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BPA : pas de risques pour l'EFSA

A.F.

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Alors que le bisphénol A (BPA) suscite beaucoup d'inquiétude depuis plusieurs années, l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) se veut rassurante.

Elle vient de publier les résultats de la réévaluation complète de ce composé, qu'elle avait initié en avril 2012 (CPH n°591). « Aux niveaux actuels d'exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d'âges (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents) », a-t-elle conclu. L'agence a tout de même réduit drastiquement la dose journalière tolérable (DJT), qui passe de 50 microgrammes par kilogramme de poids corporel par jour (µg/kg de pc/jour) à 4 µg/kg de pc/jour. Mais elle souligne que « les estimations les plus élevées de l'exposition alimentaire ou de l'exposition provenant d'une combinaison de sources diverses sont malgré tout de trois à cinq fois inférieures à cette nouvelle DJT ». Pour conduire cette réévaluation, les experts de l'EFSA ont examiné de nombreuses données et études scientifiques sur le BPA. Ils ont conclu que les hautes doses de BPA (plusieurs centaines de fois supérieures à la DJT) pouvaient avoir des effets indésirables sur les reins et le foie, ainsi que sur la glande mammaire chez les animaux. « Les études indiquant que le BPA serait à l'origine d'autres effets sur la santé se sont avérées moins probantes », a indiqué Trine Husøy, la présidente du groupe de travail sur le BPA. « Les effets sur les systèmes reproductifs, nerveux, immunitaire, métabolique et cardiovasculaire, ainsi que les effets sur le développement du cancer sont actuellement considérés comme improbables mais, sur la base des preuves disponibles, il n'a toutefois pas été possible de les exclure totalement », a-t-elle ajouté.

Ces résultats ont notamment satisfait les industriels du secteur des plastiques. « La conclusion de l'EFSA concorde avec le récent avis de la FDA, réaffirmant clairement l'innocuité du BPA dans les matériaux en contact alimentaire. Plusieurs autres institutions gouvernementales, dont Santé Canada, ont également évalué les données scientifiques relatives au BPA et sont parvenues à des conclusions similaires », s'est réjoui Plastics Europe. L'association européenne des fabricants des matières plastiques en a aussi profité pour appeler à une annulation des restrictions françaises qu'elle juge « excessives ». Depuis janvier, la France a interdit la fabrication, l'exportation, l'importation et la mise sur le marché de tout conditionnement alimentaire contenant du BPA. En Europe, la fabrication et la commercialisation de biberons contenant du BPA sont proscrites depuis janvier 2011.

Premiers labels « sans BPA » pour les tickets de caisse

Malgré ces conclusions plutôt rassurantes de l'EFSA, les initiatives visant à restreindre l'utilisation du BPA se multiplient, notamment dans l'Hexagone. L'Ineris a récemment remis les deux premiers labels « ticket de caisse sans BPA » au distributeur Lidl et au fabricant de papier thermique Koehler. Ce label garanti que les tickets de caisse et les reçus de carte bancaire ne contiennent pas de BPA. Il s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens, mis en place par le gouvernement en avril 2014 (CPH n°674).

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