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Bioéconomie : le cap est fixé

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

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Ça y est ! La France a publié, le 18 janvier, sa stratégie pour la bioéconomie. Les résultats des travaux, lancés en 2015, étaient attendus avec impatience par les acteurs concernés. Il faut dire que le gouvernement avait choisi la voie interministérielle. Le pilotage avait été confié au ministère de l'Agriculture, en concertation avec le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, le ministère de l'Enseignement et de la Recherche et le ministère de l'Économie, ainsi qu'avec des parties prenantes publiques et privées. D'où un lourd travail de synthèse pour arriver à contenter tout le monde, et ces quelques mois de retard sur le calendrier. La bioéconomie c'est « l'économie de la photosynthèse, et plus largement du vivant ». Elle consiste à produire, mobiliser et valoriser trois grands types de biomasse - d'origine agricole, forestière ou aquacole -, dans trois grands domaines d'applications - l'alimentation humaine ou animale, les matériaux et molécules biosourcées et l'énergie. Cette stratégie française, dont l'objectif est de pousser le développement de la bioéconomie sur notre territoire, repose quant à elle sur deux grands principes. Le premier est basé sur une idée de productivité : il faudra mobiliser des quantités de biomasse toujours plus importantes, sans que l'agriculture soit la seule mise à contribution. Le second principe prévoit d'utiliser cette biomasse de façon optimisée pour répondre à la fois à des usages alimentaires et non alimentaires, considérés comme complémentaires, selon le principe de la bioraffinerie.

Pour compléter cette vision, Stéphane Le Foll a fait état de l'installation d'un comité stratégique réunissant pouvoirs publics, secteurs professionnels concernés et société civile. Reste que ce comité pourrait faire les frais de l'élection présidentielle prévue pour le printemps prochain. Quoi qu'il en soit, le ministre Le Foll s'est félicité de cette avancée : « Avec cette stratégie nationale, la France se positionne aujourd'hui parmi les leaders mondiaux dans le domaine de la bioéconomie ».

En réalité, ce n'est pas la publication d'une stratégie qui fait le leadership d'un pays. On sait bien que la France est engagée de longue date dans la bioéconomie, grâce notamment à son agriculture puissante. L'industrie chimique apporte, quant à elle, une contribution croissante au secteur par le biais de ses nombreux matériaux et molécules produits à partir de matière végétale. Fait unique en Europe (et peut-être au monde !), la profession est même un membre fondateur de l'ACDV, organisation professionnelle à 100 % engagée dans la chimie du végétal, qui travaille en étroite collaboration avec le pôle de compétitivité IAR, lui-même totalement dédié à la bioéconomie. Cette vision nationale ne fait donc qu'appuyer un mouvement déjà bien engagé.

Pour autant, ce document manquait à la liste de nos innombrables stratégies. D'autant plus qu'en Europe de plus petits pays avaient déjà fait l'effort d'élaborer des stratégies, à l'instar de la Finlande en 2014. Tandis que l'Europe, qui avait planché sur une stratégie pour la bioéconomie dès 2012, entre en phase de révision. Il était temps de se mobiliser.

 

« L'objectif de cette stratégie française est de pousser le développement de la bioéconomie sur notre territoire. ».

 

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