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Bilan favorable de la chimie en France

Dans l'ensemble, les indicateurs sont plutôt au vert. L'industrie chimique en France se porte plutôt bien. C'est ce qui ressort du bilan économique 2015 dressé par l'UIC. En volume, le secteur a enregistré une croissance de 0,9 % sur un an. Rien de mirobolant, certes, mais l'exercice 2015 faisait suite à deux belles années de reprise d'une croissance de 2,8 % chacune. Plus flatteur, c'est bien mieux que la croissance dans l'UE, de seulement 0,3 % l'an dernier, et surtout que celle en Allemagne, en repli de 0,8 %. Par ailleurs, l'UIC note que le secteur affiche une production supérieure de 6 % par rapport à son niveau moyen d'avant crise.


« Le solde record de 2014 s'est maintenu »
 

La balance commerciale se pose comme un très grand motif de satisfaction. Le solde record de 2014 (7,4 Mrds €) s'est maintenu : 7,3 Mrds €. « Nous restons à un excellent niveau », se félicite Philippe Goebel. Le président de l'UIC note que le secteur est parvenu depuis deux ans à dégager un solde de plus de 7 Mrds € contre une moyenne de 4 à 5 Mrds € sur toute la période 2000-2013. En 2015, portées par l'affaiblissement de l'euro par rapport au dollar, les exportations ont progressé de 1,6 %, à 55,6 Mrds €, notamment avec un bond de 4,5 % en dehors de l'UE. Ce qui a contenu la hausse des importations, de 2 %, à 48,3 Mrds €. Autre satisfaction, malgré un début d'année complexe, le taux d'utilisation des capacités a atteint une moyenne de 80 % sur l'année. Soit un record depuis 2008, même si cela demeure légèrement inférieur à la moyenne de 83,5 % relevée entre 1996 et 2007. On peut aussi noter le regain de forme, de 5,6 %, des dépenses d'investissements, à 3,4 Mrds €, centrées sur les modernisations et les améliorations sécurité et environnement. Enfin, on peut se féliciter de l'excellente forme des spécialités, dont la croissance a bondi de 9,9 % en 2015, grâce au dynamisme dans les peintures, vernis, colles, explosifs, phytosanitaires ou encore les lubrifiants.
 

Mais il y a des revers de médaille. La croissance de la production des trois autres segments est négative. -2,7 % pour la chimie minérale, plombée par des performances moindres des gaz industriels, colorants, pigments, inorganiques de base, et la hausse des importations d'engrais, ainsi que pour le segment des savons, parfums et produits d'entretien. Souvent résistant, il a subi une vraie contreperformance, notamment avec un repli de 12 % dans la détergence via une réduction des dosages. De son côté, la production en chimie organique déplore un repli de 1,6 %, sous l'effet d'un début d'année morose et d'incidents techniques au premier semestre. Cela étant, ces trois secteurs avaient connu un exercice 2014 plutôt bon et une consolidation était attendue, tempère l'UIC. Côté prix, ces derniers ont fondu de 4,8 % en un an, avec une chute notable de 12,3 % pour ceux de la chimie organique, ce qui s'explique largement par la chute du prix du pétrole brut. En conséquence, le chiffre d'affaires a décliné de 5 %, à environ 75 Mrds € pour 2015. Le marché intérieur a lui aussi flanché en valeur de 5 %, à 67,7 Mrds €. L'UIC note qu'au-delà du phénomène pétrole, certains débouchés ont été perdus en 2015 et ont bénéficié aux importations depuis la zone euro, en raison d'une compétitivité française pas encore suffisante. Pour 2016, l'UIC se veut prudente et table sur une croissance de 1 % en volume. Les facteurs favorables comme un pétrole à bas coût et un euro faible semblent devoir perdurer pour ces prochains mois, et la reprise de l'activité industrielle, même sans dynamisme exacerbé, semble se poursuivre. Par rapport aux 0,5 % de moyenne sur les dix dernières années, 1 % semble presque ambitieux. Mais, avec un brin d'optimisme, ce n'est peut-être qu'une prudente perspective.

 

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