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Akzo convoite des revêtements de BASF

Julien Cottineau

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Le groupe néerlandais n'a pas trop attendu le déferlement de rumeurs. Oui, il est bien engagé dans des discussions avec BASF pour éventuellement reprendre au géant allemand ses revêtements industriels. AkzoNobel explique que si sa stratégie reste focalisée sur l'amélioration de son excellence opérationnelle et sa croissance organique, les acquisitions ciblées ne sont pas à exclure. Mais pour l'heure il n'en dira pas plus.

Évidemment, cette annonce préfigure une opération de taille dans la chimie européenne. Acteur majeur des revêtements pour l'automobile, BASF est moins connu et présent sur les segments industriels. D'ailleurs il ne s'étend pas trop sur l'ampleur de cette activité. Elle fait partie de sa business unit Coatings, composante de la division Functionnal Materials et Solutions. Chemical Week avance des ventes d'environ 240 millions d'euros l'an dernier pour les revêtements industriels du géant de Ludwigshafen, soit seulement 8 % du chiffre d'affaires des Coatings du groupe, qui ont généré 2,98 Mrds € de ventes en 2014. BASF produirait par ailleurs des revêtements industriels seulement sur ses sites allemands de Münster et d'Oldenburg, toujours selon Chemical Week. L'agence Reuters avait déjà rapporté dès l'automne une possible mise en vente par BASF de cette activité, en citant des sources anonymes mais proches du dossier. Lesquelles évoquaient une valeur potentielle d'environ 500 M€.

Pour AkzoNobel, géant mondial des revêtements, ce segment industriel semble déjà plus stratégique que pour BASF. En 2014, ses revêtements industriels avaient compté pour 14 % des ventes de sa division Performance Coatings. Soit environ 783 M€ sur un total de 5,59 Mrds €. Avec l'activité de BASF, AkzoNobel pourrait potentiellement envisager une activité d'un chiffre d'affaires proche du milliard d'euros.

Ces dernières années, le chimiste néerlandais ne s'est pas vraiment agité sur le front des fusions-acquisitions. AkzoNobel est plus coutumier des projets de croissance organique, surtout dans les pays émergents, Asie en tête, ou de restructurations ciblées, ce qui concerne plus souvent ses actifs en Europe. Sa dernière grande opération remonte à 2013, lorsqu'il avait cédé sa division Peintures décoratives en Amérique du Nord à son concurrent PPG pour plus de 1 Mrd $. L'objectif annoncé à l'époque était, d'une part, de se recentrer sur ses peintures décoratives en Europe et dans les marchés émergents, et d'autre part, de financer des projets de croissance organique tout en réduisant sa dette. Fin 2012, la dette nette du groupe s'élevait à 2,3 Mrds €. Fin 2014, elle avait été réduite à 1,61 Mrd €, et même à 1,23 Mrd € fin 2015.

Par ailleurs, AkzoNobel vient de publier des comptes positifs et encourageants. Entre 2014 et 2015, son chiffre d'affaires a progressé de 4 %, à 14,86 Mrds €, notamment via des effets de change favorables malgré des volumes en légère baisse. Si la progression des ventes a été modeste l'an dernier, les performances de sa rentabilité sont plus franches. L'Ebitda a bondi de 24 %, à 2,09 Mrds €. Et le résultat net affiche une hausse de 79 %, à 979 M€. Le groupe se félicite notamment de bons retours sur investissements et sur ses ventes. Mais AkzoNobel se veut prudent pour 2016. Une année qu'il annonce comme délicate et pour laquelle il n'anticipe « qu'un soutien limité des marchés sur lesquels nous opérons », note Ton Büchner, le p-dg. C'est donc peut-être le moment idéal pour se lancer, sans trop attendre, dans une transaction conséquente.

 

« AkzoNobel est plus coutumier des projets de croissance organique »

 

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