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Arkema tourne la page des vinyliques

Julien Cottineau

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LES SITES PAR TYPE DE PRODUCTION

Chlore, soude, VCM :

Balan

Lavéra

Vauvert/Fos

PVC :

Balan

Saint-Fons

Berre

Saint-Auban (uniquement l'activité PVC pâtes)

Hernani (Espagne)

Compounds :

Reims

Barcelone (Espagne)

Samarate (Italie)

Eilenburg (Allemagne)

Matamoros (Mexique)

Changshu (Chine, seulement l'unité de compounds PVC)

Saitama (Japon)

Bien-Hoa (Vietnam)

Profilés :

Sablé

Chantonnay

Gaillac

Arco (Italie)

Zagreb (Croatie)

Tubes plastiques :

Veghel (Belgique)

Ehringshausen (Allemagne)

Arkema tourne la page des vinyliques

Atelier de production chlore-soude utilisant le procédé d'électrolyse à membrane sur le site de Fos-sur-Mer [Bouches-du-Rhône]

© © Arkema

Le chimiste français a surpris en cédant l'intégralité de son pôle vinylique au groupe suisse Klesch, dans le cadre d'un transfert de l'ensemble des actifs pour 0€.

Inattendu ! En soi, qu'Arkema se désengage des vinyliques n'est pourtant pas une surprise. Depuis 2006 et le spin-off d'avec Total, le chimiste français avait largement restructuré ce pôle. Plus de 400 millions d'euros et de multiples coupes avaient été nécessaires pour maintenir à flot une activité trop cyclique et déficitaire (78 M€ de pertes et une marge d'Ebitda nulle en 2010). Des efforts encore « insuffisants pour atteindre l'équilibre financier et lutter d'égal à égal avec nos concurrents », selon le groupe. En octobre, Thierry Le Hénaff, le p-dg, avait pourtant confirmé qu'Arkema continuerait de « réduire progressivement sa présence » dans ce « business purement européen pour le groupe», avant de précipiter les choses. L'étonnement suscité par l'annonce de la cession du pôle provient ainsi plus de la soudaineté de l'opération et la séparation en une seule fois de l'intégralité de la division. Laquelle représente un chiffre d'affaires de 1,1 Mrd € en 2010, 2 630 salariés (dont 1 780 en France), et 22 sites industriels dont dix en France, huit en Europe, trois en Asie et un au Mexique.

L'opération annoncée est également très surprenante par ses modalités. Car cette cession des activités chlore/soude, PVC et aval (compounds, tubes et profilés) est presque un legs. Arkema se sépare de l'ensemble des actifs concernés pour 0€ ! Mieux, pour le repreneur, ce transfert est assorti de 100 M€ pour la couverture de certaines charges courantes afin d'amorcer la reprise dans les meilleures conditions. Le groupe Klesch, basé en Suisse, tient là une offre rare. Opérateur d'activités industrielles de commodités, présent dans le raffinage, l'aluminium ou le transport maritime industriel, ce groupe qui affiche un chiffre d'affaires de 3 Mrds € et qui recense 3 000 employés, va se positionner instantanément en n°3 européen du PVC derrière Ineos et Solvin, les vinyliques devenant ainsi son activité centrale. En attendant la finalisation de l'opération, prévue au deuxième trimestre 2012, Arkema va filialiser son pôle et préparer son transfert. Klesch, rompu aux activités électro-intensives et aux commodités et leurs caractéristiques de cyclicité, sera le mieux à même de soutenir et préserver le pôle vinylique, estime Thierry Le Hénaff : « Cette activité va se retrouver au cœur de la stratégie, et non plus à la périphérie ». Arkema va ainsi pouvoir uniquement se consacrer à ses divisions Chimie industrielle et Produits de performance, beaucoup plus rentables et axes prioritaires de la stratégie du groupe français. C'est aussi la dernière ligne droite pour « achever notre recentrage sur les spécialités et pour s'affirmer comme un des leaders mondiaux de la chimie de spécialités », ajoute le dirigeant d'Arkema. Ces derniers mois, le groupe aura par ailleurs largement anticipé son plan stratégique prévu jusqu'en 2015. La volonté d'acquérir environ 1 Mrd € de chiffre d'affaires additionnel est quasiment atteinte. Entre l'intégration des résines de Total (environ 750 M€ de ventes annuelles), et les récentes acquisitions des alcoxylats de spécialités de Seppic et des sociétés chinoises Hipro Polymers et Casda Biomaterials, respectivement producteurs de polyamides techniques 10.10 biosourcés et d'acide sébacique, Arkema devrait atteindre en année pleine un chiffre d'affaires additionnel de 968 M€. Selon un porte-parole, le « train des grandes acquisitions va s'arrêter là », laissant un peu de place pour des opérations éventuelles mais beaucoup plus modestes, de l'ordre de « 20 à 50 M€ ». En parallèle, avec la cession des vinyliques, le groupe aura largement rempli son objectif. Il estimait qu'il devrait se séparer d'environ 300 M€ de chiffre d'affaires d'ici à 2015, l'opération annoncée équivaut à plus du triple de cette estimation.

