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Biométhodes industrialise dans les Vosges

Sylvie Latieule

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Spécialiste du bioraffinage de biomasse de seconde génération, Biométhodes qui sera bientôt rebaptisé Arbiom, est en passe de construire sa première unité industrielle dans les Vosges. C'est une grande nouvelle pour cette société française qui a fait ses débuts au Genopole d'Évry en 1997, mais avait dû se tourner ces derniers mois vers les États-Unis pour accélérer son développement. C'était sans compter sur l'acharnement de la direction qui a fini par intéresser le groupe papetier Norvégien Norske Skog, installé à Golbey dans les Vosges, avec le plus important site de production de papier journal d'Europe de l'Ouest. Ensemble, les deux entreprises viennent de créer la société de projet BioSkog, dans l'optique de construire sur ce site vosgien des installations de bioraffinerie qui convertiront des coproduits de l'industrie papetière et certaines essences de bois en composés élémentaires de la chimie, destinés à se substituer aux molécules d'origine fossile. Grâce aux synergies entre les activités de production de papier et de bioraffinerie, BioSkog devrait contribuer à renforcer l'équilibre économique du site papetier de Golbey, même s'il est déjà réputé pour sa compétitivité. En revanche, le modèle pourrait être répliqué sur d'autres sites papetiers et sur d'autres zones forestières en France, ce qui contribuerait à industrialiser ou réindustrialiser cette filière bois qui est globalement en grande difficulté ou sous-exploitée.
 

« Le projet pourrait représenter 50 millions d'euros d'investissement »

Dans un premier temps, BioSkog va étudier et accompagner la construction d'un pilote fin 2016 puis d'une unité de production de composés chimiques correspondant à une capacité de transformation d'au moins 40 000 t/an de biomasse forestière par an. Cette unité de production sera elle-même constituée d'installations utilisant la technologie développée par Biométhodes pour la production de sucre fermentescible et de lignine et d'un ou plusieurs partenaires aval, pour la transformation de ce sucre en molécules d'intérêt. BioSkog aura aussi la charge de lever des fonds pour financer le projet, évalué à 50 millions d'euros, avec la participation attendue de Norske Skog, d'Arbiom, du ou des partenaires aval qui seront dévoilés dans les 9 mois et des acteurs publics. Selon le suivi du calendrier, cet ensemble industriel pourrait démarrer dès 2018 avec un effectif d'une quarantaine de personnes.
 

« Après avoir développé notre technologie à l'échelle pilote, le projet BioSkog offre à Biométhodes le contexte idéal pour un premier déploiement industriel en France et la constitution d'une filière chimique biosourcée exploitant les importantes ressources forestières disponibles sur le territoire national », a déclaré Gilles Amsallem, p-dg du futur Arbiom, qui mène de front une autre réalisation industrielle en Virginie (États-Unis), d'une capacité de 40 000 t/an de biomasse. Les premiers lots commerciaux de sucre fermentescible et de lignine sont annoncés pour 2018-2019.
 

Ce projet BioSkog s'inscrit par ailleurs dans le cadre de la « Green Valley », une grappe d'entreprises, labélisée par la Datar en 2010, dédiée au bois et à l'écoconstruction. Elle est située sur le territoire de la Communauté d'Agglomération d'Épinal, dans les Vosges, et son objectif est justement de développer autour du site du papetier norvégien, Norske Skog, un écosystème qui contribue au développement économique du territoire. Déjà l'installation en 2012 du fabricant de laine de bois Pavatex avait permis d'étoffer l'écosystème de cette Green Valley. L'installation d'Arbiom est une opportunité de plus pour accélérer le développement du cluster et attirer davantage de sociétés actives dans la biomasse 2G.

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