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Butadiène biosourcé : Une coentreprise entre Versalis, Novamont et Genomatica

J.C.

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La filiale chimique du géant énergétique italien ENI, Polimeri Europa qui évolue désormais sous le nom de Versalis, poursuit ses ambitions dans la chimie verte. Après la constitution de la coentreprise Matrica avec son compatriote Novamont, spécialiste des bioplastiques, pour la conversion de son site pétrochimique à Porto Torres (Sardaigne) en gigantesque complexe de bio-monomères et de bio-polymères, Versalis veut se concentrer sur la production de butadiène biosourcé. Dans ce cadre, la société vient de signer un protocole d'accord avec Novamont, encore une fois, et le Californien Genomatica, spécialiste des bioprocédés pour la production d'intermédiaires chimiques biosourcés. Les trois partenaires envisagent de constituer une coentreprise, dont la majorité serait détenue par Versalis, pour développer un procédé complet et à échelle commerciale de production de butadiène de grade polymère à partir de biomasse. Genomatica, qui s'est focalisé d'abord sur le 1,4-butanediol (BDO) avait annoncé en août 2011 avoir réussi à produire à l'échelle du laboratoire du butadiène à partir de biomasse. Versalis veut aller aujourd'hui beaucoup plus loin et ambitionne d'être le premier chimiste dans le monde à construire des unités commerciales de butadiène biosourcé. Ce projet s'inscrit dans le grand plan stratégique que le chimiste italien déploie en Europe et qui vise à améliorer la compétitivité de ses activités. Particulièrement positionné dans la production d'élastomères, Versalis souffre aujourd'hui de la disponibilité de plus en plus restreinte en butadiène, un intermédiaire essentiel pour les élastomères. La cause principale serait la prédominance des projets de vapocraqueurs sur base éthane, que ce soit au Moyen-Orient ou aux États-Unis avec les gaz de schiste. Or ce type de vapocraqueurs ne peut pas coproduire de butadiène, à l'inverse de ceux sur base naphta, qui se font de plus en plus rares. De fait, avec une demande qui, en parallèle, augmente dans les pays émergents, les tensions sur les prix ne cessent d'augmenter. D'où l'intérêt d'une source alternative, verte qui plus est. Le protocole d'accord signé avec Genomatica permettra à Versalis d'utiliser la technologie de la société américaine de biotechnologies, et prévoit la possibilité de mettre à disposition des licences pour des projets en Europe, en Afrique et en Asie. Le butadiène trouve aujourd'hui des applications multiples, comme dans la production de caoutchoucs pour pneumatiques, de plastiques, de vêtements sportifs, ou encore d'additifs pour lubrifiants. Selon Genomatica, la demande mondiale 2011 en butadiène s'élevait à environ 9 millions de tonnes, soit une valeur d'environ 40 milliards de dollars.

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