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Arkema cède ses alcools oxo à Ineos

Julien Cottineau

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Le processus de recentrage du portefeuille d'Arkema se poursuit. Le chimiste tricolore a officialisé le 26 janvier un projet de cession à Ineos de son activité d'alcools oxo. Plus précisément, il prévoit de céder sa participation de 50 % dans Oxochimie, la coentreprise 50/50 entre lui et Ineos, ainsi que le fonds de commerce associé. La finalisation de l'opération est envisagée courant 2017. Les deux partenaires vont engager des processus d'information et de consultation des instances du personnel. Sur le site d'Oxochimie, seuls deux salariés d'Arkema seraient toutefois concernés par un transfert, nous a indiqué un porte-parole. Le projet devra également recevoir l'aval des autorités de la concurrence. Ineos précise cependant que les deux parties n'envisagent pas d'écueil particulier sur ce plan.

Créé en 1965, Oxochimie a mis en service ses premières unités de production en 1968 sur la plateforme de Lavera (Bouches-du-Rhône). Le complexe a connu plusieurs phases d'extension de capacités, notamment en 1972 et 1976, ainsi qu'une modernisation complète en 1989. Aujourd'hui, Oxochimie détient des capacités de 330 000 tonnes par an. Le site est alimenté en propylène directement par Naphtachimie, la coentreprise pétrochimique à parts égales entre Total et Ineos à Lavera. Il produit du n-butanol, du 2-éthylhexanol, de l'isobutanol, du n-butyraldéhyde, ou encore de l'isobutyraldéhyde. Ces alcools trouvent essentiellement des applications dans la fabrication des esters acryliques, d'additifs pour le diesel, de peintures, et dans la formulation de lubrifiants. Au total, la part des ventes d'alcools oxo produits par Oxochimie sur le marché libre pour Arkema se situe autour de 40 millions d'euros par an. Mais une partie sert à alimenter l'usine d'esters acryliques que détient le groupe à Carling, en Moselle. Le projet de cession comporte d'ailleurs un volet pour la garantie à long terme d'approvisionnement de Carling en alcools oxo par Ineos.
 

« Une activité isolée pour Arkema »
 

Le pétrochimiste britannique se réjouit de ce projet d'acquisition. « Les alcools oxo représentent une activité essentielle pour Ineos Oxide, alimentant à la fois les marchés européen et mondiaux, et soutiennent la production de nos activités d'intermédiaires en pleine croissance », souligne Graham Beesley, qui dirige Ineos Oxide. Cette filiale du groupe Ineos est un acteur mondial d'oxyde d'éthylène, d'oxyde de propylène et de leurs dérivés, ainsi que de solvants et d'alcools oxo. Ineos Oxide, qui affiche un chiffre d'affaires annuel d'environ 1,9 Mrd $, détient des unités de production à Anvers (Belgique), Cologne (Allemagne), Hull (Royaume-Uni), Plaquemine (Louisiane, États-Unis) et donc à Lavera.

 

lonté de poursuivre son développement dans des activités où nous détenons des positions mondiales de premier plan », affirme un porte-parole. Ce qui n'est vraiment pas le cas pour cette activité d'alcools oxo. Il s'agit même du seul site au monde d'Arkema pour ce type de productions. Or les perspectives de développement et de croissance seraient modérées pour cette activité isolée du chimiste, assure-t-on aussi en interne. Du coup, ce projet semble faire sens. Il s'inscrit dans le vaste programme de cession de chiffre d'affaires, d'un total de 700 M€, qu'Arkema a lancé depuis 2014 et qui doit s'achever cette année. Le montant de l'opération n'a pas été divulgué mais elle permettrait au groupe d'atteindre les 313 M€ cédés depuis 2014. À en croire les chiffres et objectifs, Arkema atteindrait cette année la moitié de son objectif de cession prévu jusqu'en 2017. D'autres opérations d'envergure dans les prochains mois ne seraient donc pas surprenantes.

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