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AkzoNobel sous pression

Julien Cottineau

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AkzoNobel sous pression

Le siège d’AkzoNobel à Amsterdam.

Le chimiste néerlandais s'agite. Son refus d'engager des discussions avec PPG suite aux deux offres rejetées offusque certains actionnaires. Mais AkzoNobel ne cède pas et propose de dévoiler sa future stratégie dès le 19 avril, notamment pour la scission de ses spécialités.

L'ambiance doit être électrique chez AkzoNobel. Depuis les deux offres de son concurrent américain PPG, dont la dernière d'environ 24 milliards d'euros (CPH n° 795), toutes deux rejetées, la pression s'accroît sur le géant européen des peintures et revêtements. Le 23 mars, Michael McGarry, le p-dg de PPG s'est promené à Amsterdam (Pays-Bas). S'il y a rencontré journalistes et investisseurs, sa demande d'être reçu par la direction d'AkzoNobel a essuyé une fin de non-recevoir. A Amsterdam, Michael McGarry a estimé « choquante » la rapidité avec laquelle la deuxième offre a été déclinée, rapporte la presse américaine. Il n'a pas exclu la possibilité de recourir à une OPA agressive à l'avenir, même si pour l'heure PPG privilégierait le dialogue. Mais AkzoNobel n'aurait toujours pas accepté de discuter.

En parallèle, les actionnaires aussi commencent à faire pression. Plusieurs fonds américains, dont des fonds activistes, détenant des parts dans le groupe néerlandais, ont élevé la voix ces derniers jours. La presse américaine relate une lettre de Causeway Capital Management, qui revendique plus de 6 % du capital d'AkzoNobel, qui enjoint les dirigeants à discuter, jugeant qu'une fusion serait particulièrement bénéfique à toutes les parties. D'autres investisseurs évoquent un prix d'offre encore trop peu valorisant, ce qui va dans le sens de la direction d'AkzoNobel, mais réclament eux aussi des discussions. Même le Vereniging van Effectenbezitters (VEB) un groupe néerlandais représentants des actionnaires et doté de plus de 30 000 membres, réclame l'arrivée des dirigeants à la table des négociations, rapporte l'agence de presse néerlandaise ANP. La fronde des actionnaires, si elle continuait de s'amplifier, pourrait provoquer dans les jours et semaines qui viennent la tenue d'une assemblée extraordinaire. Et si cela ne suffisait pas, le cours de l'action ne cesse de grimper, évoluant désormais autour des 78 € par titre contre 75 € la semaine précédente, et contre 65 € juste avant l'annonce publique de la première offre le 9 mars.

 

« Nous tenons nos engagements »

 

De son côté, la direction du géant néerlandais allume des contrefeux. Dès le 9 mars, AkzoNobel avait dévoilé un projet de spin-off pour sa division Chimie de spécialités, qui a généré en 2016 des ventes de 4,78 Mrds €, soit 33 % du chiffre d'affaires total du groupe (CPH n° 793). Le 28 mars, le groupe a indiqué qu'il détaillerait son projet le 19 avril aux investisseurs, en même temps qu'il présenterait le bilan financier du premier trimestre 2017. A l'occasion de cette annonce, Ton Büchner, le p-dg a souligné que le groupe avait atteint ces dernières années des « niveaux de performance record », en « termes de profitabilité » et accompli « une série de mesures opérationnelles, générant de la valeur pour les actionnaires. Nous tenons nos engagements ». Au sujet du projet pour les spécialités, le patron d'AkzoNobel estime que le groupe est le mieux placé pour l'accomplir lui-même, sans l'aide de quiconque.

Par ailleurs, AkzoNobel multiplie les engagements en matière de développement durable, comme celui de devenir totalement durable en 2 050 (voir ici). Il a aussi racheté une partie de son capital. Entre le 20 et le 24 mars, 263 000 actions ont ainsi été rachetées, pour 19,80 M€. Mais cette mesure n'est pas décrite comme un mécanisme de défense face à PPG, s'inscrivant plutôt dans le programme de rachat d'actions enclenché le 12 décembre. Depuis, le groupe a acquis près de 2 M de ses actions, pour un total de 129,80 M€.

Enfin, AkzoNobel dispose de quelques appuis politiques. Des gouverneurs de plusieurs provinces des Pays-Bas ont indiqué rejeter le projet de PPG, craignant la perte de 5 000 postes dans le pays. Et selon la presse internationale, Henk Kamp, le ministre néerlandais de l'Economie, a déclaré que ce projet irait à l'encontre des intérêts du pays.

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