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Arkema, le meilleur allié des femmes

Sylvie Latieule

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Le 6 avril dernier, l'annonce par Arkema de la signature d'un accord avec la Fifa et le Comité d'organisation local de la Coupe du Monde féminine, qui se tiendra en France en juin 2019, a retenu toute mon attention. Non pas que je sois férue de football, mais parce qu'Arkema pose un deuxième jalon dans le milieu sportif, après la voile et son soutien à l'écurie Lalou Multi du skipper Lalou Roucayrol. Par le biais du sport, Arkema peut espérer accroître sa notoriété en France et à l'international. Mais lorsqu'il s'agit de sport au féminin, le groupe envoie un message supplémentaire. « La signature de ce partenariat est une formidable opportunité de soutenir et de valoriser la place des femmes tant dans le sport que dans l'entreprise » a convenu Thierry Le Hénaff, p-dg d'Arkema, qui relance ainsi le débat sur la place des femmes dans l'industrie chimique.

Chez Arkema, les chiffres sont transparents. 25 % des salariés sont des femmes. A priori bien placées dans le management intermédiaire, elles ne représentent plus que 19 % des effectifs dans les fonctions d'encadrement supérieur, selon les chiffres 2017 (contre 18 % en 2016). D'où la volonté du groupe de porter entre 23 et 25 % la part des femmes dans l'encadrement supérieur et les dirigeants, à l'horizon 2025. Ceci a été inscrit dans une charte de non-discrimination. Afin de lutter contre le risque de « plafond de verre » et d'accompagner la progression de ses collaboratrices, Arkema a même créé un programme de « mentoring ».

Mis à part Arkema, qui parle de la place des femmes dans la profession ? On entend quelques échos du côté de L'Oréal. Chez le numéro un mondial des cosmétiques, les femmes représentent 70 % de l'effectif total de la société, 62 % des cadres, 33 % des membres du comité exécutif et 46 % des membres du conseil d'administration. Cette performance lui a valu, l'an dernier, une première place dans le palmarès Equileap 2017 sur l'égalité homme-femme qui a évalué 3 000 entreprises dans 23 pays. Sans doute que, chez L'Oréal, la question est moins d'attirer les femmes que d'arriver à « chasser » des hommes, tant le groupe a basculé du côté féminin de la force. Dans ce palmarès qui sera réactualisé en octobre, on rappellera au passage les places honorables de Biomérieux (39e du classement) et de Sanofi (44e) dans la pharmacie, puis d'Air Liquide qui arrive en 50e position. Ce dernier se dit sensible à l'inclusion des femmes avec déjà 30 % de femmes parmi les ingénieurs et cadres et 5 femmes sur 12 dans son conseil d'administration.

Pour ce qui est de la moyenne de la profession, les derniers chiffres communiqués par l'UIC remontent à 2016, dans le cadre d'un colloque sur la diversité, organisé par l'école Chimie ParisTech. L'organisation professionnelle annonçait qu'avec 38 % de femmes, la chimie était la deuxième branche industrielle la plus féminisée après la pharmacie (57 %). Pour ma part, je me suis livrée à un petit calcul. Depuis le début de cette année, en comptabilisant tous les interviews que j'ai pu mener dans le cadre de mes fonctions de rédactrice en chef d'InfoChimie magazine, d'Industrie Pharma ou de Formule Verte, auprès de porte-paroles ou de managers de diverses entreprises, j'aurai interrogé 20 % de femmes contre 80 % d'hommes. Cela reste un pourcentage encourageant car en me remémorant un passé même proche, je me souviens d'avoir toujours eu quasi-exclusivement des interlocuteurs masculins. Mais si Molière dit vrai, « il n'y a rien dont ne triomphe un peu de patience ». La féminisation de l'industrie chimique est en route et ne s'arrêtera pas.

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