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Adionics extrait les sels des effluents industriels pour mieux les valoriser

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Adionics extrait les sels des effluents industriels pour mieux les valoriser

L’équipe d’Adionics est actuellement composée de 12 collaborateurs.

La start-up a mis au point une technologie pour extraire de manière sélective ou massive des sels contenus dans des solutions aqueuses. Une innovation qui permet la valorisation de composés à valeur ajoutée comme les sels de lithium ou d'halogénures.

Et si la rupture technologique des unités de dessalement et de désionisation d'eau venait d'un simple procédé d'extraction liquide-liquide ? C'est en tout cas ce que pense la start-up Adionics (pour Advanced ionic solutions) spécialisée dans les technologies de désionisation liquide. Créée en 2012 par Guillaume de Souza, ex-ingénieur chez Air Liquide, cette société propose sa technologie brevetée de « désalinisation intelligente » de l'eau, AquaOmnes. « Guillaume de Souza, a longtemps travaillé sur des technologies de traitement de gaz. C'est en 2008 qu'il a eu l'idée d'utiliser ses travaux sur des applications de dessalement d'eau », indique Patrick Peters, p-dg d'Adionics. La société est parvenue à mettre au point un liquide d'extraction, le Flionex, qui constitue le coeur de la technologie AquaOmnes. Ce produit est composé d'un mélange d'extractants cationiques, de solvatants anioniques et d'un diluant. Il est en effet capable de retenir des cations de métaux alcalins et alcalino-terreux : sodium, potassium, lithium, magnésium, calcium, etc. « À notre connaissance, nous sommes la seule société à proposer une solution d'extraction ionique par voie procédé liquide-liquide », affirme Patrick Peters. Avant de compléter : « La société Adionics s'appuie désormais sur un large portefeuille de plus de 600 formulations différentes de Flionex pour les différentes applications ».
 

Une alternative compétitive, performante et durable
 

La solution d'extraction liquide-liquide Aqua- Omnes d'Adionics constitue une alternative aux techniques historiques utilisées pour le dessalement de l'eau tels que l'osmose ou l'évapo-concentration. « Contrairement aux procédés traditionnels, notre technologie permet de travailler sur une large plage de concentrations en sels, avec la capacité à extraire sélectivement ou massivement les sels en vue de leur valorisation sous forme de saumures très concentrées », explique Dominique Mabire, directeur technique chez Adionics. Avant de poursuivre : « Avec notre technologie, nous pouvons atteindre des taux d'extraction ionique jusqu'à 99 % ». Lors de l'extraction, le procédé mis au point par Adionics génère, d'une part, des saumures contenant les ions isolés valorisables au niveau industriel, et, d'autre part, de l'eau désionisée. Par ailleurs, AquaOmnes est bien moins énergivore par rapport aux procédés traditionnels d'osmose et d'évapo- concentration, comme le détaille Dominique Mabire : « La technologie fonctionne de manière optimale à température ambiante (entre 20 et 25 °C), ce qui ne nécessite aucun apport d'énergie contrairement aux autres technologies disponibles. En outre, le Flionex est régénéré à 90 °C avec un apport énergétique réduit et réutilisé sans contrainte de procédés ». En outre, la technologie ne nécessite aucun apport de produits chimiques complémentaires pour l'extraction, n'ayant besoin que de le mettre en contact avec le liquide à traiter.
 

Déjà une installation pilote opérationnelle
 

Preuve de la rupture technologique d'AquaOmnes, le groupe de gestion de l'eau Suez Environnement a sollicité Adionics en 2015 pour la construction d'un pilote de dessalement d'eau de mer d'une capacité de 24 m3 par jour localisé à Masdar (Émirats arabes unis). « La construction de ce pilote en partenariat avec Suez a permis de démontrer que notre technologie pouvait s'adapter aisément à une échelle industrielle, pouvant prendre la forme d'installations de mélangeurs-décanteurs ou de colonnes », explique Dominique Mabire. Fort de ce succès, Adionics démarre une seconde unité pilote en avril 2018 en partenariat avec EDF, Total Engie et Bpifrance « Cette installation de dessalement d'une capacité de traitement de 100 m3 par jour vise à produire des eaux pour un usage industriel. Si le premier pilote s'attachait à démontrer le concept de désionisation par extraction liquide/liquide, cette nouvelle unité, qui sera installée sur le site EDF du CCG de Martigues-Ponteau, permettra de démontrer la performance industrielle de notre solution », soutient Dominique Mabire.
 

En ce qui concerne les perspectives, Adionics compte s'activer prochainement à la fois au niveau de la R&D et du déploiement commercial de sa technologie. Pour ce faire, la société est actuellement en phase de levée de fonds. « Nous sommes en cours de bouclage d'une levée de fonds de 3,5 ME afin de financer la mise au point de notre technologie, le renforcement de nos équipes à des postes clés, et le développement commercial », indique Patrick Peters. Ainsi, le groupe entend notamment améliorer encore la performance de son Flionex pour répondre aux nombreuses applications du marché. « Nous souhaitons également porter notre effort de R&D sur certains facteurs d'optimisation du procédé et sur la mise au point de composés sélectifs pour l'extraction de cations divalents (magnésium, calcium, etc.) par exemple. Les solutions déjà commercialisables sur le lithium et les halogénures seront également optimisées afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque application », liste Dominique Mabire. Avant d'ajouter : « Nous souhaitons également poursuivre les partenariats de recherche académique du type de ceux que nous avons initiés avec l'Institut de chimie séparative de Marcoule et l'Ensiacet de Toulouse ». En ce qui concerne l'aspect commercial, Adionics entend se focaliser sur certaines applications au développement rapide comme l'extraction du lithium, une ressource dont le marché va exploser dans les années à venir et l'extraction et la valorisation de sels d'halogénures comme les iodures (pour la production d'iode) ou les bromures. « Notre technologie pourra trouver des usages dans de nombreux autres secteurs tels que le traitement et l'épuration des effluents industriels, la potabilisation de l'eau, le pétrole et gaz, l'industrie minière, l'agroalimentaire, la cosmétique, etc. Le champ d'applications de notre technologie est tellement large qu'à long terme on ne pense pas forcément se focaliser sur un marché final donné », conclut Patrick Peters.

La société Adionics en bref
  • Création en 2012
  • Effectif actuel : 12 collaborateurs
  • Chiffre d'affaires visé sous 5 ans : 8 à 10 millions d'euros
  • Effectif envisagé d'ici à 2023 : environ 50 salariés
  • Partenaires : Incubateur de l'École Centrale Paris, CNRS, Institut de chimie séparative de Marcoule, Ensiac et Toulouse
  • Affiliations professionnelles : UIC, 2ACR Pôles de compétitivité : Axelera, Hydreos
  • Marchés ciblés : chimie, potabilisation de l'eau, exploitation de pétrole et gaz, énergie, secteur minier, traitement d'eaux industrielles variées
  • Récompenses : prix du Global Cleantech 100 Forum 2017, lauréat du Concours mondial de l'Innovation 2030 en 2015

 

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