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Arkema s'engage auprès de Total pour reprendre Bostik

Julien Cottineau

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Le leader français de la chimie a soumis une offre à son ancienne maison-mère pour l'acquisition de Bostik. Offre qui valorise le n°3 mondial des adhésifs à 1,74 Mrd €, et qui constituerait la plus grande acquisition d'Arkema.

Et d'une : les rumeurs d'une possible cession de Bostik étaient bien fondées. Et de deux, le n° 3 mondial des adhésifs resterait sous pavillon tricolore. C'est ce qui ressort du projet d'acquisition proposé par Arkema au groupe Total. L'offre valorise Bostik à 1,74 milliard d'euros, ce qui représente 11 fois l'Ebitda de la société. La proposition a été accueillie avec bienveillance puisque Total a accordé une période d'exclusivité à Arkema. Il s'agit de la plus grande acquisition potentielle de l'histoire d'Arkema, devant celle d'actifs de CCP Composites, de Sartomer et de Cray Valley en 2010, toujours auprès de Total. La reprise de Bostik est surtout considérée par Arkema comme « une étape majeure de cette stratégie de devenir un leader mondial de la chimie de spécialités », affirme Thierry Le Hénaff. Le p-dg perçoit aussi le projet comme une « combinaison unique : un chimiste de spécialité avec un formulateur très proche des clients finaux, dans le domaine de l'applicatif et de l'adhésion ».

 

Bostik va muscler le segment Matériaux haute performance

 

Les avantages de cette acquisition sont nombreux tant le profil de Bostik est particulièrement attractif pour Arkema. D'abord elle offrirait à l'acquéreur un positionnement nouveau dans les adhésifs, un marché en croissance et peu cyclique, en lui garantissant des positions fortes dans certains segments dans l'industrie, le non-tissé (hygiène), la construction ou des produits grand public. Cela permettrait ainsi à Arkema de se rapprocher des consommateurs finaux via des marques particulièrement connues, comme Sader. Les activités de Bostik permettraient aussi d'étoffer le poids de son segment Matériaux haute performance. Lequel atteindrait d'emblée 42 % du chiffre d'affaires consolidé, contre 30 % actuellement, et pourrait atteindre les 50 % d'ici 2020. L'intégration de Bostik aurait également des avantages sur la présence géographique. La filiale de Total recense 48 sites de production dans le monde, dont 10 en Amérique du Nord, 8 en Asie, 6 en Océanie, 4 en Amérique du Sud et 2 en Afrique. Désireux d'accroître sa présence dans les marchés émergents, Arkema trouverait ainsi de quoi se renforcer directement dans des pays comme le Brésil ou l'Inde où il est encore peu présent. En France, Bostik apporterait 900 salariés supplémentaires (sur un total de 4 900 dans le monde), 6 sites de production et deux centres de R&D. À noter que le projet présenté n'aurait aucune incidence sur l'emploi, de part et d'autre. Et qu'Arkema pourrait voir ses effectifs mondiaux portés à un total de 19 000 salariés.

 

Le CA d'Arkema avoisinnerait les 7,6 Mrds €

 

Sur le plan comptable, via le chiffre d'affaires de 1,53 Mrd € généré par Bostik en 2013, Arkema s'approcherait de ventes annuelles de 7,6 Mrds €. Cela étant, un des défis de la pleine réussite de l'opération sera de dégager des synergies et de renforcer la rentabilité de Bostik. Sa marge d'Ebitda a ces dernières années rétrogradé autour de 10 %, tandis que la moyenne dans ses métiers est autour de 14 à 15 %, objectif désormais visé par Arkema. C'est aussi l'une des raisons pour laquelle Total est aujourd'hui prêt à céder Bostik. Le groupe estime que sa filiale se trouve positionnée sur un marché où une consolidation est nécessaire. Or l'aider à se développer n'entre plus vraiment dans les priorités stratégiques (voir p. 7). Arkema entrevoit de son côté des synergies, notamment au niveau de la globalisation des achats de matières premières, de biens et de services, qui pourraient permettre d'aider Bostik à se redresser. Et prévoit une croissance de 30 % de son Ebitda, soit de 47 M€, sur trois ans.

Financièrement, ce projet redresse les ambitions d'Arkema. Le groupe a décidé en parallèle d'un renforcement de 500 M€ de chiffre d'affaires de son programme de cessions d'activités, ciblé ainsi à 700 M€. Ce qui lui permettrait de viser un Ebitda de 1,31 Mrd € en 2017 contre un objectif actuel de 1,28 Mrd €. Techniquement, pour mener à bien son offre sur Bostik, Arkema envisage aussi une augmentation de capital de 350 M€, une émission de titre hybrides de 600 à 700 M€ et une émission obligataire senior de 500 à 600 M€. De quoi lui permettre de retrouver en 2017 un taux d'endettement de 40 % des fonds propres.

 

 

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