 10 ans, de multiples secteurs sont concernés comme les engrais, les semences, les phytosanitaires et tout ce qui permettra de mieux valoriser la chaîne de la biomasse. Entre la production et la conversion de biomasse, le rapport évoque un marché de 30 Mrds $ pour les nouveaux procédés de densification afin d'optimiser les solutions logistiques. Le bioraffinage, qui nécessitera une multitude d'outils de transformation (enzymes, micro-organismes... ), représenterait une "niche" de 10 Mrds $. En sortie de chaîne, les biocarburants pèseraient d'ici à 10 ans pour 80 Mrds $ et les produits et plastiques biosourcés incarneraient un marché de 10 voire 15 Mrds $. À l'horizon 2020, la production de produits chimiques biosourcés atteindrait ainsi 9 % du total de la production chimique.

"L'Europe et l'Asie très en retrait"

En plus d'établir un recensement des matières premières (amidon, micro-algues... ) ou de passer en revue les procédés (fermentation, gazéification, pyrolyse... ), le rapport dresse un état des lieux géographique. Avec un bilan peu valorisant pour l'Europe et l'Asie, très en retrait par rapport aux États-Unis et au Brésil. En Europe, malgré une forte volonté, trop peu de projets de bioraffineries sont en développement par rapport aux États-Unis, les efforts de R&D sont encore trop fragmentés, et les investissements insuffisants. Une situation très préjudiciable à en croire le rapport, lequel souligne ainsi qu' « une large partie des connaissances sur les technologies de bioraffinage issues des universités, des instituts de recherche et des industriels européens migre graduellement à l'étranger en raison du manque de projets en Europe ». En Asie, seule la Chine apparaît comme un élément moteur, notamment pour le bioéthanol. Aux États-Unis et au Brésil en revanche, les investissements, les projets et les capacités se sont multipliés ces dernières années. Les deux champions de l'éthanol ont d'ailleurs pris le virage du bioéthanol avec une tendance de plus en plus nette pour la valorisation des résidus plutôt que des matières comestibles. Un développement économique qui se décline aussi par le biais de l'emploi. Rien qu'aux États-Unis, le nombre de postes dans l'industrie du bioraffinage devrait passer de 40 000 à 800 000 d'ici à 2022. À l'heure où Bernardo Gradin, le p-dg de Braskem évoque une « troisième révolution industrielle », le rapport souligne que le développement des procédés, des technologies, des infrastructures et des financements ne peut se faire de manière isolée. Cela passera par un rapprochement d'entreprises venues d'horizons parfois très différents, et surtout d'une meilleure collaboration public-privé et, de fait, d'un meilleur soutien des pouvoirs publics. Pour le bio aussi, l'union fera la force.

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