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Cedilor valorise les déchets dangereux en Lorraine depuis quarante ans

À Malancourt-la-Montagne, Dinhill On

La filiale de Sarp Industries (groupe Veolia) a organisé une cérémonie en l'honneur de son 40e anniversaire. L'occasion de revenir en détail sur son histoire et son activité de traitement de déchets spéciaux depuis sa création.

«Construire quelque chose de différent en valorisant les déchets industriels dangereux, c'est ainsi qu'a débuté l'histoire de Cedilor. À l'époque, l'idée paraissait saugrenue, mais force est de constater qu'elle s'est avérée pertinente, et s'inscrit parfaitement dans l'activité industrielle d'aujourd'hui, avec l'essor de l'économie circulaire et l'usage de matières premières secondaires ». Voici comment Pascal Muller, directeur général de Cedilor, décrit le rôle de pionnier de la société qu'il dirige. À l'occasion de ses quarante ans d'existence, la filiale de Sarp Industries a ouvert les portes de son site de Malancourt-la-Montagne (Moselle), le 12 octobre dernier, pour faire découvrir ses activités. La création du Centre de dépollution industrielle lorrain (Cedilor) est intervenue, suite à la loi du 15 juillet 1975, imposant le principe de responsabilité de l'entreprise pour la gestion de ses déchets. Créée en 1978 par le spécialiste de l'assainissement Malezieux, l'entreprise Cedilor s'est dans un premier temps implantée sur le site de Jouy-aux-Arches, en Moselle. Repris par Sarp Industries en 1986, le groupe lorrain a ensuite déménagé ses activités en 1997 sur le site de Malancourt-La-Montagne classé Seveso seuil haut. Ce centre, qui emploie actuellement 88 collaborateurs, est spécialisé notamment dans le traitement de déchets dangereux (135 000 tonnes de déchets par an), qu'ils soient issus de l'industrie (chimie, sidérurgie, etc.), de professionnels de la collecte de déchets (déchetterie, etc.), de collectivités locales ou encore d'éco-organismes. En outre, Cedilor est en mesure de traiter ces résidus, quelle que soit leur forme : liquide (bains cyanurés ou chromiques, acides organiques, alcalins, lixiviats de décharge, résidus huileux, etc.), pâteuse (boues d'hydroxyde métallique, boues de phosphatation, résidus hydrocarburés), solide (graisses, terres polluées, conditionnements souillés) ou pulvérulente (peintures, encres, etc.).

Garantir une traçabilité totale du déchet

Tout commence par la mise en place d'une procédure stricte d'acceptation et de réception des déchets. Cela consiste en une demande d'acceptation préalable effectuée par le client qui doit établir une fiche d'identification du déchet à traiter et en fournir un échantillon. Après analyse de celui-ci, le laboratoire du site délivre un certificat d'acceptation préalable (CAP) valable un an permettant la livraison des déchets dangereux. Lors de la réception du camion, une analyse de conformité au CAP est effectuée par les équipes du laboratoire (13 salariés). Si le déchet est conforme au CAP, les déchets sont alors acheminés jusqu'en zone de dépotage afin d'êtres orientés vers la filière de traitement adéquate.

Pour son activité, l'usine de Malancourt-la-Montagne s'appuie notamment sur l'unité de traitement physico-chimique minérale pour le traitement de déchets inorganiques (18 000 t/an). Les résidus sont d'abord dépollués de leurs éléments toxiques par l'application de javel et d'acide ferrique, avant de subir une étape de neutralisation de pH.

Les déchets passent ensuite par une étape de précipitation des métaux, puis sont séchés par filtre-presse, permettant d'obtenir un gâteau de filtration. Cedilor détient également une unité de pré-traitement organique pour les effluents tels que les boues huileuses ou chargées en hydrocarbures (95 000 tonnes par an). Les résidus sont déchargés dans 20 cuves de 60 m3 en vue d'un prétraitement organique. Les différentes phases (huile, eau, solides) de ces déchets sont d'abord séparées par centrifugation à 3 800 G (unité de pesanteur). Le procédé se poursuit par une étape d'aéro-flottation/floculation (permettant d'obtenir des boues), avant une autre d'évapo-condensation et compression mécanique de vapeur. Ce qui permet d'obtenir, d'une part, des concentrats chargés en polluants (envoyés en incinération), et d'autre part, une phase aqueuse envoyée à l'unité de traitement biologique. Se composant de trois réacteurs, cette dernière permet de dégrader les éléments organiques (carbone, phosphate, phénols, etc.) grâce aux bactéries. À la sortie du réacteur biologique, les effluents passent par une étape d'ultrafiltration, aboutissant à des eaux de filtration propres au rejet ou à une réutilisation dans les process industriels.

Le centre de Cedilor a dédié également une partie de son site au traitement des petits conditionnés. Dans le détail, cette plateforme se focalise sur les produits contenus dans des contenants (bidons, fûts, etc.). À l'arrivée sur le site, chaque conditionnement est étiqueté pour le suivi, puis un échantillonnage du contenu est effectué pour déterminer la bonne filière de traitement. Les contenants vides sont ensuite réorientés vers la filière de traitement de solides du site, qui consiste simplement en un broyage en vue d'une incinération.

Un récent investissement sur une unité de pointe

Pour aller toujours plus loin dans la valorisation, le groupe Cedilor s'est doté, depuis quelques années, d'une unité dénommée Ledda. D'un investissement total d'environ 3 millions d'euros, cette installation d'une capacité de traitement de 4 000 t/an est dédiée à la valorisation des métaux et des hydrocarbures issus des effluents. Elle aide notamment à la valorisation des boues riches en huiles de coupe et en métaux provenant de fonderies ou d'activités d'usinage. « Les métaux constituent un enjeu majeur à l'avenir, avec l'essor de leur utilisation dans la production de piles, de catalyseurs ou encore de batteries. Cela s'inscrit dans une tendance de fond dans laquelle on bascule d'une économie de traitement vers une économie de la ressource et des matières premières secondaires. Il est donc important de changer de mentalité, en considérant que le déchet peut être une ressource », explique Pascal Muller.

CEDILOR EN CHIFFRES

1978 ANNÉE DE CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ 1997 Implantation à Malancourt-la-Montagne 88 COLLABORATEURS EMPLOYÉS 2 100 ÉLÉMENTS ANALYSÉS QUOTIDIENNEMENT PAR LE LABORATOIRE 33 000 m3 d'eaux pluviales réutilisées dans les procédés de traitement

L'OFFRE DE PRESTATIONS DE CEDILOR

Pour faciliter la gestion des déchets, Cedilor propose à ses clients un accompagnement complet prenant la forme de prestations de services. Cette offre fournit notamment un pack administratif pour l'élaboration des documents ainsi qu'une aide à la collecte, au tri, et au transport. De plus, Cedilor aide les clients dans l'identification et la traçabilité des déchets, via notamment la mise à disposition de matériel tel que des contenants, des étiquettes, et de signalétique. En outre, les industriels peuvent s'appuyer sur l'expertise de Cedilor pour la mise en place d'audits, de gestion déléguée, d'organisation de la chaîne de traitement et d'actions de sensibilisation auprès des salariés. ?

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