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Biopolymères/PHA : Cristal Union va industrialiser le procédé de Bio-On en France

Sylvie Latieule

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Biopolymères/PHA : Cristal Union va industrialiser le procédé de Bio-On en France

Le groupe agro-industriel sera le premier à industrialiser la technologie de production de PHA de l'Italien Bio-On. Trois sites français sont en compétition pour accueillir une unité représentant 70 millions d'euros d'investissement.

C'est une première en France. Le groupe sucrier Cristal Union, quatrième transformateur de betteraves de l'Union européenne, et la société italienne Bio-On vont construire ensemble une unité de production de polyhydroxyalcanoates ou PHA. « Nous avons été contactés par Bio-On qui recherchait un partenaire pour industrialiser son procédé. Le PHA nous a séduit pour son caractère biodégradable », confie Xavier Astolfi, directeur général adjoint de Cristal Union. Ce projet, d'un montant d'investissement de 70 millions d'euros, permettra la production de 5 000 t/an de ce biopolymère. Capacité qui pourra être portée ultérieurement à 10 000 t/an. La matière première, à savoir des co-produits de la production de sucre de betterave, sera fournie par Cristal Union. Elle permettra d'obtenir un biopolymère « avancé » ou de deuxième génération puisqu'il ne sera pas directement produit à partir de sucre dédié à l'alimentation.
 

Trois sites de Cristal Union, abritant déjà des installations en continu, ont été retenus pour l'implantation de l'unité qui emploiera 50 collaborateurs. Il s'agit de Bazancourt-Pomacle dans la Marne, d'Arcis-sur-Aube dans l'Aube ou Toury dans l'Eure-et-Loir. En terme de calendrier, Xavier Astolfi explique que l'année à venir sera consacrée à l'étude des plans de la nouvelle unité, au choix de son implantation et à l'étude du marché du PHA encore naissant. Les applications entrevues se situent plutôt dans l'emballage rigide et semi-rigide et moins dans les sacs de fruits et légumes sous le coup de la loi sur la transition énergétique. « Au deuxième semestre 2016, nous serons en mesure de déterminer l'emplacement et le début des travaux », ajoute le dirigeant. Le temps de construction est estimé à un an car il n'y a pas de saut technologique à franchir. « Le procédé devrait être facile à mettre en oeuvre », estime Xavier Astolfi.
 

Cette unité sera la première au monde à utiliser sous licence la technologie fermentaire développée par le groupe italien. C'est la raison pour laquelle Bio-On prendra part à l'investissement, de même que Cristal Union réfléchit à d'autres partenaires potentiels ou sources de financement pour ce projet à haut risque. C'est un effet la première industrialisation d'un procédé pour la production d'un biopolymère dont le marché reste aussi à construire.
 

Cette nouvelle installation s'inscrit dans la stratégie de Cristal Union qui souhaite promouvoir le développement de la production de sucre et co-produits dans toutes les régions où la société est implantée industriellement. De fait, la société continuera à se développer dans le sucre alimentaire et dans la production de bioéthanol, notamment à destination du marché des biocarburants. Mais en parallèle, Cristal Union recherche de nouveaux débouchés dans la chimie du végétal, notamment en s'appuyant sur les compétences de son centre de recherche ARD, installé à Bazancourt-Pomacle. Dans ce domaine, Cristal Union a créé en mai la coentreprise IBN-One avec Global Bio-energies en vue de construire la première usine de conversion de ressources renouvelables en isobutène en France. Le groupe sucrier soutient également CIMV qui va bientôt installer dans le Tarn un démonstrateur de bioraffinerie cellulosique pour produire du bioéthanol et de la lignine. Le PHA est un projet de plus. Il conforte le groupe agro-industriel dans sa position d'acteur majeur du déploiement industriel de la chimie du végétal sur le territoire français.

Une deuxième licence pour un producteur brésilien

Dans la foulée de cette annonce, le groupe Bio-On a cédé une deuxième licence de production de PHA à la société brésilienne Moore Capital. Cette fois, il s'agira de construire une unité de production au Brésil (État de São Paulo ou Acre), d'un montant de 80 M€ pour une capacité de 10 000 t/an. Ce projet devrait entraîner la création de 60 emplois.

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