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Arkema produira en Arabie Saoudite

Julien Cottineau
C'est un premier pas industriel au Moyen-Orient. Seulement présent pour l'instant avec un bureau commercial à Dubaï (Émirats Arabes Unis), Arkema passe la vitesse supérieure pour produire à l'avenir depuis cette zone de forte croissance.

Le groupe français construira une usine de peroxydes organiques sur la vaste plateforme pétrochimique de Jubail, en Arabie Saoudite. Ce projet, qui nécessitera un investissement estimé à 30 millions de dollars (environ 22 M€), sera mené avec Watan Industrial Investment, société saoudienne d'investissement qui privilégie les domaines de la chimie, de la pétrochimie et des gaz industriels. Arkema détiendra une part majoritaire dans la coentreprise qui sera baptisée Arkema Gulf Initiators. Le chimiste tricolore sera aussi en charge de la gestion opérationnelle et commerciale du site, où une cinquantaine de postes devraient être créés avec la mise en service, entrevue pour « les premiers mois de 2015 ». Les capacités envisagées n'ont pas été divulguées, mais l'usine sera de « taille mondiale », ajoute le groupe qui se revendique n°2 du marché mondial des peroxydes organiques. Actuellement, ce marché présente des ventes annuelles, en volume, d'environ 200 000 tonnes par an. Les peroxydes organiques, activité de la division Matériaux de haute performance d'Arkema, comptent pour environ 4 % du chiffre d'affaires annuel total du groupe. Arkema détient et opère déjà 11 usines de ce type dans le monde, essentiellement aux États-Unis, mais aussi en Chine et en Europe (Allemagne et Italie). Le groupe assure qu'il s'agira de la toute première usine de peroxydes organiques au Moyen-Orient, produits qui « sont largement utilisés comme initiateurs de polymérisation dans l'industrie des grands thermoplastiques », précise Arkema. Or la production locale de grands polymères dans la région est colossale. Et des projets gigantesques comme ceux de Borouge ou de Sadara incarnent des débouchés très prometteurs. D'ailleurs, si la croissance mondiale du marché des peroxydes organiques est estimée de 3 à 5 % par an ces prochaines années, ce taux atteindrait 5 à 6 % au Moyen-Orient, selon Arkema.

« La toute première usine de peroxydes organiques au Moyen-Orient » Produire des peroxydes organiques localement permettra aussi au chimiste français de réduire la complexité de l'acheminement de ce type de produits, peu stables et inflammables qui doivent majoritairement voyager à basse température. Actuellement, il exporte principalement vers le Moyen-Orient depuis son usine allemande de Gunzburg. Avec un site proche des grands consommateurs et utilisateurs locaux, Arkema assure ainsi qu'il pourra garantir la « sécurité et la flexibilité d'un service d'approvisionnement de proximité ».

Ce projet saoudien préfigure peut-être une montée en puissance des projets industriels du groupe dans la région. « Le Moyen-Orient est une zone phare pour notre développement », renchérit un porte-parole. Le groupe « n'exclut pas que ce projet puisse être un tremplin » à d'autres développements industriels dans la région. D'autant qu'elle figure au rang des zones de forte croissance ciblées par Arkema, comme l'Asie, où le groupe dispose déjà d'une solide implantation, essentiellement en Chine, et l'Amérique du Sud, où il recense deux implantations au Brésil. Actuellement, le groupe génère 26 % de son chiffre d'affaires annuel dans ces trois zones. Mais il ambitionne de porter cette part à 30 % à l'horizon 2016. Avancer ses pions industriels, sans attendre, au Moyen-Orient semble donc stratégiquement cohérent.

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