Nous suivre Info chimie

A Lyon, Sylvie Latieule

Sujets relatifs :

, ,

Depuis la fin 2012, l'Isa regroupe le Centre européen de RMN à très hauts champs (CRMN), le Laboratoire des sciences analytiques (LSA) et le Service central d'analyse.

© © Isa

Avec un effectif de 220 personnes, l'Institut des sciences analytiques de Lyon est l'un des plus grands centres de recherche et de formation dans son domaine en France et en Europe. Il abrite même l'appareil de RMN le plus puissant du monde.

Depuis la fin de l'année 2012, avec l'aménagement de l'Institut des Sciences Analytiques (Isa), l'agglomération lyonnaise dispose du plus grand centre de recherche européen dans le domaine de la chimie analytique. Localisé à proximité du domaine scientifique de la Doua (Lyon-Villeurbanne), au sein de la Cité lyonnaise de l'Environnement et de l'Analyse (CLEA), l'Isa est une unité mixte de recherche (UMR 5280) sous la cotutelle du CNRS, de l'Université Claude Bernard Lyon 1 et de l'École normale supérieure de Lyon. L'Institut a été financé par l'État et la région Rhône-Alpes. Les bâtiments (11 000 m2 de locaux, dont 5 000 m2 de laboratoires) ont été construits sur un terrain villeurbannais cédé par le Grand Lyon (contrats de Plan État-Région (2000-2006) 10,74 M€ et (2007-2013) 18 M€). Issu du regroupement du Centre européen de RMN à très hauts champs (CRMN), du Laboratoire des Sciences analytiques (LSA), du Service central d'analyse (SCA), l'Isa rassemble près de 220 personnes : chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, chercheurs invités, ingénieurs, techniciens.

Redynamiser les sciences analytiques

 

La nécessité de regrouper ces trois centres et de les fédérer au sein de la région lyonnaise s'est imposée dès la fin des années 90, afin de contribuer à redynamiser et rendre plus visibles les sciences analytiques en France. Un rapport sur la chimie analytique émanant de l'Académie des Sciences, publié en 2000, avait abouti au même constat, tout comme une série de rapports qui ont ensuite souligné les enjeux et la nécessité d'atteindre une « masse critique » en sciences analytiques.

Avec ce rassemblement, l'Isa constitue une plateforme unique (analyse inorganique, organique et moléculaire, séparation, spéciation, et couplages... ) avec des équipements de pointe (couplages chromatographie en phase liquide à haute performance, RMN, spectrométrie de masse etc.). En matière de RMN, l'Isa est d'ailleurs l'un des six centres de RMN à très hauts champs sur le territoire français. Mieux, l'institut abrite le seul appareil de 1 Giga Hertz installé dans le monde par le constructeur Bruker.

Si le cœur de métier de l'Institut des Sciences Analytiques est de développer de nouvelles méthodes d'analyse et de faire des caractérisations chimiques dans des domaines aussi variés que l'environnement, la santé et les biotechnologies, l'agroalimentaire et les produits naturels, la chimie des matériaux et procédés, ce projet revêt trois fonctions principales. Sa volonté est d'être en premier lieu un centre de recherches pour répondre et anticiper les futurs besoins sociétaux, industriels et scientifiques.

L'institut est également un centre de prestations analytiques certifié ISO 9001, disposant d'un large panel de techniques analytiques et d'équipements de dernière génération, lui permettant de prendre en charge des analyses complexes et des problèmes analytiques spécifiques pour répondre aux besoins académiques ou industriels ainsi qu'aux besoins d'expertise. La troisième vocation de l'Isa est d'être un centre de formation en contribuant à la mise en place de formations (formations initiale et continue) en chimie analytique qui prennent en compte l'évolution rapide de ce domaine et permettent un accès aux techniques et développements les plus en pointe.

L'Isa est membre du LabEx iMUST (Institut des sciences et technologies multi-échelles), l'un des 8 laboratoires d'excellence coordonnés par l'Université de Lyon et sélectionnés par le programme des Investissements d'Avenir visant à renforcer le rôle et la visibilité internationale des meilleurs laboratoires français.

Cette vocation plurielle de l'Isa se traduit dans les faits par de nouvelles façons de travailler et une forte ouverture sur l'extérieur. L'institut a la volonté d'établir des partenariats stratégiques avec des constructeurs. Ce type d'accord offre la garantie de pouvoir maintenir un parc analytique de haut niveau, dans un contexte où les financements publics ont tendance à se contracter.

L'Isa est aussi en mesure de proposer des hébergements temporaires de laboratoires dans le cadre de recherche partenariale. C'est ainsi que l'IRT Bioaster a choisi l'Isa pour héberger sa plateforme de métabonomique avec deux composantes (RMN et spectrométrie de masse) pendant 2 ou 3 ans. Il s'agit de l'unique Institut de recherche technologique, dans le domaine de la santé en France, sélectionné dans le cadre des appels à projets du Programme Investissements d'Avenir. Bioaster réunit 8 membres fondateurs : Lyonbiopôle et l'Institut Pasteur, trois grands industriels - Sanofi, Institut Mérieux, Danone Research - et 3 organismes de recherche - Inserm, CNRS, CEA ainsi qu'un collège de 40 PME localisées en régions Rhône-Alpes et Île-de-France.

