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BASF s'offre Cognis

Julien Cottineau

« Une certaine et séduisante expertise en chimie verte »

C'est la fin du suspens. Comme pressenti ces dernières semaines, le leader mondial de la chimie aura eu le dernier mot dans le dossier Cognis. L'offre de BASF, de 3,1 milliards d'euros aura même été préférée à celle, légèrement supérieure (3,2 Mrds €) de l'Américain Lubrizol. Les fonds d'investissement Permira Funds, Goldman Sachs Capital Partners et SV Life Sciences, propriétaires de Cognis depuis le rachat auprès d'Henkel en 2001, auront opté pour l'option BASF avec qui ils négociaient déjà depuis 2008. Selon Reuters, Lubrizol n'aurait pas eu toute latitude nécessaire pour mener à bien son offre. Techniquement, l'opération menée par BASF se décompose en 700 M€ déboursés pour l'acquisition des parts de la société, et 2,4 Mrds € pour la reprise de la dette et des obligations liées aux retraites. La tansaction n'a pas affolé les marchés. Car si le poids de cette acquisition est relativement élevé dans ce contexte économique toujours convalescent, les perspectives d'intégration au sein de BASF paraissent encourageantes. Les activités de Cognis, qui ont généré en 2009 un chiffre d'affaires de 2,58 Mrds €, en recul de 14 % en un an avec la crise, ont de quoi largement renforcer les spécialités de BASF. Ces activités seront majoritairement intégrées à la division Produits de performance du leader allemand, laquelle pèse déjà 9,4 Mrds €. C'est le cas en particulier de la division Care Chemicals de Cognis, qui représente 56 % des ventes et qui regroupe un très large portefeuille de produits pour la détergence, les cosmétiques ou encore les produits de soins. Ou sa division Nutrition et santé (13 % des ventes en 2009) qui apportera tout un panel d'ingrédients pour les marchés de l'agroalimentaire, de la nutrition et de la santé. De quoi « renforcer » le portefeuille de BASF en « produits plus robustes face aux cycles et plus profitables », note Jürgen Hambrecht, le p-dg du géant allemand. L'importance de la cyclicité n'a d'ailleurs jamais été autant mise en évidence qu'avec la crise l'an dernier. L'acquisition de Cognis s'inscrit bien dans cette stratégie de diversification en s'appuyant sur des spécialités parfois très différenciées pour mieux parer les effets conjoncturels. Un peu comme quand BASF avait repris Ciba fin 2008, pour 3,8 Mrds €, même si les marchés n'étaient pas les mêmes. En plus des divisions Care chemicals et Nutrition et santé, le portefeuille de Cognis comporte une branche plus orientée vers les marchés industriels, plus sensibles aux remous économiques. Cette dernière division de Cognis, Produits fonctionnels, qui a généré l'an dernier un chiffre d'affaires de 786 M€, comprend des activités et des produits pour les peintures et les revêtements, les phytosanitaires ou encore les lubrifiants. L'héritage de Cognis passera aussi par une certaine et séduisante expertise en chimie verte. Le chimiste de spécialités estime que la moitié des matières premières qu'il utilise pour ses productions provient de matières renouvelables, comme des huiles naturelles et des extraits de plantes. Enfin, au niveau industriel, Cognis va apporter à BASF des actifs dans une trentaine de pays, ainsi que 5 500 nouveaux employés. Même si l'intégration devrait générer inévitablement des restructurations.

Pendant ce temps, l'Américain Corn Products annonçait l'acquisition de National Starch pour 1,3 Mrd $ auprès d'Akzo Nobel (voir page 3). Soit deux grandes opérations de consolidation. Doit-on y percevoir un retour aux affaires pour les chimistes occidentaux ?


 

 

 

 

 

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