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BASF oriente sa recherche pour mieux stimuler l'innovation

À Ludwigshafen (Allemagne), Dinhill On

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Le géant mondial et allemand de la chimie a organisé en juin une conférence dédiée à la R&D. L'occasion de faire le point sur ses projets d'innovation émanant de ses plateformes de recherche spécialisée.

« Le changement d'environnement en R&D auquel nous sommes confrontés influence considérablement la durée de vie d'une innovation sur le marché. À l'avenir, la R&D devra être mieux synchronisée en étant plus adaptative ». Ce sont par ces mots que Martin Brudermüller, directeur de la technologie chez BASF, décrit le contexte actuel de l'innovation lors d'une conférence organisée en juin dernier à Ludwigshafen (Allemagne). Cet événement a permis au chimiste allemand d'exposer à la presse internationale les principaux résultats et développements issus de sa R&D.

Le groupe BASF a fait un bref bilan chiffré de sa recherche, évoquant une dépense annuelle d'environ deux milliards d'euros, et des ventes liées à des produits innovants de près de 10 Mrds € en 2015. « Les facteurs de succès de notre R&D sont une créativité stimulée et une efficacité de l'effort de recherche, c'est-à-dire être capable de faire plus avec moins. Enfin, l'intégration des capacités et des compétences internes avec celles de partenaires extérieurs », explique Martin Brudermüller.

 

Une recherche scindée en 3 plateformes

 

En ce qui concerne sa stratégie en recherche, BASF estime que « les innovations basées sur la chimie nécessitent une R&D orientée par marché, qui se focalise sur les besoins des clients ». « À ce jour, nous avons près de 3 000 projets dans notre pipeline de recherche, pour lesquels il faut évaluer la pertinence stratégique pour une mise sur le marché », précise Martin Brudermüller. C'est pour cela que le groupe allemand a organisé sa structure de R&D en trois plateformes thématiques depuis 2015 : Procédés et Ingénierie chimique ; Biosciences ; Systèmes et matériaux avancés. « L'idée est de tirer parti de la synergie entre ces différentes plateformes. Par exemple, pour l'amélioration d'un rendement de fermentation, elle s'appuiera sur les compétences de BASF en biotechnologies (Plateforme Biosciences) et en procédés (Plateforme Procédés) », cite Martin Brudermüller. En adoptant cette organisation de R&D, BASF souhaite également « favoriser la conceptualisation » d'innovations par la co-création. Cette initiative prend forme non seulement dans le soutien de BASF envers les start-up, mais également via le partage de points de vue. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'il a mis en place, l'année dernière, sa démarche Creator Space, une plateforme d'échanges et de réflexions entre la communauté scientifique, le grand public et les collaborateurs du chimiste allemand. Un espace qui va permettre également au groupe d'avoir des remontées d'informations depuis le marché, comme l'indique Martin Brudermüller : « En règle générale, le marché est relativement conservateur vis-à-vis de l'innovation. Il faut d'abord prouver la valeur ajoutée d'un nouveau produit aux consommateurs pour qu'ils l'acceptent ».

Au cours de la journée, le géant allemand de la chimie a exposé plusieurs produits récents émanant de ces trois plateformes de R&D. Au niveau de celle dédiée aux procédés et à l'ingénierie, BASF a fait part de ses avancées sur les zéolithes de spécialités pour le secteur de la mobilité. « Il s'agit de minéraux naturels ou synthétiques de la famille des aluminosilicates pouvant être utilisés pour différentes applications industrielles. En chimie, les industriels les utilisent généralement sous leur forme synthétique en tant que catalyseurs. En mobilité, ils s'utilisent comme solution fonctionnelle pour produire un carburant amélioré ou comme moyen de réduction d'émissions de moteur », explique Ulrich Müller, directeur de l'équipe de R&D Catalyseurs de la plateforme Procédés et ingénierie chimique chez BASF. Pour la production de carburant, le chimiste allemand commercialise ainsi son BoroCat, un catalyseur en zéolithe à base de bore depuis 2014. « BoroCat permet une passivation des atomes nickel résultant du craquage de pétrole brut. Ce produit aide ainsi à limiter les réactions secondaires non désirées dues aux atomes de nickel à l'origine de la formation d'hydrogène et de coke », détaille Ulrich Müller. Avant de souligner : « Notre technologie permet ainsi de diminuer la formation de coke de 16 % et d'hydrogène de 26 %, et améliore également le taux de conversion de 3 % ».

