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Axelera en route pour la phase IV

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Axelera en route pour la phase IV

© Axelera

Axelera figure parmi les 56 pôles de compétitivité labellisés pour la phase IV par le gouvernement. Entre 2019 et 2022, Axelera devra monter en puissance pour atteindre les 500 adhérents et surtout partir à la conquête de nouveaux financements européens pour plus d'autonomie financière.

C'est officiel. Axelera compte parmi les 56 pôles de compétitivité labellisés pour la phase IV par le premier Ministre. Créé en 2005 avec la vision de conjuguer chimie et environnement, le pôle rhônalpin a coché toutes les cases réclamées par le gouvernement pour pouvoir continuer sa mission sur la période 2019-2022. C'est en tout cas ce qu'il a expliqué à la presse, le 31 janvier, quelques jours avant cette labellisation. En préambule, Frédéric Laroche, directeur général d'Axelera, a pu dresser un bilan très positif à l'issue de la phase III qui s'est déroulée de 2013 à 2018. Le pôle a progressé de 30 % pour établir à 365 le nombre de ses adhérents, qui s'inscrivent dans l'un des cinq axes stratégiques du pôle : l'usine éco-efficiente, les matériaux et produits pour les filières industrielles, le recyclage et la recyclabilité, la préservation et restauration des espaces naturels et urbains et les matières premières renouvelables. Au total, 345 projets de R&D ont pu être labellisés et financés pour un montant de 925 M€ de financement à parts égales entre des fonds publics et privés. Le pôle a connu 71 % de réussite pour ses demandes de FUI (Fonds unique interministériel), tandis que 144 PME ont bénéficié du Plan de développement international (PDI) du pôle. Sept start-up ont été accompagnées dans des levées de fonds pour un montant global de 9 ME. Près de 90 événements innovation ou business ont été organisés ainsi que 40 "jeudis d'Axelera", célèbres rendez-vous de networking installés depuis la création du pôle. Le directeur général a aussi fait état de la création de quelque 1 400 emplois sur les six dernières années chez ses adhérents, répartis dans tous types d'entreprises (start-up, PME, ETI).

Un développement territorial

Conséquence de la réforme territoriale de 2014, Axelera s'est aussi renforcé sur le territoire auvergnat. Cela a débuté avec la signature d'une convention de partenariat avec Clermont-Auvergne Métropole qui est devenu un nouveau partenaire financeur du pôle. Puis, Axelera a fusionné, fin 2018, avec le cluster E2IA regroupant 27 acteurs auvergnats de la filière environnement et écotechnologies. À l'issue de cette opération, une antenne Axelera a été créée en Auvergne avec l'installation d'un chargé de mission basé à Clermont-Ferrand. Une opportunité pour le pôle de consolider ses relations avec le groupe Michelin.

Mais qu'est-ce qui va changer concrètement pour Axelera avec l'arrivée de la phase IV ? « Axelera restera un pôle de compétitivité aux confluents de la chimie, de l'environnement et des enjeux énergétiques », a expliqué Thierry Raevel, délégué régional d'Engie et président du pôle. En revanche, il va devoir dépasser les frontières de sa région Auvergne-Rhône-Alpes pour aller conquérir de nouveaux territoires. « Nous allons nous déployer au-delà des frontières de la région, là où les écosystèmes le permettent. Nous avons l'objectif d'atteindre les 500 adhérents en 2022 avec des budgets en croissance de 57 % », explique le président. Cependant, le pôle compte se développer sans perdre son ancrage territorial et sa proximité avec ses adhérents. Son rapprochement avec E2IA est un cas d'école, puisqu'Axelera s'est appuyé sur un écosystème existant et a installé une antenne localement. Les prochaines ouvertures pourraient avoir lieu du côté de l'Occitanie ou de la région Paca, sur des territoires délaissés par le pôle de compétitivité Trimatec, qui a cessé ses activités en 2018. Axelera dit aussi être en discussion avec de grandes métropoles comme Saint-Étienne. Et plus globalement, Axelera pourrait fédérer des écosystèmes partout où l'on retrouve des plateformes chimiques comme en Occitanie, Normandie ou Nouvelle-Aquitaine. À ce titre, Axelera annonce des projets de coopération avec pôles - Minalogic, Lyonbiopôle, IAR, Plastipolis, Élastopôle, Techtera, Tenerrdis - ainsi que le CRITT Novachim et Aquitaine Chimie durable.

En plus de son déploiement territorial, le pôle devra « porter une ambition européenne », selon les termes du gouvernement. Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que l'argent public se raréfie et que les pôles vont devoir trouver de nouvelles sources de financement, notamment au niveau de l'Europe, qui offre de nombreuses opportunités pour les programmes de recherche partenariaux. D'ailleurs, d'ici à 2022, si le budget doit augmenter de 57 %, les recettes privées devront être en hausse de 88 % !

Accéder aux financements européens

Une chose est sûre, « nous avons une marge de progrès pour accéder à des financements européens. L'impact du crédit impôt recherche a pu démobiliser certains » a consenti François Monnet, directeur des technologies avancées de Solvay et vice-président du pôle. « Il y a des pôles et des acteurs qui savent faire en France. Cette aptitude fait partie des critères que nous examinons dans nos recherches de partenaires », a-t-il ajouté. En tout cas, l'Europe a mis à la disposition de ses États membres une manne de 79 Mrds € sur la période 2014-2020, dans le cadre du programme Horizon 2020, et ce montant pourrait passer à 100 Mrds € sur 2021-2027. Pour partir à la conquête de ces financements européens, les grands groupes qui accompagnent Axelera tels que Solvay, Arkema, Michelin, IFPEN, Suez, CNRS ou encore Engie seront d'une aide précieuse, alors que ces derniers espèrent en retour tirer avantage d'un écosystème puissant pour poursuivre leurs opérations.

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