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Borealis a finalisé l'acquisition de GPN

Julien Cotineau

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Total a finalisé la cession de ses engrais au groupe Borealis. Lequel devient ainsi l'un des leaders européens du secteur en intégrant GPN ainsi que le Belge Rosier dans son périmètre.

C'est fait. Après plusieurs mois de négociation, GPN est devenu officiellement Borealis. Le premier producteur français d'engrais azotés quitte donc le giron de Total, qui ne considérait plus cette activité comme stratégique. A contrario, Borealis, principalement positionné dans les polyoléfines, a fait des engrais une de ses priorités stratégiques et poursuit la constitution d'un portefeuille et de capacités sur le continent européen dans le domaine. Coentreprise entre le groupe énergétique européen OMV (36 % du capital) et l'International Petroleum Investment Company (IPIC, Abu Dhabi, 64 % des parts), le groupe basé à Vienne (Autriche) avait démarré son expansion dans le secteur des engrais avec la reprise de PEC-Rhin, autrefois coentreprise entre Total et BASF. Ce qui venait déjà étoffer son réseau de production, limité alors à son complexe autrichien de Linz. Avec GPN, Borealis dit conforter sa place de leader des engrais en Europe centrale et de l'Est et se positionner comme un des acteurs majeurs dans toute l'Europe, avec des capacités installées de l'ordre de 5 millions de tonnes par an.

 

Au total, l'acquisition, dont le montant n'a pas été divulgué, comprend la reprise de capacités de production de 2,1 Mt/an d'engrais azotés et de 600 000 t/an de réducteurs d'oxyde d'azote, ces derniers servant les marchés industriels et des transports. 760 salariés vont changer de casquette, et deux vastes sites vont changer de couleurs : l'usine de Grandpuits (Seine-et-Marne) et celle de Grand-Quevilly (Seine-Maritime). La reprise concerne également le bureau parisien de GPN, un site industriel partagé à Gonfreville L'Orcher (Seine-Maritime) et le site de distribution et de transformation Gratecap Services implanté à La Rochelle (Charente-Maritime). La transaction ne concerne pas la filiale Grande Paroisse, dont l'activité se résume aux responsabilités judiciaires dans le dossier de la catastrophe AZF et à la réhabilitation du site toulousain. Au total, le périmètre repris par Borealis représente un chiffre d'affaires d'environ 500 millions d'euros.

125 M€ d'investissements sur cinq ans

Le changement de propriétaire de GPN devrait engendrer de nouveaux plans d'investissements. Alors que Total avait investi environ 400 M€ depuis 2007 dans ses anciens actifs d'engrais, Borealis a prévu une enveloppe de 125 M€ sur cinq ans, notamment pour moderniser les sites de production, comme nous l'avait indiqué le groupe, il y a quelques semaines. Dans un entretien aux Échos, Simon Jones, vice-président de Borealis, estime que son groupe pourra relever nettement le taux d'utilisation des usines de GPN, qui ne tourneraient aujourd'hui qu'à 70 %, et qu'il vise une marge d'Ebitda de 15 et 20 %.

En parallèle, le groupe a aussi signé une convention avec Total pour acquérir la part du groupe français dans le capital de Rosier, soit 56,86 %. Ce producteur belge d'engrais minéraux de 250 salariés et qui a généré des ventes totales de 278 M€ l'an dernier, détient deux sites de production, à Moustier en Belgique et à Sas-de-Gand, aux Pays-Bas. Borealis lancera une offre publique d'acquisition obligatoire pour le reste des actions de Rosier, coté à la Bourse belge.


 

Les principales capacités de production de GPN, en tonnes par an.
Source : Borealis

 

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