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Affluence modérée au congrès BIO de Montréal

À Montréal (Canada), Sylvie Latieule

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Cette conférence mondiale dédiée aux biotechnologies industrielles et à la chimie du végétal a attiré moins de participants qu'en 2015, lors d'une précédente édition à Montréal. Preuve que les enjeux sont désormais connus. Néanmoins les rencontres d'affaires n'ont jamais été aussi nombreuses.

Le congrès mondial des biotechnologies blanches, BIO World Congress on Industrial Biotechnology, s'est tenu du 24 au 26 juillet au Palais des congrès de Montréal, au Québec (Canada). Cette 14e édition a attiré 954 participants. Il s'agit du plus grand événement de biotechnologie industrielle au monde avec ses 227 conférenciers qui sont intervenus à travers cinq réunions plénières et sept sessions parallèles sur des sujets divers (marchés, biocarburants, biologie synthétique, arômes et ingrédients, produits chimiques biosourcés...). Mais c'est au niveau des rencontres d'affaires qu'un record a pu s'établir. Au cours des trois jours, 893 personnes représentant 535 entreprises ont participé à 2 130 réunions. Le nombre de réunions, dont l'organisation a été facilitée par le système « One-on-One Partnering » de BIO, a augmenté de 9 % par rapport à l'édition 2016 de San Diego.

Brent Erickson, vice-président exécutif de la section Industrie et environnement de BIO, s'en est réjoui : « Depuis les séances plénières solides jusqu'au nombre record de réunions d'affaires, le Congrès BIO 2017 a été un succès retentissant. Cet événement continue de fournir aux cadres de l'industrie, aux investisseurs, aux décideurs et aux universitaires la meilleure opportunité de créer des liens et des partenariats qui stimuleront la croissance dans le secteur pour les années à venir ». Néanmoins, malgré l'enthousiasme manifesté par Brent Erickson, on se souvient que l'édition montréalaise de 2015 avait attiré quelque 1 200 participants en provenance de 750 entreprises et 50 pays, soit presque 25 % de participants de plus. Si les Nord-Américains et les Européens ont continué à répondre présents, la défection provient sans doute des participants asiatiques, moins massivement représentés. Lors d'une conférence, le p-dg d'une importante start-up a également souligné l'absence de « brand owners », ces sociétés qui s'adressent en bout de chaîne au consommateur final.

En parallèle, un vaste hall a abrité près d'une cinquantaine d'exposants, dont le pôle IAR qui conduisait une délégation d'une trentaine de personnes. Cependant, les Français pouvaient légitimement jalouser le pavillon hollandais particulièrement visible et soutenu par la BE-Basic Foundation, qui a vocation à stimuler les partenariats publics privés entre les Pays-Bas et des pays étrangers. On pouvait également noter la bonne visibilité de Sarnia, cet ex-complexe pétrochimique situé en Ontario (Canada) et qui se reconverti en biodistrict, ainsi que la province du Queensland en Australie, dont le climat tropical lui permet de bénéficier d'une biomasse abondante.

 

Les buildings blocks suscitent moins d'intérêt

 

Force est de constater que depuis la fin 2014 et la baisse du cours du pétrole et des produits chimiques, les acteurs du secteur ne cessent de se repositionner ou de se restructurer. Des sociétés ont disparu - Myriant, Solazyme... - quand d'autres ont changé de cap - Amyris, Deinove, Fermentalg... Néanmoins le Nova Institute nous rassure, anticipant une forte croissance dans le domaine des produits biosourcés dans les années à venir. Dans une récente étude, le cabinet de conseil allemand a identifié 17 buildings blocks représentant 2,4 Mt de capacités en 2016 et qui pourrait atteindre 3,5 Mt en 2021 à raison de 8 % de croissance par an. En revanche, mieux vaut ne pas se tromper de molécule. Exit l'acide adipique, le bio-propylène, et dans une moindre mesure l'épichlorhydrine. Les molécules qui ont le vent en poupe sont l'acide furane dicarboxylique, l'acide lactique, l'acide dodécanedioique, l'acide succinique, l'acide téréphtalique, le 1,4-butanediol. En conséquence, le sujet des buildings blocks ne constitue plus l'essentiel des présentations en conférences plénières et sessions parallèles.

De fait, à Montréal on a beaucoup parlé de biocarburants alors qu'en France le sujet est mis de côté pour ne pas mélanger énergie et chimie, et risquer de subir les assauts des lobbys hostiles aux biocarburants. Mais aux États-Unis, dès 2005, le DOE (département de l'Énergie) et l'USDA (ministère de l'Agriculture) ambitionnaient déjà de remplacer 30 % des carburants fossiles. Du coup, les recherches sont allées bon train, tant sur la mobilisation de la ressource que sur le développement de micro-organismes et la mise au point de procédés performants, que sur la mise à l'échelle. Reste que l'on parle encore beaucoup de biocarburants 1G. Ceux sur les carburants cellulosiques se comptent encore sur les doigts de la main et le projet Liberty de POET et DSM a été présenté comme l'une des rares success story dans le domaine.

Les arômes, parfums et ingrédients alimentaires ont fait l'objet de nombreuses conférences. Dans ces domaines, l'accès au marché est en général plus rapide, avec la garantie d'une bonne valeur ajoutée, mais sur de faibles volumes. Reste que le secteur de la cosmétique est gourmand en molécules et réclame du biosourcé. Marc Delcourt, président de Global Bioenergies, qui développe un procédé de production d'isobutène biosourcé par voie fermentaire, a expliqué que sa molécule pouvait entrer dans des formulations, même si elle se destine plutôt aux marchés des plastiques, caoutchoucs et biocarburants. Pour preuve, L'Oréal teste depuis un an l'isobutène biologique de Global Bioenergies dans le cadre d'un partenariat.

Forts de ce bilan, les organisateurs nous ont donné rendez-vous en 2018 pour la prochaine édition de ce congrès mondial de la biotechnologie industrielle qui se tiendra du 16 au 19 juillet au Convention Center de Philadelphie en Pennsylvanie (États-Unis).

Sociétés françaises présentes au BIO 2016

Alderys, ARD, Bgene Genetics, Carnot Institute 3BCAR, Enobraq, Eurodia Industrie, IFMAS, INRA, Metabolic Explorer, Novasep, Processium, ProSim, Seppic, Sofinnova Partners, Sup'Biotech, Syngulon et TWB

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