Un autre exemple de recherche partenariale est illustré par la participation de l'Isa au programme de l'Institut d'Excellence Énergie Décarbonée (IEED) Ideel, sur le thème de « l'Usine Décarbonée du Futur ». Sélectionné à l'issue d'un appel à manifestations d'intérêt dans le cadre du programme des investissements d'avenir, Ideel est à l'initiative de huit membres fondateurs privés (Arkema, GDF Suez, Pôle Européen de la Plasturgie, Solvay, Suez Environnement) et publics (CNRS, IFP Énergies nouvelles, Université de Lyon), avec un fort soutien du pôle de compétitivité Axelera. Dans ce projet, on retrouve de nombreux volets analytiques, comme de l'analyse de gaz, de liquides, de catalyseurs. En complément, de nombreuses PME/PMI ont aussi fait part de leur soutien à l'Isa et leur volonté d'entamer des coopérations, toujours dans un esprit de développement de procédés industriels plus « sobres et propres » grâce au développement de dispositifs permettant un contrôle en ligne et une surveillance permanente ou en apportant une connaissance approfondie de l'impact de toutes les activités humaines sur les écosystèmes.

LA CINQUIÈME SOIRÉE DE LA CHIMIE S'EST TENUE À L'ISA

Le 29 mai dernier, la Direction de chimie industrielle (DCI) de la Société Chimique de France (SCF)et le magazine Info Chimie ont organisé sur le site de l'Institut des Sciences Analytiques (Isa) une soirée qui avait pour thème : « comment la physico-chimie analytique peut-elle répondre aux défis du développement durable ? ». L'objectif était de jumeler cette soirée avec l'après-midi organisée par le groupe « Analyse en milieu industriel » qui avait pour but de présenter quelques grands projets récents avec leurs composantes analytiques. Hervé Thiébault (Arkema) a rappelé l'objectif du projet Innoval de mettre l'analyse au cœur du procédé en se conformant au standard d'analyse industriel Nessi repris dans la colonne Astute. Frank Baco-Antoniolli (IFPEN) a présenté le pôle innovation Ideel dont la finalité est le développement des Bioénergies, Procédés bas carbone et économie circulaire dans des programmes de R&D. Cécile Cren-Olivé (Isa) a exposé les objectifs et l'organisation de l'IRT Bioaster dédié à l'infectiologie et à la microbiologie, notamment par l'étude d'agents anti-infectieux, de vaccins humains et animaux... Elle a poursuivi par la présentation des nouvelles ouvertures et orientations de l'Isa. Audrey Buleté (Isa) a décrit les apports de collaborations avec des constructeurs. Une visite technique d'une partie de l'Isa a permis aux participants d'apprécier l'expertise et les moyens de plusieurs services.

La soirée a ensuite débuté par une brève présentation de la DCI réalisée par Bernard Sillion, puis de l'organisation et du fonctionnement de l'Isa (Pierre Lantéri). La problématique de Reach a été abordée par Gaëlle Daniele, puis trois intervenants industriels ont fait part des préoccupations analytiques de leurs sociétés. P. Thomas pour Cehtra (Consultancy for Environmental and Human Toxicology and Risk Assessment) a exposé sa vision et la problématique pour un horizon de Reach 2018. F. Gaudin de la société Euracli (Européenne de cristaux liquides) a présenté les besoins en analyse pour la microencapsulation et ses applications et Florence Andrioletti de la société IVA a souligné les besoins en matière de caractérisation des vernis d'émaillages pour conducteurs électriques. Les présentations et discussions ont été suivies d'un débat animé entre participants et intervenants qui s'est poursuivi durant le cocktail, notamment sur la question de l'incertitude de mesure qui peut faire basculer un produit chimique d'une classification à l'autre, si l'on n'y prend garde.

Bernard Sillion

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

BASF, Reckhaus, Versalis et Essenscia primés en 2018

BASF, Reckhaus, Versalis et Essenscia primés en 2018

Il n'y aura pas eu de lauréat français cette année dans le cadre des récompenses Responsible Care européennes. Dans le cadre de la convention annuelle du Cefic, qui s'est déroulée les 25[…]

12/11/2018 | Responsible CareInnovation
Les simulateurs de Corys améliorent les compétences des opérateurs

Les simulateurs de Corys améliorent les compétences des opérateurs

Une ligne pilote de fibres de carbone alternatives en Nouvelle-Aquitaine

Une ligne pilote de fibres de carbone alternatives en Nouvelle-Aquitaine

Hydrogène: Nouryon, Tata Steel et le Port d'Amsterdam étudient un vaste cluster

Hydrogène: Nouryon, Tata Steel et le Port d'Amsterdam étudient un vaste cluster

Plus d'articles