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Biogis Center, un outil d'industrialisation au cœur de Pivert

A Venette, Sylvie Latieule

Alors que Pivert se propose d'améliorer le transfert de la recherche académique à l'industrie, le Biogis Center assurera le rôle de centre de développement de procédés.

Lundi 13 janvier, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg s'est déplacé à Venette, sur le parc technologique des Rives de l'Oise qui jouxte un site de Novance (groupe Sofiprotéol), pour poser la première pierre du Biogis Center. Centre de développement et de démonstration, il s'inscrit dans le cadre de l'Institut pour la transition énergétique Pivert (ITE ex IEED) qui a été sélectionné dans le cadre du Programme des investissements d'avenir en 2011. Le rôle de ce centre sera d'accélérer l'industrialisation de procédés de transformation de matières premières oléagineuses en produits chimiques et de concevoir la bioraffinerie oléagineuse du futur utilisant la plante entière. « Devant la raréfaction du pétrole, le moment est venu d'utiliser nos propres ressources (agricoles) », a déclaré le ministre. Puis, il a ajouté que Pivert s'inscrivait dans le cadre du plan industrie verte et biocarburants, dont la vocation est de réindustrialiser la France et créer de l'emploi dans le cadre d'un partenariat 50/50 entre le monde académique et le secteur privé.

Le Biogis Center représente un investissement de 17 millions d'euros pour la construction de ses bâtiments, des utilités et interfaces procédés. 40 M€ supplémentaires, étalés sur trois tranches, seront consacrés à des équipements de procédés, à la fois chimiques et biotechnologiques, à l'échelle pilote et du démonstrateur. « Sur la partie biotech, nous disposerons de deux lignes avec un fermenteur de 2 m3 et un second de 10 m3 qui correspond déjà à une taille de démonstrateur industriel », souligne Gilles Ravot, directeur général de la société Pivert SAS. Ce centre, qui démarrera ses activités à la mi-2015, emploiera entre 20 et 25 personnes.

A l'occasion de cette manifestation, Jean-François Rous, président de Pivert, a retracé le parcours de ce programme. Dès 2012, cet ITE a démarré par la création de la SAS Pivert, qui emploie aujourd'hui 5 personnes. Son capital est réparti à 50-50 entre des actionnaires industriels et académiques avec Sofiprotéol, Solvay, Maguin, PCAS, SNC Lavalin, le Pôle IAR, L'UPJV, l'UTT, l'UTC, le CNRS et l'Inra. Une des premières missions de la SAS Pivert a consisté à faire valider les aides d'État allouées au projet par la Commission européenne afin de pouvoir signer sa convention de financement avec l'ANR. Car le soutien de l'État est d'envergure. Pivert représente un montant global d'investissement de 220 à 230 M€ d'ici à 2019 (période couverte par les investissements d'avenir). Sur ce montant, l'aide publique s'élève à 63,9 M€ (financement via l'ANR) auxquels s'ajoutent 4 M€ de la région Picardie et 4 M€ de l'agglomération de Compiègne.

Pour ce qui est de l'organisation générale de Pivert, il faut retenir que son socle est constitué d'un programme de recherche précompétitif, baptisé Genesys, mené par un imposant consortium académique, d'une quarantaine de laboratoires au sein de 23 établissements nationaux. Placé sous la responsabilité de Daniel Thomas, ses orientations scientifiques et technologiques sont pilotées par le conseil d'administration de la SAS Pivert qui s'appuie sur Comité d'Orientation Stratégique (COS), présidé par Pierre Monsan. D'ici à 2019, 120 M€ seront alloués au programme Genesys. Déjà, à l'issue des 2 premiers appels à projet, sur 2012 et 2013, 36 projets, impliquant une centaine de chercheurs, ont été initiés pour un budget de 29,2 M€. « Cinq brevets procédés ont été déposés depuis mai 2013 et deux autres sont à l'étude. 18 communications scientifiques ont été réalisées à l'international et une dizaine de publications sont en cours », liste Gilles Ravot.

La plateforme technologique Biogis Center se positionne donc en aval de Genesys avec pour mission d'accélérer le transfert de la recherche du consortium à l'industrie.

Ensuite, pour mener les projets de maturation jusqu'à l'industrialisation, Pivert s'est doté d'un club de 9 industriels fermé pour trois ans, regroupant Chimex, Clariant, Limagrain, Maguin, Novance, PCAS, Solvay, Tereos, Véolia Environ nement. Leur adhésion leur donne un droit de priorité sur les procédés et produits développés. Les projets de maturation conduits par les industriels devraient contribuer au budget de Pivert pour un minimum de 70 M€, selon Jean-François. A l'issue des projets de maturation et pour exploiter industriellement les procédés ou produits développés, les industriels devront verser des royalties. Au-delà de 2019, c'est par la seule commercialisation de sa propriété intellectuelle que Pivert entend assurer sa pérennité. L'aide publique n'a d'autre vocation que d'initier un cercle vertueux où les succès industriels financeront une recherche académique vouée à avoir des débouchés.

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