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Julien Cottineau

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Le dossier prend des dimensions inattendues. A la surprise générale, le groupe Klesch a lancé le 4 mars une lourde charge à l'encontre d'Arkema dans le cadre de la reprise de son pôle vinylique, devenu Kem One.

Klesch indique avoir « découvert des écarts significatifs entre l'information financière présentée par le management d'Arkema France SA lors des négociations et la réalité de la situation financière de Kem One SAS », et qu'il « n'aurait pas accepté de conclure la transaction selon les termes proposés s'il avait eu connaissance du caractère trompeur des informations fournies à l'époque des négociations ». Le groupe a l'intention d'assigner Arkema devant le tribunal arbitral pour réclamer 310 M€ de dommages et intérêts. Ces plaintes ne concernent que Kem One SAS, la partie chlorochimie et PVC de la société, et non Kem One Innovative Vinyls, qui regroupe les filiales Resinoplast (compounds vinyliques) et Alphacan (tubes et profilés). L'attaque a fait bondir le premier chimiste français. Arkema, qui « récuse vigoureusement ces accusations sans fondement », et qui se dit « profondément choqué par ces allégations graves et mensongères », se tient prêt à défendre juridiquement ses positions. Arkema affirme que le « groupe Klesch a eu, en toute transparence et tout au long des négociations, accès à l'ensemble des informations nécessaires (... ) lui permettant d'apprécier la situation financière ainsi que les perspectives de cette activité ». Cette attaque soudaine est étrange à plus d'un titre. En premier lieu car les conditions de cession avaient semblé favorables. Pour 0 €, Klesch avait acquis une activité générant plus de 1 Mrd € de chiffre d'affaires annuel, recensant 2 600 salariés et 22 sites industriels. Arkema avait aussi repris toutes les dettes et accompagné la reprise avec des garanties financières ainsi qu'une enveloppe de 100 M€ pour les premières charges courantes. Soit une facture de 587 M€. Certes, ce pôle vinylique n'était pas des plus rentables, mais Arkema ne s'en était jamais caché.

En second lieu, la charge de Klesch intervient à un moment où les difficultés de Kem One ne cessent d'être identifiées. Les syndicats tirent les signaux d'alarme depuis plusieurs semaines. D'un côté ils évoquent 125 M€ de dettes accumulées en quelques mois, essentiellement auprès d'Arkema (électricité et services partagés) et de Total (approvisionnement en éthylène). De l'autre, ils s'interrogent sur la fameuse enveloppe de 100 M€. La majorité de cette somme aurait été placée sur des comptes à l'étranger. Enfin, entre les difficultés en approvisionnement en éthylène dues à l'accident intervenu fin 2012 sur le vapocraqueur de Naphtachimie à Lavera (Bouches-du-Rhône), qui aurait considérablement ralenti les productions de Kem One, et la mauvaise conjoncture dans la construction et l'automobile, secteurs avals primordiaux pour la société, celle-ci évolue dans un climat économique défavorable. Les inquiétudes syndicales ont été remarquées par le gouvernement. Début mars les syndicats ont été reçus au ministère du Redressement productif et l'État leur aurait assuré suivre de près le dossier et avoir engagé un processus de concertation avec Kem One, Arkema et Total. Fondée ou non, cette attaque de Klesch intervient alors que le bilan de Kem One est déjà très troublant. Après seulement huit mois d'activité, la société affiche des comptes dans le rouge et multiplie les pressions sur ses fournisseurs avec des factures impayées, tandis que sa nouvelle maison mère n'y a visiblement pas encore investi un sou... 

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