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« Ce nouveau bâtiment nous permettra d'augmenter la taille de nos promotions »

Propos recueillis par Sylvie Latieule

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À Compiègne, l'Escom Chimie vient d'inaugurer un second bâtiment représentant un investissement de 7,5 millions d'euros. Il permettra d'installer de nouvelles salles de travaux pratiques et des laboratoires pour l'accueil d'un nombre croissant d'élèves. Entretien croisé du directeur général de l'Escom Chimie, Gérard Bacquet, et de Gilles Zuberbuhler, président du conseil d'administration et président de la société WeylChem France.

Infochimie magazine : Pouvez-vous décrire l'Escom Chimie ?

Gérard Bacquet : L'Escom Chimie est une école de chimie reconnue par l'État et habilitée par la Commission des titres d'ingénieur. Elle accueille 650 à 700 étudiants sur une échelle de 5 ans. Les deux premières années correspondent au cycle préparatoire intégré. Les trois suivantes au cycle ingénieur qui peut être préparé en alternance. Nous proposons également un Mastère spécialisé en sécurité et en réglementation internationale des parfums et produits cosmétiques. Notre école est régie par une association à but non lucratif. À ce titre, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche nous a décerné le label EESPIG (Établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général). Notre école concourt à des missions de service public et a signé un contrat quinquennal avec l'État, déterminant ses objectifs.

Votre école a-t-elle des spécificités ?

G.B. : L'Escom Chimie fait partie des grands généralistes de la chimie avec quatre dominantes : le génie chimique enseigné en collaboration avec l'UTC, la formulation des matériaux, la chimie fine organique, la chimie du vivant qui englobe le HSE, avec une touche marketing et management industriel. Nous formons de bons généralistes qui peuvent ensuite partir se spécialiser dans d'autres écoles de l'association Gay Lussac ou dans des universités étrangères, en particulier au Canada, en Allemagne, en Belgique...

L'Escom Chimie est aujourd'hui installée à Compiègne et partage des locaux avec l'UTC. Est-ce que cela a toujours été le cas ?

G.B. : L'école a fêté, l'an dernier, ses 60 ans. Issue de la Faculté des sciences de l'Institut catholique de Paris, l'Escom Chimie a été créée sous l'impulsion du père Pierre Mastagli et avec le soutien de l'Abbé Lamure. Pendant 35 ans, elle a été installée, rue Cassette, au coeur du Quartier Latin, à Paris. En 1991, il était devenu indispensable d'agrandir et de moderniser les locaux, pour suivre la croissance de l'école. L'Escom Chimie s'est alors installée à Cergy-Pontoise, au sein de l'Institut polytechnique Saint-Louis. En 2008, toujours pour la même raison, l'Escom Chimie a déménagé à Compiègne, dans les Hauts-de-France pour se rapprocher du campus de l'UTC, pôle de recherche et d'enseignement en plein essor.

En quoi est-ce important d'avoir des établissements d'enseignement supérieur en région ?

Gilles Zuberbuhler : La région des Hauts-de-France, le département de l'Oise en particulier, est un grand territoire de chimie qui touche de nombreux secteurs industriels, dont les cosmétiques et la pharmacie. À son arrivée en 2008, l'Escom Chimie est venue compléter le dispositif car l'UTC était surtout orientée procédé et non pas chimie. Aujourd'hui, avec la nouvelle orientation « chimie verte » du territoire, marquée notamment par le démonstrateur Pivert et la présence de groupes agro-industriels, l'Escom Chimie s'intègre bien dans le dispositif industriel régional.

Quelle place occupent les industriels dans la gouvernance de l'école ?

G.Z. : Les entreprises partenaires de l'école font partie du Conseil d'administration. Elles représentent 70 % des membres. Leurs commentaires et avis sont pris en considération dans les domaines de la pédagogie, de la recherche et de l'organisation. Parmi ces industriels, on trouve des entreprises de la région comme BASF, Bostik, Oléon, Sanofi ou WeylChem, mais pratiquement tous les grands groupe de la chimie sont aussi représentés. Gérard Bacquet est lui-même issu du monde industriel.

Que partage l'Escom Chimie exactement avec l'UTC ?

G.B. : L'UTC et l'Escom Chimie partagent un centre de recherche avec une équipe d'une centaine de chercheurs qui travaillent notamment sur les procédés, la gestion efficace des ressources, la chimie organique ou le pré-traitement de la biomasse. L'Escom Chimie était également accueillie dans des locaux jusqu'à l'édification de ce deuxième bâtiment, baptisé Marie Curie, et qui a été inauguré, le vendredi 30 mars avec les premiers cours qui débutent le 2 mai.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur le nouveau bâtiment « Marie Curie » ?

