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Agrochimie/BASF se lance à son tour dans les biotechnologies végétales

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Après DuPont, Monsanto et même AgrEvo qui se sont lancés avec tous leurs moyens financiers dans la course aux biotechnologies végétales, BASF compte également s'y tailler une place. Cependant le groupe allemand avance avec plus de retenue. Alors que Monsanto, DuPont et AgrEvo ont respectivement dépensé 8 Mrds $, 5 Mrds $ et 1 Mrds $ dans l'acquisition de producteurs de semences, BASF ne cherche pas à réaliser une telle acquisition " à n'importe quel prix ", explique Friedrich Vogel, responsable de la division Phytosanitaires du groupe. Il s'agit pour BASF, qui misait essentiellement sur la chimie traditionnelle en matière de protection des plantes, d'un véritable changement de stratégie. " Nous sommes restés longtemps en dehors des biotechnologies appliquées aux plantes, nous pensions que cela était trop spéculatif. Maintenant nous estimons qu'il faut y aller ", indique F. Vogel qui rappelle que BASF s'est lancé dès le début des années 80 dans les techniques génétiques appliquées à la pharmacie. Cependant, " il s'agit d'investissements qui ne seront rentables qu'à long terme. Les premiers produits de biotechnologie végétale issus de la recherche de BASF ne seront pas sur le marché avant cinq ans ", estime-t-il. Le groupe a déjà fondé deux sociétés spécialisées dans la recherche en Allemagne. Metanomics, créée avec la participation d'un chercheur du Max Planck Institut, spécialiste de la physiologie moléculaire des plantes, a pour objectif d'analyser la fonction du patrimoine héréditaire des plantes. Le second joint-venture, appelé Sungene, cherchera à optimiser les gènes rentables et à les intégrer dans des plans de culture. BASF ne compte pas se lancer dans les produits de première génération comme les plantes résistantes aux insectes ou aux herbicides non sélectifs. Principales raisons : le groupe allemand ne produit pas de grands herbicides non sélectif comme le Round-up de Monsanto ou le Basta d'Agrevo et ne figure pas parmi les grands producteurs d'insecticides. En revanche, BASF compte s'engager dans la recherche de plantes " améliorées " : optimisation de la productivité notamment en situation difficile (froid, stress...), meilleure assimilation des éléments nutritifs, plantes enrichies en acides gras et insaturés... Le groupe compte également se servir des plantes comme " catalyseurs de nouvelles substances ". Principal obstacle au développement de BASF dans ce secteur : les sommes que le groupe allemand veut consacrer à ce domaine -100 M DM par an- restent faibles par rapport aux montants annoncés par les concurrents. Elles ne représentent également qu'une petite part des dépenses consacrées par BASF à la recherche phytosanitaire, qui atteignent 384 M DM en 1998. Or, BASF compte " faire partie des dix plus grosses entreprises mondiales dans le domaine des biotechnologies des plantes ", affirme le patron des phytosanitaires. Autre désavantage, BASF n'est pas parti parmi les premiers. " Nous allons vite rattraper notre retard. La course ne fait que commencer et le vainqueur est loin d'être désigné ", répond F. Vogel. Pour ce dernier, un des atouts du groupe est sa présence globale dans le domaine de l'agrochimie, c'est-à-dire dans les phytosanitaires mais également les engrais et la nutrition animale. Le groupe réalise en Europe un chiffre d'affaires de 3,4 Mrds DM dans l'ensemble des produits destinés à l'agriculture et de 7 Mrds DM au niveau mondial. La production de phytosanitaires reste l'activité principale. Sur les neuf derniers mois, le groupe a accru de 8 % ses ventes de phytosanitaires à 2945 M DM. Et F. Vogel s'attend, pour l'ensemble de l'année 1998, à " un chiffre d'affaires de 3440 M DM au lieu de 3210 M DM en 1997, ce qui représente une croissance encourageante de 7,2 % ". Il prévoit également une hausse de 10 % du résultat opérationnel. Des divergences importantes existent selon les régions. Contrairement à ses concurrents, BASF a vu sur les neuf premiers mois ses ventes augmenter de 7,7 % en Asie. En Europe, la croissance est encore plus spectaculaire : + 19,7 %. Celle-
ci est due à la mise sur le marché de ses nouveaux fongicides époxiconazole et krésoxim-méthyl. BASF a démarré cet été sur le site de Tarragone une unité de krésoxim-méthyl, un fongicide de la nouvelle famille des strobilurines, jusqu'alors produit en petites quantités sur son site brésilien. La formulation de ce fongicide sera encore réalisée pendant quelques mois à Ludwigshafen en attendant le démarrage, prévu pour le troisième trimestre 1999, d'une unité de formulation en cours de construction à Tarragone. " Nous serons dès l'an prochain le premier producteur de fongicides " derrière Novartis, estime le directeur de la division phytosanitaires du groupe. En Amérique du Nord, le groupe subit, en revanche, un important recul (- 7,4 % en $ sur les neuf premiers mois), du fait surtout de la percée réalisée par les concurrents avec le lancement de variétés de soja transgéniques résistantes aux herbicides totaux. BASF a en partie compensé cette baisse par l'apport de MicroFlo, une société de produits génériques récemment acquise, qui devrait réaliser un chiffre d'affaires de 124 M$ en 1998. Pour les mois à venir, BASF compte également sur l'introduction de ses nouveaux fongicides pour remonter la pente en Amérique du Nord. " Nous comptons équilibrer dès 1999 la baisse du chiffre d'affaires et du bénéfice de 1998 " en Amérique du Nord, estime F. Vogel. Les perspectives futures des phytosanitaires de BASF passent aujourd'hui par un développement des biotechnologies végétales mais également par un effort soutenu dans la recherche de produits chimiques plus traditionnels. " Dans les cinq années à venir nous voulons lancer sur le marché en moyenne deux agents actifs par an. " L'an prochain, ce seront le diflufenzopyr, un herbicide du maïs qui sera commercialisé sous le nom de Distinct aux Etats-Unis et le clefoxydim, un herbicide du riz lancé sous la marque Aura. n De Tarragone, Cyrienne Clerc

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