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Arkema : vers un spécialiste à 80%

Julien Cottineau

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Le repositionnement d'Arkema vers les spécialités a déjà été marquant. En 2006, elles représentaient 44 % des ventes. En 2016, cette part avait atteint 72 %. Désormais, l'objectif est fixé à 80 %. C'est l'un des principaux messages issus de la conférence Capital Markets Day que le groupe français a organisé auprès des investisseurs et de la presse, le 11 juillet. Satisfait de la transformation et des performances du groupe depuis sa création et sa séparation d'avec Total en 2014, Thierry Le Hénaff, le p-dg, a fixé de nouveaux horizons jusqu'en 2023 et une stratégie axée sur « la continuité et l'accélération ».

Longtemps focalisé sur l'Ebitda pour faire valoir ses performances, Arkema opte désormais pour la marge d'Ebit récurrent (Rebit). Partant de 9,7 % en 2016, le groupe veut atteindre 11 % en 2020, et de 11,5 % à 12,5 % en 2023. Les objectifs d'un Ebitda d'environ 17 % (contre 15,8 % en 2016) et d'un chiffre d'affaires de l'ordre de 10 milliards d'euros (contre 7,5 Mrds € l'an dernier) restent valables pour 2020. Pour y parvenir, Arkema mise sur trois piliers de croissance : les adhésifs, les matériaux avancés et la thiochimie. Trois axes qui représentent actuellement environ 70 % des ventes totales du groupe et qui devraient bénéficier d'une croissance organique de l'ordre de 4 à 5 % par an en moyenne jusqu'en 2023. Trois axes qui appuieront leurs développements sur l'innovation, la croissance externe et organique, et les zones à forte croissance. Toutefois, Arkema fait un distinguo. À l'image des acquisitions de Bostik et de Den Braven ces dernières années, le segment Adhésifs privilégiera la croissance externe en raison d'un marché mondial jugé encore très fragmenté. Pour les matériaux avancés, segment qui regroupe les polymères techniques et les additifs de performance, Arkema misera surtout sur l'innovation et les grandes tendances mondiales (allégement des matériaux, polymères bio-sourcés, traitement de l'eau, impression 3D, énergies nouvelles...). Enfin, pour la thiochimie, le groupe s'appuiera en particulier sur les zones émergentes, notamment l'Asie. Arkema a présenté pas moins de trois projets phares de croissance organique. Le plus consistant concerne la construction en Chine d'une usine de taille mondiale de polyamide 11 (PA 11) bio-sourcé (dérivé d'huile de ricin, gamme Rilsan). Le groupe envisage d'investir 300 M€, ce qui en ferait le plus grand investissement de son histoire. L'usine, dont le démarrage est ambitionné en 2021, augmenterait de 50 % les capacités mondiales du groupe en PA11, de 50 % celles de son élastomère polyamide bio-sourcé (gamme Pebax), et permettrait aussi de disposer d'une seconde base de production du monomère amino 11 dans le monde. Aujourd'hui, ce monomère n'est produit qu'à Marseille.
 

« Trois piliers de croissance : adhésifs, matériaux avancés et thiochimie »


La Chine fera l'objet d'un second projet, avec l'extension prévue de 30 % des capacités de production de résines photoréticulables sur le site de la filiale Sartomer, à Nansha. Ce renforcement pourrait être finalisé début 2019 et permettre à Arkema de ne rien rater pour accompagner la croissance de 10 % entrevue dans les marchés de l'électronique et de l'impression 3D. Enfin, le troisième projet concerne un doublement des capacités de la plateforme de thiochimie à Kerteh, en Malaisie, ouverte depuis seulement deux ans (CPH n°721). Le groupe pourrait investir de 100 à 150 M€ pour doubler d'ici à 2020 les capacités de méthyl mercaptan du site afin de mieux accompagner la croissance des marchés de la nutrition animale, de la pétrochimie et du raffinage en Asie. Arkema dit également étudier la possibilité de doubler les capacités en thiochimie de son site de Beaumont, aux États-Unis.

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