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Arkema monte en puissance en Chine

Julien Cottineau

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Arkema poursuit sa longue marche en Chine. Le chimiste tricolore a conclu un accord d'envergure avec Jurong Chemical. Cette filiale du groupe Sunvic Chemical est le n°5 mondial de l'acide acrylique, et le leader en Chine.

Arkema et Jurong constitueront la coentreprise Sunke, qui regroupera les actifs d'acide acrylique de Jurong à Taixing, à 200 kilomètres de Shanghai. Cette usine de 400 salariés dispose de deux lignes de production d'une capacité chacune de 160 000 tonnes par an, ce qui en fait déjà la plus grande de ce type en Chine. Mise en service en 2012, elle sera dotée d'une 3e ligne équivalente début 2015. Le site atteindra alors 480 000 t/an.

Via un investissement de 240 millions de dollars (environ 175 M€), Arkema devrait obtenir dans un premier temps 55 % du capital de Sunke, après la finalisation de l'opération prévue l'été prochain. Ce qui lui permettra de mettre la main sur des capacités de 160 000 t/an d'acide acrylique. Début 2015, lors du démarrage de la 3e ligne, l'accord prévoit un deuxième investissement de 235 M$. Dans ce cas, Arkema disposerait de 67 % du capital de Sunke et de 320 000 t/an de capacités. A ce stade, en année pleine, Arkema estime que le chiffre d'affaires des deux premières lignes devrait atteindre 600 M$. Le Français précise qu'il dispose aussi d'une « option complémentaire dans les 5 années à venir pour éventuellement acquérir le dernier tiers des capacités d'acide acrylique, pour un montant de 165 M$ ». Ce qui lui permettrait de devenir donc, à terme, seul maître à bord à Taixing. Les intérêts de l'opération sont multiples. D'abord, elle offre à Arkema un accès immédiat à des capacités modernes et opérationnelles d'acide acrylique en Chine. Le groupe va ainsi sécuriser ses approvisionnements en monomères acryliques et mieux intégrer ses productions de résines de revêtements et les productions de sa filiale Coatex sur sa vaste plateforme chinoise de Changshu, ou celles de sa filiale Sartomer à Guangzhou. Le groupe pourra aussi fournir des clients en monomères acryliques en Chine ou en Asie, en visant des marchés très dynamiques (super-absorbants, peintures, adhésifs, traitement de l'eau). Ce positionnement est d'autant plus intéressant que l'Asie compte pour 53 % de la consommation mondiale d'acide acrylique, évaluée à 4,8 Mt en 2013, selon Arkema. Or la Chine compte à elle seule pour 25 % de ce marché, et bénéficie d'une croissance annuelle de 7 à 8 %. Arkema faisait de l'Asie une priorité pour l'acide acrylique et étudiait la possibilité de construire lui-même une usine sur le continent. Sur place, « les monomères étaient la pièce manquante de notre dispositif acrylique », ajoute un porte-parole. Sauf qu'avec Sunke, le projet s'avère moins onéreux et bien plus immédiat.

Avec cette usine, Arkema se structure aussi comme en Europe et en Amérique du Nord dans le domaine des acryliques, pouvant produire directement monomères et dérivés. Outre-Atlantique, le groupe a récemment porté à 270 000 t/an ses capacités d'acide acrylique à Clear Lake, au Texas, et dispose aussi de 65 000 t/an à travers les 50 % qu'il détient dans sa coentreprise avec Nippon Shokubai à Bayport (Texas). En Europe, son site de Carling (Moselle) dispose de capacités de 275 000 t/an. Début 2015, sa montée en puissance dans Sunke devrait également lui offrir le statut de n°3 mondial de l'acide acrylique. Enfin, cette opération entre en plein cœur de la stratégie d'Arkema de mieux équilibrer ses ventes géographiques et d'atteindre les 30 % de chiffre d'affaires en 2016 dans les pays émergents.

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