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Carling, retour vers le futur

À Carling, Julien Cottineau

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Le groupe Total a inauguré, en mai dernier, les renforcements et aménagements de sa plateforme lorraine. 180 millions d'euros ont été injectés, aboutissant en particulier à la construction d'une unité de résines en C4, celle d'une unité de compounds de polypropylène, et au renforcement des capacités de polystyrène.

Après 180 millions d'euros d'investissements et trois ans de travaux, Total a redonné un avenir à son complexe de Carling (Moselle). En 2013, la décision de fermer le dernier vapocraqueur du site était de mauvais augure. L'annonce d'un plan de réorganisation, pour se dégager des commodités et se repositionner vers des produits à plus forte valeur ajoutée, avait amorti le choc. Malgré tout, les effectifs, de 550 salariés il y a quatre ans, ont fondu à 450, fin 2016, et devraient se limiter à 344 à l'horizon 2018. Mais sans licenciements, les départs à la retraite ayant été privilégiés, assure le groupe. « Total n'a jamais voulu fermer Carling », précise Patrick Pouyanné. Le p-dg, venu inaugurer les nouvelles installations le 11 mai, a loué l'anticipation avec laquelle a été mené le projet, souligné les efforts considérables en formation (80 % des salariés ont dû changer de poste), et note que Total a su accepter 200 M€ de pertes en deux ans pour parvenir à ce repositionnement. « Le grand foyer de pertes était le vapocraqueur », rappelle Patrick Pouyanné, qui évoque des déficits de 100 M€ par an avant son arrêt définitif à l'automne 2015. Désormais, la plateforme est redevenue « rentable », se félicite le patron de Total.

La reconversion s'est fondée sur deux axes : les polymères et les résines d'hydrocarbures. Ce second axe concerne la filiale Cray Valley. Carling est devenu son centre européen des résines d'hydrocarbures, accueillant depuis deux ans le siège continental et l'ancien centre européen de R&D, autrefois implanté en région parisienne.

 

Le choix des polymères et des résines d'hydrocarbures

 

Sur le plan industriel, Total a injecté 85 M€ pour construire une unité de résines C4. Ces résines polybutadiène sont utilisées principalement dans les pneumatiques, les caoutchoucs, les adhésifs, les lubrifiants, et trouvent des applications dans l'automobile, les huiles moteurs, ou encore l'électronique. L'unité a démarré en février 2017. Cray Valley recense quatre autres unités de C4 dans le monde, en Italie, en République Tchèque et deux aux États-Unis. Par ailleurs, Total a renforcé les capacités de résines C9 de Cray Valley à Carling, en modernisant l'unité pour y produire des résines transparentes à plus forte valeur ajoutée.

Sur le front des polymères, Total a injecté 28 M€ pour une unité de 30 000 tonnes par an de compounds de polypropylène, qui a démarré en juillet 2016, destinée essentiellement à mieux répondre à la demande dans l'automobile. Le groupe a aussi musclé de 40 000 tonnes par an ses capacités de polystyrène. Carling se pose désormais comme le premier site de polystyrène du groupe en Europe, avec des capacités totales de 260 000 t/an. Ce renforcement a nécessité 5 à 10 M€. Une enveloppe similaire a permis de moderniser l'unité de polyéthylène (PE), en ajoutant des grades avancés pour les applications dans le médical et les câbles électriques. Le site dispose de capacités de 110 000 t/an de PE basse densité, et également d'une unité de près de 40 000 t/an d'EDA (co et ter-polymères éthylènes dérivés acryliques), produit pour le compte d'Arkema.

 

Chemesis, vecteur de développement

 

Le solde des investissements a été concentré sur la réorganisation logistique. Notamment pour les apports en oléfines. Sans vapocraqueur, Carling est alimenté en éthylène depuis un nouveau pipeline sur l'axe Est (complexes de Lavera et Feyzin), et en propylène par train depuis le complexe de Total à Gonfreville.

En parallèle de ce repositionnement du complexe, Total a réussi à fédérer huit industriels voisins, comme Arkema, SNF ou Air Liquide, et à mobiliser les collectivités locales pour fonder, dès 2013, le groupement Chemesis. En plus de mutualiser les utilités, Chemesis se place comme un vecteur de développement pour la plateforme Carling Saint-Avold, et se donne les moyens de séduire d'autres industriels et de les aider à s'implanter sur place. Là encore, l'objectif est de consolider l'avenir du site.

METEX CHOISIT CARLING POUR SON UNITÉ DE PDO

La société clermontoise de biochimie industrielle a signé avec Total Développement Régional (TDR) pour un projet de construction d'une unité de 1,3 propanediol (PDO) et d'acide butyrique sur la plateforme de Carling Saint-Avold. L'unité disposerait d'une capacité de 24 000 t/an de PDO et d'acide butyrique d'origine naturelle. « Avec cet accord, nous avons déjà déterminé les conditions dans lesquelles l'usine de production pourrait fonctionner. C'est une première phase importante dans la concrétisation de notre projet d'unité de production en propre qui vient de s'achever et en même temps une nouvelle étape qui s'ouvre avec le lancement d'une pré-étude d'ingénierie », indique Antoine Darbois, secrétaire général de Metabolic Explorer (MetEx). L'accord signé avec TDR prévoit les modalités d'appui financier aux études préliminaires du projet, ainsi que les « conditions compétitives de mise à disposition du foncier et des principales utilités et services nécessaires ». La phase de pré-étude d'ingénierie et la validation des conditions technico-économiques du projet ont été confiées à TechnipFMC. MetEx prévoit d'étaler la construction en deux temps. D'abord avec l'implantation d'une capacité de 5 000 tonnes/an de PDO et 1 000 t d'acide butyrique/an, ce qui impliquera la création de 43 postes. L'investissement nécessaire à cette première tranche est estimé à 25 M€. MetEx bénéficiera d'une subvention de 200 000 € de la part de la Communauté de communes Agglo Saint-Avold centre mosellan. Si tout se déroule comme anticipé, la pose de la première pierre de l'unité interviendrait à la fin du premier trimestre 2018. Une seconde phase permettrait d'ajouter 15 000 t/an de PDO et 3 000 t/an d'acide butyrique. L'acide butyrique sera destiné au secteur de la nutrition animale. MetEx a pour ambition à terme de couvrir 20 % du marché de l'acide butyrique naturel dans cette application. Quant au PDO, qui sera commercialisé via des accords de distribution, il s'adresse au marché de la cosmétique (50 % du marché visé) et à celui du textile dont le PTT (40 %).

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