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AkzoNobel confirme le spin-off de ses spécialités

Julien Cottineau

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AkzoNobel confirme le spin-off de ses spécialités

Le Néerlandais n'en démord pas. Malgré la pression des actionnaires et de PPG (CPH n°797), AkzoNobel file vers sa nouvelle stratégie. Le 19 avril, comme promis, le géant européen des peintures et revêtements a dévoilé l'avancée du projet de spin-off de sa division Chimie de spécialités. Projet engagé juste après la révélation de l'offre de son grand rival américain pour l'absorber (CPH n°793). Les détails ne sont pas encore clairs. La séparation interviendrait d'ici à 12 mois, via une vente ou une introduction en Bourse séparée de la division Specialty Chemicals. AkzoNobel parle d'une phase « logique » pour la création de deux entités distinctes, motivée par les « fortes fondations financières et opérationnelles développées ces dernières années. Cela permettra de générer une création de valeur supérieure, plus rapide et plus sûre que d'autres alternatives, avec moins de risques, d'incertitudes et de coûts sociaux ». Des affirmations assorties d'un vernis prometteur pour séduire les actionnaires. Le spin-off générerait des économies de coûts de 150 millions d'euros par an via les programmes d'amélioration continue des divisions Peintures et Revêtements, et des économies de 50 M€ relatives à la séparation. Surtout, AkzoNobel reverserait un total de 1,6 Mrd € aux actionnaires, et ce dès cette année ! Soit la majorité des bénéfices espérés pour cette séparation. Cette somme se décomposerait en un dividende spécial de 1 Mrd € payable en novembre, en avance du spin-off, et en une augmentation de 50 % du dividende ordinaire. Ton Büchner, le p-dg du groupe dit avoir « toute confiance pour reverser les bénéfices à nos actionnaires en amont de la séparation ».

En parallèle, AkzoNobel a publié un premier bilan trimestriel qui, ça tombe bien, semble attester de sa bonne santé et de sa vivacité. Chaque division affiche des croissances de ses ventes de 6 à 7 %. Surtout, le résultat d'exploitation (Ebit) serait en pleine dynamique. AkzoNobel a relevé sa prévision pour 2017 et évoque un Ebit supérieur de 100 M€ à celui de 2016 (1,5 Mrd €), contre seulement 40 M€ de plus l'an passé.

Pourtant, PPG croit toujours au « mérite d'une combinaison des deux entreprises ». Le 19 avril, l'Américain s'est dit persuadé que cette idée de spin-off est plus risquée pour tous, car elle aboutirait à créer deux entreprises plus petites et mènerait à des restructurations additionnelles. Michael McGarry a aussi adressé une lettre ouverte à toutes les parties prenantes d'AkzoNobel. Le patron de PPG y dévoile que des discussions au sujet d'un rapprochement s'étaient tenues dès 2013, mais le groupe néerlandais n'était pas intéressé. Le sujet n'est revenu que début mars, au cours d'un déjeuner privé entre les deux patrons. Mais, face à la pression des rumeurs, l'offre a été dévoilée et rejetée publiquement par AkzoNobel la semaine suivante, avant même des discussions approfondies. La lettre avance aussi quelques données alléchantes et/ou rassurantes. PPG n'est pas un entrepreneur américain mais mondial. Rien qu'aux Pays-Bas, il dénombre cinq sites et près de 1 000 collaborateurs. De plus, les peintures n'ont pas d'intérêt économique si elles sont acheminées sur de longues distances, ce qui garantit des productions locales, proches des clients. Enfin, au cours des dix dernières années, PPG a vu ses ventes passer de 10 à 15 Mrds $, et ses effectifs porter de 32 000 à 47 000 salariés. Et, au cas où les investisseurs ne l'auraient pas remarqué, sur cette période, le retour aux actionnaires aurait atteint 282 % chez PPG contre seulement 87 % chez AkzoNobel. Pour l'heure, les investisseurs n'ont pas vraiment bronché. Le cours de l'action continue d'évoluer depuis début avril autour de 78 € par titre. Rien n'est encore fait.

 

« 1,6 Mrd € versé aux actionnaires, dès cette année »

 

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