G.B. : Ce nouveau bâtiment de 3 500 m2 a été dessiné par le cabinet d'architecte BG Concept et réalisé par Spie Batignolles nord. Cette extension contribuera au développement des activités de recherche dans le domaine de la valorisation des agro-ressources, thématique incarnée par le pôle de compétitivité IAR de la région Hauts-de-France. Dans le domaine de la formation, ce bâtiment est équipé de laboratoires autour de la formulation, des matériaux intelligents et de l'électrochimie auxquels il faut ajouter un laboratoire de langues et d'enseignement numérique. Nous voulons basculer d'un enseignement très orienté chimie organique vers une chimie nouvelle. De 12 enseignants chercheurs, nous allons monter à 15. Ces espaces seront aussi des endroits de rencontres avec des industriels qui pourront intervenir au titre de mécènes. Ce bâtiment nous permettra d'augmenter la taille de nos promotions, en accueillant 20 à 25 étudiants supplémentaires, sur des promotions d'une centaine d'élèves pour répondre à la hausse de la demande. Nous avons multiplié les contacts, lors de nos journées « portes ouvertes » et sur les salons étudiants. Par ailleurs, la sélection à l'entrée de l'Escom Chimie passe par le concours Puissance Alpha. Cette année, le nombre de personnes inscrites au concours a doublé. Néanmoins, le portail d'admission post-bac a changé et il ne nous permet pas d'avoir une parfaite visibilité sur le nombre d'étudiants qui postuleront en réalité. Tout se précisera en juillet.

Comment avez-vous financé la construction du nouveau bâtiment ?

G.B. : Le projet global s'élève à 7,5 ME. Parmi les investisseurs, il y a tout d'abord la ville de Compiègne qui a libéré le terrain sous la forme d'un bail longue durée. L'école a apporté 2,5 ME de fonds propres et obtenu un prêt bancaire de la BNP d'un même montant. La région a apporté 2,5 ME et le fonds européen Feder 500 à 800 000 euros supplémentaires pour l'équipement des locaux.

Quels types d'étudiants supplémentaires souhaitez-vous attirer ?

G.B. : Nous voulons notamment augmenter les effectifs d'élèves handicapés, pour qu'ils puissent obtenir notre diplôme. Si ce n'est pas possible en 5 ans, cela se fera en 7 ans. Il ne faut pas hésiter à « casser les règles ». De la même façon, nous avons souhaité « casser les locaux » pour les adapter aux personnes en situation de handicap. Il n'est plus obligatoire d'avoir une taille réglementaire, d'au minimum 1m 60 pour utiliser une paillasse. Cette ouverture est un message fort que nous souhaitons diffuser très largement.

M. Zuberbuhler, selon votre perspective d'industriel, quelle est la qualité première des élèves-ingénieurs de l'Escom Chimie ?

G.Z. : Les stagiaires ou diplômés de l'Escom Chimie sont aussi reconnus par les valeurs humaines qu'ils portent et sont très appréciés dans le monde professionnel. Ils savent travailler en équipe, en groupe et sont attentifs aux autres. L'ouverture en direction des personnes en situation de handicap en est une bonne illustration.

Dans le nouvel amphithéâtre, baptisé Pierre Mastagli, on note encore la présence d'un tableau noir...

G.B. : Le tableau noir continue d'exister, mais de façon générale, les méthodes d'enseignement ont changé. Notre projet est de pousser le développement de l'enseignement numérique et de le rendre plus interactif, notamment au travers de l'enregistrement de nos cours dans des modules vidéo, ou la création de MOOC. Cet amphithéâtre a plus une vocation de centre de conférence pour y accueillir des industriels. Il n'y a plus une, mais des méthodes d'enseignement. ?

L'ESCOM EN CHIFFRES

Créée en 1957 et reconnue par l'État (EESPIG) Diplôme d'ingénieur habilité par la CTI depuis 1963 renouvelé pour 6 ans en 2016 36 enseignants et enseignants chercheurs 100 à 130 vacataires 624 étudiants 3 000 anciens élèves (France et étranger) Un réseau d'établissements étrangers partenaires 11 associations et clubs Membre du pôle de compétitivité IAR Participation à l'équipe d'accueil « Transformations intégrées de la matière renouvelable » (TIMR EA 4 297) en partenariat avec l'UTC de Compiègne et à l'Institut de Chimie Verte et de Développement durable de Picardie en partenariat avec l'UPJV et l'UTC, regroupant plus de 200 chercheurs

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