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Accord à 5,9 Mrds € entre BASF et Bayer

Accord à 5,9 Mrds € entre BASF et Bayer

Bayer AG

© Bayer CropScience AG

C'était écrit. Le géant mondial n'allait pas se laisser totalement distancer dans le domaine de l'agrochimie. De Dow-DuPont à Syngenta-ChemChina et prochainement Bayer-Monsanto, la valse des gigantesques fusions-acquisitions a rebattu les cartes d'un secteur dans lequel BASF se trouve en queue de peloton de la hiérarchie mondiale. Cela dit, le géant de Ludwigshafen était déjà à la traîne avant même la folle consolidation de ces deux dernières années. Seulement 6e du secteur, il y a encore deux ans, BASF n'avait pas semblé s'agiter plus que ça face à cette frénésie de coûteuses opérations. En coulisses, dans l'ombre, il a certainement été bien plus actif qu'imaginé. Ses velléités ont été murmurées dans certains dossiers comme l'acquisition de Syngenta en 2015 (CPH n°721), ou encore pour renchérir dans le dossier Monsanto en 2016 (CPH n°769). Comme nombre de ses pairs, BASF n'aime pas se contenter de seconds rôles sur ses marchés. Il n'est donc pas surprenant de le voir surgir dans le dossier Bayer-Monsanto pour reprendre de l'envergure parmi les champions de l'agrochimie. BASF s'est engagé à reprendre une partie des actifs de phytosanitaires et de semences de son compatriote Bayer pour 5,9 milliards d'euros en numéraire. L'accord conclu prévoit une finalisation au premier trimestre 2018 et est strictement conditionné à la finalisation de l'acquisition de Monsanto par Bayer.
 

« BASF va pouvoir muscler sa division agrochimique »


L'offre représente 4,5 fois la valeur du chiffre d'affaires généré par ces actifs de Bayer en 2016, à savoir environ 1,3 Mrd €, pour un Ebidta de 385 M€. Elle est également légèrement supérieure aux ventes 2016 de la division Agriculture Solutions de BASF, établies à 5,6 Mrds €. Cet accord donnera un sérieux coup de pouce à Bayer pour satisfaire les autorités de la concurrence dans le cadre de l'acquisition de Monsanto en atténuant des positions dominantes sur certains segments. L'aide est non négligeable, aussi, du côté des finances. Bayer ne cache pas que cette manne l'aidera à régler les presque 60 Mrds € nécessaires pour reprendre sa cible américaine. De son côté, BASF va pouvoir muscler sa division agrochimique en complétant ses gammes de phytosanitaires, notamment dans le domaine des herbicides. Lesquels pesaient pour 39 % des ventes de sa division l'an dernier, juste derrière les fongicides (43 %). Surtout, le géant mondial va mettre un pied bien plus conséquent dans le segment des semences. Actuellement, BASF a limité cette activité au traitement de semences. Elle est insérée dans la business unit Functional Crop Care, qui regroupe également les phytosanitaires biologiques et qui n'a pesé que pour 5 % des ventes de la division en 2016, soit 289 M€.

Les actifs repris comprennent des herbicides non-sélectifs à base de glufosinate-ammonium (gammes Liberty, Basta et Finale) et des semences : canola en Amérique du Nord, soja aux Amériques, colza en Europe, coton aux Amériques et en Europe. Kurt Bock, le patron de BASF évoque des « actifs très attractifs pour des cultures et des marchés clés ». Plus de 1 800 salariés de Bayer changeraient d'employeur, essentiellement aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil, au Canada et en Belgique. BASF mettrait également la main sur des sites de production et de formulation d'herbicides en Allemagne, aux États-Unis et au Canada, des unités de culture de semences aux Amériques et en Europe, et des unités de R&D sur la caractérisation des semences en Europe et aux États-Unis. L'accord prévoit un engagement de BASF à maintenir les emplois aux conditions actuelles pendant les trois années suivant la finalisation de l'opération.

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