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Berkem investit dans ses sites, après le rachat de Labso

Sylvie Latieule

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La société Berkem se dote d'un deuxième site de production en Aquitaine. Cette opportunité va permettre à chacun de ses pôles d'activité - l'extraction et la formulation - de disposer de son propre site de production.

Le groupe Berkem, spécialisé dans l'extraction végétale et la formulation de produits de traitement du bois, prévoit d'investir de 3 à 7 millions d'euros sur les 36 prochains mois dans ses deux sites de production aquitains. Installée depuis sa création en 1964 à Gardonne (24), la société vient de racheter un second site à Blanquefort (33) appartenant au groupe pharmaceutique Boehringer Ingelheim. Connue sous le nom de Labso Chimie fine, cette usine avait fermé ses portes en juillet 2013.

Olivier Fahy, pdg de Berkem, explique que sa société mène de front deux activités distinctes. D'ailleurs, sur un chiffre d'affaires de 31 millions d'euros en 2014, en croissance de 5 %, chaque activité pèse un poids équivalent. Cependant, Olivier a souhaité améliorer la lisibilité de ses activités. C'est pourquoi en 2013, il s'est employé à réorganiser sa société pour disposer de deux entités juridiques séparées, Berkem Extraction et Sarpap et Cecil (formulation). Aujourd'hui, l'heure est venue d'installer chacune d'entre elles dans son propre site de production.

Pour ce qui est du rachat de Blanquefort, O. Fahy explique que cette option ne s'est pas imposée immédiatement. « Nous avions la possibilité de construire un atelier séparé sur notre site de Gardonne, de racheter un terrain pour construire une usine ex-nihilo ou de racheter une usine chimique. Plusieurs propositions nous ont été faites en France et à l'étranger. Puis, l'idée a germé dans nos esprits de nous rapprocher de Boehringer qui venait de fermer une usine à une centaine de kilomètres », explique O. Fahy.

Il souligne que l'opération de rachat du site Labso a été rendue possible grâce à un financement du Crédit coopératif, dans le cadre d'accords privilégiés avec l'Union des industries de la chimie. Également, Berkem a reçu l'appui du Conseil régional d'Aquitaine afin qu'il puisse conserver ses activités industrielles sur la région et ainsi leur permettre d'intégrer le grand programme aquitain des « usines du futur ». Il a également été fortement encouragé par Véronique Ferreira, maire de Blanquefort. C'est elle qui a fini par le convaincre d'installer son activité à proximité de la Technopôle Bordeaux Technowest, basée sur le site de l'Écoparc de Blanquefort.

Dans le cadre de ce redéploiement industriel, le site de Gardonne sera désormais dédié à 100 % à l'extraction végétale. Sur un effectif total de 140 personnes, une centaine restera rattachée au site. Et compte tenu de la forte demande dans ce domaine, Olivier Fahy espère bien pouvoir créer prochainement de nouveaux emplois. À Blanquefort seront rattachés 40 collaborateurs autour d'une activité de formulation plus stable car elle s'adresse surtout au secteur de la construction.

Hormis un petit ralentissement en 2014, lié à sa réorganisation, le groupe Berkem est habitué à flirter avec des croissances à deux chiffres. « En 2001, nous étions à 8 millions d'euros de chiffre d'affaires, en 2009 à 16 M€ et aujourd'hui à 30 M€ » constate Olivier Fahy. « Nous espérons arriver à 50 M€ d'ici 4 à 5 ans ». À noter que la société est également fortement exportatrice, puisqu'elle réalise la moitié de ses ventes à l'étranger principalement en Hollande, aux États-Unis, en Allemagne, en Asie du Sud-Est... Elle possède d'ailleurs trois bureaux commerciaux aux États-Unis, en Belgique et à Barcelone, auxquels s'ajoute une co-entreprise en Thaïlande.

Outre sa stratégie de croissance, Oliver Fahy souligne sa volonté de disposer d'usines exemplaires au plan de la gestion environnementale. En matière de retraitement de solvants ou de valorisation de sous-produits, « notre ambition n'est pas qu'économique. Nous sommes une société de chimie responsable. J'ai la conviction que l'on ne peut faire de beaux produits que dans de belles usines », conclut Olivier Fahy.

LE VÉGÉTAL AU COEUR DU SAVOIR-FAIRE DE BERKEM

Dans le métier de l'extraction végétale, Berkem réalise les 2/3 de son chiffre d'affaires avec des produits catalogue à destination de la cosmétique et de l'agroalimentaire et le tiers restant dans des opérations de travail à façon. Chaque année, la société traite environ 5 000 t de matière première végétale, pour produire une centaine de tonnes de produits. « Une des clés de notre métier est de gérer cette différence de volume entre la matière entrante et sortante. Je n'aime pas parler de déchet car la matière sortante contient encore des molécules qui peuvent intéresser des industriels », explique Olivier Fahy qui se plaît à imaginer une organisation où l'on pourrait louer le végétal et le rendre après lui avoir seulement retiré une molécule d'intérêt ! Pour ce qui est des matières premières traitées à Gardonne, Berkem travaillait historiquement sur des pépins de raisin et des écorces de pin. Puis, la société s'est diversifiée pour s'intéresser au fraisier, à la potentille, à la myrtille ou au cacao, des plantes riches en oligomères procyanidoliques (OCP) ou polyphénols qui constituent les deux spécialités de la société. Hormis le cacao, Olivier Fahy explique que « Berkem essaie de travailler avec des matières au moins européennes ou que l'on trouve dans notre environnement national ». Un argument de plus qui confirme le fort engagement de l'entreprise dans le développement durable.

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