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Atotech cédé à Carlyle

Julien Cottineau

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Cette fois-ci, le repreneur n'est pas Arkema. Après lui avoir cédé ses résines de revêtements et des acrylates pour la photoréticulation en 2011 (CPH n°532) ou Bostik l'an dernier (CPH n°706), Total a déniché un autre repreneur pour l'une de ses dernières grandes divisions de spécialités chimiques. Il a accepté l'offre du fonds américain Carlyle. Offre qui valorise Atotech à 3,2 milliards de dollars (2,9 Mrds €), soit un multiple de 11,9 de l'Ebitda ajusté de cette division en 2015. La date de finalisation n'a pas été précisée. La transaction nécessitera l'approbation des autorités de la concurrence et doit aussi être soumise au processus d'information-consultation des instances représentatives du personnel. Pour le financement, Carlyle se servira de ses fonds Carlyle Europe Partners IV, doté de 3,75 Mrds €, et de Carlyle Partners VI, de 13 Mrds $.


« Hors pétrochimie, Total ne conserve plus qu'Hutchinson »


Un peu retardée ces dernières semaines notamment dans le cadre d'une défection de Sinochem qui était pourtant un sérieux candidat à la reprise (CPH n°774), cette cession marque un peu plus le désengagement de Total dans la chimie. Hors pétrochimie, bien plus intégrée à ses opérations en amont, le géant français ne conserve en portefeuille que sa filiale Hutchinson, centrée sur les systèmes d'isolation, l'étanchéité, le transfert des fluides, la transmission et la mobilité (4,26 Mrds $ de chiffre d'affaires en 2015). Outre les cessions précitées à Arkema, Total a aussi transféré CCP Composites, spécialiste des résines polyester insaturé et esters de vinyle à Polynt en 2014 (CPH n°683), ou ses engrais à Borealis en 2013 (CPH n°640). Comme l'indique Patrick Pouyanné, p-dg du groupe, « cette opération s'inscrit dans le cadre de la gestion de portefeuille de Total, qui vise à aligner la base d'actifs du groupe sur son ambition business ». Ajoutant que l'opération s'inscrit également dans le vaste programme de cessions de 10 Mrds $ ciblé par Total pour la période 2015-2017.

Leader mondial de la chimie de métallisation, Atotech évoluait au sein de Total depuis 1993, lorsqu'Elf Aquitaine avait fusionné ses activités Elf Atochem M&T Harshaw avec la division Electrodéposition de Schering. Cette entité de 4 000 salariés dispose de deux grands pôles d'activités. D'une part, les spécialités pour l'électronique, comme pour les semi-conducteurs et la fabrication des circuits imprimés, d'autre part le « general metal finishing », soit les applications générales de traitement de surface, principalement dans les domaines de l'automobile, de la construction et de l'ameublement. Atotech est présent dans 40 pays, avec des sièges régionaux à Berlin (Allemagne), Yokohama (Japon) et Rock Hill (États-Unis). L'entité dénombre 18 sites de production dans le monde, en Europe (Allemagne, République tchèque, Slovénie, Espagne), aux Amériques (États-Unis, Canada, Brésil et Mexique), et surtout en Asie avec huit sites répartis entre le Japon, la Chine, Taïwan, la Corée du Sud, l'Inde et Singapour. 18 centres techniques sont également implantés sur les trois continents principaux. Atotech, a généré un chiffre d'affaires de 1,09 Mrds $ (environ 1 Mrd €) en 2015.

Gestionnaire d'actifs d'envergure mondiale (176 Mrds $ sous gestion), Carlyle a par le passé investi dans de multiples secteurs industriels, de l'aéronautique à l'énergie, de la défense à la santé. Le fonds américain ne fait pas son premier pas dans la chimie. En 2013, c'est lui qui avait notamment repris pour près de 5 Mrds $, l'activité de revêtements de performance de l'Américain DuPont, devenue depuis Axalta (CPH n°622).

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