Mécaniquement, la fin de l'engagement dans les vinyliques permettra à Arkema de voir sa marge d'Ebitda bondir de 13,4 % à 16,6 % selon les chiffres 2010. Et s'il renonce à plus d'1 Mrd € de chiffre d'affaires, ses récentes acquisitions devraient porter ses ventes globales à 6,5 Mrds € en année pleine, contre 5,9 Mrds l'an dernier. En raison de la faible rentabilité du pôle vinylique, Arkema peut même maintenir son objectif de 1,05 Mrd € d'Ebitda pour 2011. Même si le transfert va nécessiter une charge totale nette de 470 M€, ce projet a ravi les marchés, l'action en Bourse bondissant de près de 14 % le jour même. Mieux focalisé sur sa stratégie produits, Arkema profite aussi de l'occasion pour rééquilibrer son périmètre géographique. Ses ventes en Europe passeront mécaniquement de 48 % à 40 %, augmenteront en Amérique du Nord de 28 % à 34 %, et se renforceront en Asie et reste du monde de 24 % à 26 %. De quoi mieux bénéficier des opportunités et de la croissance des pays émergents, Asie en tête.

Socialement, le projet inquiète légitimement les syndicats. Des grèves se sont enclenchées instantanément dans la foulée de l'annonce sur les sites de Saint-Fons, Saint-Auban, Fos et Lavera, particulièrement concernés par le transfert. Et des mouvements de grogne se poursuivaient même début décembre. Pourtant, Arkema insiste sur le fait que le projet ne prévoit aucune restructuration industrielle et salariale. Ses équipes actuelles seront conservées au sein de Klesch et les contrats de travail inchangés. La future entité vinylique de Klesch sera basée à Lyon (Rhône), et reprendra l'intégralité des équipes dirigeantes d'Arkema sur ce pôle. A priori, donc, tout le monde devrait y trouver son compte.

 

« Arkema se sépare de l'ensemble des actifs pour 0€ ! »

 

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22 sites industriels concernés

Le transfert de la division vinyliques au sein de Klesch va concerner directement 22 sites d'Arkema dans le monde, dont la plupart passeront intégralement sous pavillon suisse. En Chine, par exemple, la plateforme de Changshu restera évidemment sous la coupe d'Arkema, seule l'unité de compounds étant concernée par le changement de propriétaire. Sans surprise, c'est en Europe, où huit sites seront transférés, et surtout en France que la majorité des actifs concernés se concentrent. Dans l'Hexagone, huit sites devraient intégralement être détenus par Klesch. Deux sites seraient partagés avec seulement un transfert d'unités. A Balan (Ain), doublement concerné par les transferts des activités chlore/soude et PVC, Arkema ne conserverait que son activité EVA (acétate de vinyle). A Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), le groupe ne transférerait que son activité de PVC pâtes. Enfin, le site de Jarrie (Isère) ne sera finalement pas concerné par le transfert en raison du projet de restructuration actuel qui prévoit notamment l'arrêt définitif d'un atelier de dichloroéthane (DCE).

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