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Arkema mise sur la Chine

A Changshu, Julien Cottineau

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C'est désormais la plus grande plateforme mondiale d'Arkema. A Changshu, à 120 kilomètres de Shanghai, le chimiste français dispose d'une formidable rampe de lancement pour ses ambitions asiatiques. A savoir atteindre 25 % de ses ventes mondiales en 2015, dont la moitié en Chine, contre 18 % l'an dernier, et seulement 13 % lors de la séparation d'avec Total en 2006. A Changshu, le groupe recense une dizaine d'unités, des gaz fluorés aux polymères techniques, des peroxydes organiques aux compounds de PVC. Cette année, Arkema y a inauguré deux unités. Au printemps, il a démarré celle de polyfluorure de vinylidène (PVDF), commercialisé sous la marque Kynar. Ce polymère fluoré, produit jusqu'alors à Calvert City (États-Unis) et à Pierre-Bénite (Rhône), dessert des marchés comme la peinture et l'offshore et trouve de forts relais de croissance, notamment en Asie, pour de nouvelles applications dans le traitement de l'eau, le photovoltaïque ou les batteries ion-lithium. Sans attendre l'inauguration officielle, le 12 octobre, Arkema avait déjà annoncé qu'il augmenterait de 50 % les capacités, initialement d'environ 4 000 t/an, avant l'été 2012. A proximité, sa filiale Coatex a démarré son unité d'additifs de rhéologie (80 000 t/an), destinés aux marchés des peintures et revêtements, des ciments, du papier et du traitement des minéraux. Arkema a investi environ 300 millions d'euros à Changshu depuis 2006, et y recense 500 employés, soit presque la moitié de ses effectifs en Chine. Et ce n'est pas terminé. Fin 2012 devrait démarrer une unité de latex acryliques, tandis qu'un triplement des capacités de polyamides est en cours pour 2013. Trois projets viennent de s'ajouter. Arkema augmentera avant fin 2012 de 30 % les capacités de son unité de gaz fluorés HFC-125 (coentreprise avec Daikin) et construira une unité de mélanges de fluides réfrigérants pour mi-2012. Enfin, le groupe a posé la première pierre d'un centre de R&D, dans le cadre d'un investissement de 10 M€. Ce sera le 10e centre de R&D d'Arkema dans le monde, le 4e à l'international et le 2e en Asie avec celui de Kyoto (Japon). « Nous dépensons 200 M€ par an en R&D un peu partout dans le monde, mais pas en Chine. Nous pouvons aujourd'hui pallier ce manquement », se félicite Thierry Le Hénaff, le p-dg. Une trentaine de chercheurs prendra possession des lieux en 2012, une cinquantaine à terme. Malgré tous ces développements, la plateforme pourra encore accueillir des projets. Dominique Maner, président Chine d'Arkema, estime que « les capacités pourraient pratiquement y être doublées ».
 

« La plateforme de Changshu pourra encore accueillir des projets »


En plus de Changshu, le groupe est présent en Chine avec un site de peroxyde d'hydrogène près de Shanghai, il produit des additifs près de Pékin, et a hérité du site de résines photoréticulables de Sartomer à Nansha lors de la reprise des résines de Total. La Chine se pose ainsi comme la pierre angulaire du fort développement d'Arkema dans les pays émergents, cible prioritaire pour soutenir sa croissance, au même titre que le développement de technologies émergentes. En Asie, le groupe est positionné en Corée du Sud (PMMA), au Japon (additifs) et s'est lancé dans un projet de thiochimie en Malaisie (CPH n°547). En dehors des produits vinyliques, qui resteront un « business purement européen dans lequel nous réduirons progressivement notre présence », note Thierry Le Hénaff, l'acide acrylique est l'un des grands produits qu'Arkema ne fabrique pas encore en Asie. Mais c'est en projet, et par croissance organique. Pourquoi pas en Chine ?

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