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Avec Arlanxeo, le groupe Lanxess reprend une bouffée d'air

Par Julien Cottineau

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Avec Arlanxeo, le groupe Lanxess reprend une bouffée d'air

Lanxess détient à parts égales Arlanxeo avec Saudi Aramco.

© Lanxess

Le groupe allemand a finalisé la création de sa coentreprise Arlanxeo, qui va peser 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le domaine des caoutchoucs. Une mise en place qui lui permet de diversifier sa stratégie pour le reste de son portefeuille.

L'avenir du groupe allemand "nouveau look" démarre de bonne manière. Lanxess a dévoilé, mi-mars, un bilan financier sain et plutôt performant, à l'heure où il finalisait la constitution d'Arlanxeo. Annoncée en septembre dernier, la création de cette coentreprise à parts égales avec Saudi Aramco va lui permettre de réduire drastiquement sa "caoutchouc-dépendance". Sans être désengagé, il peut souffler. Le chimiste allemand a tourné la page de sa stratégie axée à tombeau ouvert sur les caoutchoucs synthétiques et matériaux destinés aux pneumatiques plus « verts ». Un pari qui s'est heurté à un retournement du marché et qui a conduit Lanxess dans une véritable ornière. Après deux ans de restructuration et de serrage de ceinture, le groupe n'est donc plus seul à bord pour ses caoutchoucs.

 

Arlanxeo, un géant mondial des caoutchoucs

 

Grâce à des feux verts des autorités de la concurrence plus rapides qu'envisagé, la coentreprise avec son partenaire saoudien a démarré pleinement, le 1er avril. Le siège social d'Arlanxeo est basé à Maastricht, aux Pays-Bas. Géante mondiale des caoutchoucs, l'entité pèse pour un chiffre d'affaires annuel d'environ 3 milliards d'euros, recense plus de 3 500 salariés et une vingtaine de sites de production. Début mars, Lanxess a dévoilé la composition du comité exécutif d'Arlanxeo, dont le Néerlandais Jan Paul de Vries a pris les rênes.

 

Une enveloppe d'1,2 Mrd € pour Lanxess

 

Avec le démarrage d'Arlanxeo, Lanxess finalise son changement de peau. Focalisé désormais sur les spécialités chimiques, les intermédiaires et les plastiques de performance, le groupe veut concentrer son développement et sa croissance sur les marchés de moyenne taille et l'Amérique du Nord, la Chine ainsi que l'Asie du Sud-Est. Financièrement, la création d'Arlanxeo lui permet de mettre la main, comme convenu, sur 1,2 Mrd € de liquidités fournies par Saudi Aramco. 400 M€ seront destinés à la croissance organique. Une enveloppe similaire permettra d'alléger les engagements financiers nets (1,2 Mrd € en 2015), et 200 M€ seront utilisés pour un programme de rachat d'actions. Chacune des trois grandes divisions du nouveau Lanxess (Advanced intermediates, Performance chemicals, et High performance materials) disposera d'enveloppes de dépenses d'investissements de 50 à 150 M€.

Pour 2016, Lanxess prévoit un total de 450 M€ pour ses dépenses en capital, contre 434 M€ en 2015 et 614 M€, l'année précédente. Enfin, le groupe examinera les possibles acquisitions, ciblant des actifs lui permettant de consolider son portefeuille ou de l'élargir « vers des activités en lien direct et adaptées. Dans ce cadre, nous prendrons en considération des chaînes de valeur intégrées et des activités appropriées et tirées par des applications », précise Matthias Zachert, le patron de Lanxess.

 

Un chiffre d'affaires en retrait de 1 %

 

Sur le plan financier, le groupe se dit satisfait de son dernier exercice financier, malgré une conjoncture difficile. Le chiffre d'affaires n'a fléchi que de 1 %, à 7,9 Mrds €, principalement en raison des prix en retrait, mais soutenu par des effets de change favorables. Côté rentabilité, les voyants sont au vert. L'Ebitda avant exceptionnels a enregistré une progression de 9,5 %, à 885 M€, grâce aux mesures de restructuration, à la croissance des volumes et à un dollar fort. Tous les segments ont contribué à l'amélioration de cet indicateur qui permet à Lanxess de bonifier sa marge d'Ebitda avant exceptionnels de 10,1 % à 11,2 %. Le résultat net a bondi de 47 M€, fin 2014, à 165 M€, fin 2015. Pour 2016, l'horizon semble dégagé. Le groupe s'attend toujours à une conjoncture délicate, mais surtout dans les caoutchoucs. Ce qui, avec Arlanxeo, le soulagera un peu. Les divisions 100 % Lanxess tablent de leur côté sur des développements stables ou en croissance.

LA FILIALE CHIMIE FINE, SALTIGO, FÊTE SES DIX ANS

Malgré deux années difficiles au moment de sa création en 2006, la filiale chimie fine de Lanxess se présente aujourd'hui comme un producteur à façon performant et moderne. Après dix ans et plus de 360 M€ investis dans son outil industriel, Saltigo s'est fortement positionné dans l'agrochimie. La filiale recense 1 200 salariés dans le monde et est intégrée à la division Advanced Intermediates du groupe allemand, laquelle a généré des ventes de 1,83 milliard d'euros, l'an passé (7,9 Mrds € pour Lanxess en 2015). Centré sur la synthèse à façon d'ingrédients chimiques actifs et d'intermédiaires, Saltigo a commencé difficilement, avec des fermetures d'unités, des réductions d'effectifs et une réorganisation managériale. Deux ans de restructuration ont permis d'affiner son business model. Aujourd'hui, avec 150 clients, cette filiale est un acteur reconnu mondialement dans les secteurs de la pharmacie, de la chimie et de l'agrochimie. Les ventes pour ce segment d'activités se sont notamment envolées de 75 % en dix ans. Industriellement, Saltigo recense dix unités de production implantées sur deux complexes à Leverkusen et Dormagen, en Allemagne. La taille des unités lui permet l'adaptation de procédés de synthèse et leur optimisation, si nécessaire. La société a investi environ 360 M€ dans ses deux sites en dix ans. Du côté de l'agrochimie, Saltigo en a fait une priorité dès 2009 en décrétant un investissement de 50 M€ environ pour mieux se positionner dans le secteur. En 2012, alors que ce segment est devenu stratégique dans ses activités, Saltigo se lance dans des projets de forts volumes, dépassant parfois les 5 000 tonnes par an en termes de capacités.

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