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Air Liquide en forme en attendant Airgas

Julien Cottineau

Les investisseurs restent dubitatifs. Le plaisant bilan financier d'Air Liquide, publié le 16 février, n'a pas eu d'effet notable sur le cours de l'action. Laquelle continuait d'évoluer comme les jours précédents dans une fourchette comprise entre 93 et 95 euros. Soit bien en deçà des 123 € par titre au 17 novembre dernier, lors de l'annonce du projet d'acquisition de l'Américain Airgas.

Cette opération d'un potentiel de plus de 12 milliards d'euros reste jugée onéreuse par les investisseurs et les analystes, reconnaît Benoît Potier. Le p-dg d'Air Liquide insiste pourtant sur le fait que l'opération « ne peut être jugée que sur les éléments de prix ». Au-delà des synergies de coûts espérées de 300 M$ par an, l'acquisition d'Airgas reste aux yeux du groupe français une fabuleuse opportunité pour accélérer son développement. Notamment pour sa transformation digitale (Airgas génère 10 % de son chiffre d'affaires via l'E-commerce) et son rapprochement avec ses clients sur le sol américain. Avec Airgas, leader local des gaz conditionnés, Air Liquide a tout pour effectuer une diversification drastique en Amérique du Nord, en élargissant ses activités de production sur sites et de livraisons en vrac vers celles de livraison directe et de vente au détail. Aux États-Unis, Airgas recense 11 000 points de vente, 1 million de clients. Le groupe y écoule 11 millions de bouteilles par an, plus que les 10 M de bouteilles qu'Air Liquide écoule chaque année en Europe.


« Marge opérationnelle de 17,6% »
 

Le dossier devrait vite s'accélérer. La prochaine étape cruciale sera l'assemblée générale d'Airgas, le 23 février. Le feu vert pour l'acquisition nécessitera l'approbation de « plus de 50 % des actionnaires existants », précise Benoît Potier. Au-delà, l'autorisation des autorités de la concurrence serait attendue au 2e ou 3e trimestre. En parallèle, le financement et l'augmentation de capital (de 3 à 4 Mrds €) s'organisent. Si l'opération va à son terme, Air Liquide dévoilera alors un plan de développement sur cinq ans au cours de l'année.
 

En attendant, le géant français des gaz industriels a publié des résultats 2015 positifs. Le chiffre d'affaires a progressé de 6,7 % sur un an, à 16,38 Mrds €. Les ventes ont notamment bénéficié d'un effet de change favorable (+6 %) mais ont été amoindries par un impact négatif de l'énergie (-2,6 %). En données comparables (hors effets de change, d'énergie et de périmètre), le chiffre d'affaires Gaz et Services, la principale division, a augmenté de 3,8 %, à 14,75 Mrds €. La branche Électronique affiche une croissance de 11,5 % (1,5 Mrd €) en profitant du dynamisme asiatique. Celle de la Santé enregistre une progression de 7,5 %, à 2,8 Mrds € tandis que la Grande Industrie croît de 5,2 %, à 5,2 Mrds €, profitant notamment du démarrage du gigantesque complexe d'hydrogène du groupe à Yanbu, en Arabie Saoudite (CPH n°723). En revanche, les ventes du segment Industriel Marchand ont fléchi de 1,3 %, à 5,2 Mrds €, en raison d'une « activité manufacturière modérée » et d'un « ralentissement de la demande pour les services pétroliers et les industries associées » en Amérique du Nord, indique Air Liquide.
 

Parmi les autres divisions, celle de l'Ingénierie et de la construction s'est maintenue, à 775 M€ (-0,7 %). Marchés globaux et Technologies, créé fin 2015 pour regrouper les activités innovantes sur des marchés existants (cryogénie, spatial, aéronautique...) ou en plein boom (énergie hydrogène, transport propre..), a enregistré des ventes en hausse de 11,4 %, à 292 M€. Côté rentabilité, Air Liquide a publié un résultat opérationnel courant en progression de 9,8 % (2,89 Mrds €), une marge opérationnelle de 17,6 %, et un résultat net en hausse de 5,5 %, à 1,76 Mrd €. Soit un bilan qui ne manque pas de souffle.

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