 

Améliorer l'existant par des techniques de pointe

 

La plateforme Systèmes et matériaux avancés de BASF a présenté ses travaux sur l'isolation phonique et vibratoire via le design. « Nos experts cherchent notamment à étudier la morphologie poreuse des mousses de polyuréthane. Ce travail s'effectue via des outils de modélisation à l'échelle micro- et nanoscopique dans le but de donner des propriétés anti-vibratoires ou insonorisantes au matériau », développe Volker Schädler, vice-président de la recherche sur les Polyuréthanes de spécialités chez BASF. Cette méthode de conception a ainsi permis au groupe de mettre sur le marché son élastomère de polyuréthane microcellulaire Cellasto à destination notamment du marché automobile. « Il offre des performances de réduction de bruits et de vibrations deux fois plus importantes qu'une mousse classique », indique Volker Schädler. Outre cette avancée, BASF est en mesure d'adapter en fonction des exigences la structure (taille des pores) et la composition d'une mousse (polyamide, polyuréthane, mousse en résine de mélamine, etc.).

Enfin, du côté de sa plateforme Biosciences, BASF a exposé son travail dans le domaine des enzymes à destination du marché de la nutrition animale. Le groupe a travaillé en particulier sur un de ses produits, lancé il y a 25 ans : la phytase commercialisée sous la dénomination Natuphos, qui permet au bétail de mieux digérer le phosphate inorganique de son alimentation. « Les enzymes modernes en nutrition animale nécessitent des propriétés de thermostabilité afin de pouvoir les commercialiser sous forme de pellets », explique Stefan Haefner, ingénieur de recherche au sein de la plateforme Bioscience chez BASF. Avant de poursuivre : « Nous avons conçu par ingénierie génétique un hybride de phytase associant des caractéristiques accrues à la fois de stabilité et d'activité ». Commercialisée sous la gamme Natuphos E, elle est construite à partir de différents génomes de phytases que l'on trouve à l'état naturel. Pour la production du Natuphos E, le génome modifié est inséré dans un organisme issu d'un champignon, optimisé pour la production enzymatique. « Nous sommes parvenus à accroître la stabilité thermique de la phytase à 95 °C », indique Stefan Haefner. Avant de compléter : « Le Natuphos E offre ainsi une meilleure tenue au procédé de pelletisation, à l'entreposage (durée de vie jusqu'à 18 mois) ainsi qu'une manipulation et un dosage plus pratiques ». De plus, BASF précise que la nouvelle phytase est deux fois plus efficace que l'ancienne dans la favorisation de l'absorption de phosphate inorganique.

 

L'innovation comme moteur de croissance

 

L'innovation reste donc un moteur de croissance pour BASF, notamment pour améliorer les propriétés de produits déjà sur le marché. Dans sa volonté de co-création, le groupe allemand continue à investir dans des installations pour favoriser un environnement pour la collaboration interdisciplinaire. Dernier exemple en date : la mise en service, depuis l'été dernier, d'un nouveau bâtiment sur son site historique de Ludwigshafen. Dotée d'équipements de pointe, cette installation héberge environ 200 collaborateurs de la plateforme Matériaux et Systèmes avancés.

EN CHIFFRES

10 000 CHERCHEURS DANS LE MONDE 4 900 ingénieurs de recherche sur Ludwigshafen (Allemagne) 3 PLATEFORMES MONDIALES DE R&D 3 000 Projets en développement 1,95 Mrd € INVESTIS POUR LA R&D EN 2015 10 Mrds € de ventes issues d'innovations en 2015

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