Nous suivre Info chimie

Biocarburant 2G : BioTfueL prêt à la construction de ses deux démonstrateurs

Biocarburant 2G : BioTfueL prêt à la construction de ses deux démonstrateurs

Le programme BioTfueL qui vise à développer un procédé de conversion thermochimique de biomasse de deuxième génération en biodiesel et biokérosène (procédé Biomass to Liquid ou BTL) avance dans le respect de son calendrier.

Cet été, la société Bionext qui fédère tous les partenaires de ce programme (voir encadré) a annoncé que la phase d'avant-projet détaillé était achevée et que le projet allait pouvoir aborder sa phase de démonstration. Pour cela, deux unités pré-industrielles vont être édifiées pour un montant global de 180 millions d'euros d'investissement, dont 33 M€ de fonds publics apportés par l'Ademe, et le conseil régional de Picardie et le FEDER. Le site Sofiprotéol de Venette (Picardie) abritera une installation de préparation de la biomasse de 12 M€. Le site Total de Dunkerque (Établissement des Flandres, Nord - Pas-de-Calais) accueillera l'unité de gazéification, d'une puissance de 15 MW, qui constitue le coeur du procédé, ainsi que le procédé de synthèse Fischer-Tropsch. Le 4 novembre dernier, les contrats de construction des principaux lots du site Total de Dunkerque ont été signés par Bionext avec les PME françaises Prosernat (pour le traitement du gaz de synthèse) et RBL-REI (pour la préparation des charges) ainsi qu'avec ThyssenKrupp Industrial Solutions (pour l'unité de gazéification et l'intégration globale du site). La signature de contrats de construction pour le site de Venette devrait suivre dans la foulée. Pour justifier cette double localisation, Jean-Christophe Viguié, directeur général de Bionext, apporte son explication : « Pour les applications industrielles, l'unité de préparation de la biomasse peut être située soit sur le même site que le gazéificateur, soit délocalisée au plus près de la production de biomasse. Par exemple, on peut envisager qu'une coopérative puisse accueillir la préparation de biomasse et que la matière première soit ensuite envoyée au gazéificateur ».
 

La construction de ces deux unités devrait durer environ 24 mois pour une mise en service en 2017. Puis trois années sont prévues pour la mise au point d'un procédé qui sera ensuite commercialisé sous licence. Dans le cadre de cette phase de démonstration, il sera surtout vérifié que l'unité de gazéification est flexible et capable de traiter indifféremment les biomasses lignocellulosiques les plus diverses : du bois, de la paille de blé, du riz, des résidus végétaux... Mais elle devra aussi offrir la possibilité de co-traiter des ressources fossiles, comme du charbon ou du coke, pour assurer si besoin la rentabilité économique de futures installations. La conversion finale en biocarburant par synthèse de Fischer-Tropsch est un procédé qui est bien maîtrisé et déjà commercialisé sous licence par Axens, partenaire de BioTfueL.
 

Outre l'approvisionnement en matière première, une autre clé de la compétitivité résidera dans la taille des futures unités industrielles. Le directeur général évoque une puissance de 800 MW pour un gazéifieur de taille industrielle, correspondant à une capacité de production de 200 000 t/an de biocarburant liquide. Dans ce cas de figure, un co-traitement de matière fossile prendrait tout son sens pour éviter tout risque de rupture d'approvisionnement de biomasse, en particulier pour des raisons de saisonnalité.
 

Enfin, pour ce qui est de la localisation de telles unités, « un site industriel tel qu'une raffinerie pourrait intégrer une unité BTL pour bénéficier de synergies et abaisser les coûts de production. Le but est de produire un carburant le plus compétitif possible », évoque Jean-Christophe Viguié. Mais d'autres options pourraient se dessiner d'ici les premières applications industrielles annoncées pour 2020.

Les partenaires de BioTfueL

Le programme BioTfueL associe six partenaires :

  • Total,
  • Sofiprotéol,
  • Axens,
  • IFP Énergies nouvelles (IFPEN),
  • Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA),
  • ThyssenKrupp Industrial Solutions.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Recyclage : l’APHP veut traiter les masques anti-Covid-19

Recyclage : l’APHP veut traiter les masques anti-Covid-19

Les hôpitaux de l’AP-HP (assistance publique hôpitaux de Paris) Saint-Antoine, Necker-Enfants malades et Rothschild ont décidé de trouver une solution pour recycler les masques chirurgicaux. En effet,[…]

11/05/2021 | RecyclageActualités
Résultats : Un bon premier trimestre 2021 pour DSM

Résultats : Un bon premier trimestre 2021 pour DSM

Résultats : Arkema sur une bonne lancée pour son premier trimestre

Résultats : Arkema sur une bonne lancée pour son premier trimestre

Résultats : Solvay en baisse au premier trimestre

Résultats : Solvay en baisse au premier trimestre

Plus d'articles