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Cerexagri inaugure un investissement de 15,6 M€ à Lacq en présence de son président indien

À Mourenx, Sylvie Latieule

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Cerexagri inaugure un investissement de 15,6 M€ à Lacq en présence de son président indien

Vue du nouveau bâtiment de Cerexagri à Mourenx

© Sylvie Latieule

La filiale du groupe indien UPL a inauguré un bâtiment additionnel à Mourenx. Ce projet, qui a nécessité 15,6 ME d'investissement, permet à Cerexagri de renforcer ses productions de fongicides.

Le président du groupe indien UPL, Jai Shroff, était de passage sur le bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), le 12 octobre dernier. Ce déplacement lui a permis d'inaugurer le nouveau bâtiment de sa filiale Cerexagri qui a nécessité un investissement de 15,6 millions d'euros pour sa construction. UPL avait fait l'acquisition de cette activité en 2007 auprès d'Arkema. Après quelque 10 à 12 M€ d'investissements réalisés depuis lors, le groupe s'est engagé dans ce nouveau projet pour développer la capacité.

Une unité particulièrement stratégique

À Lacq, et plus précisément sur la plateforme Chempôle 64 de Mourenx, Cerexagri produit de la bouillie bordelaise, un fongicide à base de cuivre, principalement utilisé pour protéger la vigne et les cultures arboricoles. Au total, le groupe propose une douzaine de références formulées à partir de deux sels de cuivre qui se distinguent par leur teneur en cuivre : 25 % ou 50 %. Grâce à ce nouvel investissement, chacun des deux sels sera produit dans des installations dédiées, à partir de l'utilisation de fils de cuivre recyclés, à la place de grenaille ou d'oxyde de cuivre dont les prix montent en flèche. « Auparavant, on produisait les deux sels de cuivre sur une même unité, ce qui nous obligeait à travailler par campagne », commente Philippe Cavasse, directeur du site de Mourenx. Dans le cadre de cet investissement, Cerexagri s'est aussi doté d'une deuxième tour de séchage par atomisation permettant de proposer des fongicides sous forme de microgranules et non de poudres. Elle sera dédiée à 100 % à des produits certifiés pour l'agriculture biologique. Il s'agit de produits pouvant avoir des concentrations de cuivre de 25 ou 50 %, mais qui ne contiennent aucun produit de synthèse. La première tour d'atomisation sera réservée à des bouillies bordelaises additivées pour l'agriculture classique. À noter également l'installation d'une toute nouvelle halle de stockage. « Nos fongicides sont produits toute l'année, mais ils ne sont utilisés qu'au printemps dans l'hémisphère nord », souligne Philippe Cavasse pour justifier les besoins de stockage. Néanmoins, avec 75 % d'export dans le monde entier, notamment dans l'hémisphère sud, la consommation de fongicides se trouve un peu étalée. Enfin, compte tenu de la toxicité du cuivre pour le milieu aquatique, le bâtiment de stockage est équipé d'un système antifeu où la mousse remplace l'eau : 1 seul litre d'eau permet de générer 500 litres de mousse ! Au final, le site de Mourenx, qui était arrivé à saturation, devrait passer d'une capacité de 11 000 t/an à 18 000 t/an. L'effectif devrait grimper de 42 personnes à une cinquantaine, lorsque l'usine tournera à pleine capacité.

« Cette unité est particulièrement stratégique pour nous », a déclaré Jai Shroff. « Nous pensons que l'agriculture est une des activités les plus importantes de notre cycle de vie. Mais il faut être capables de contribuer à une agriculture plus durable. Déjà, notre technologie permet de réduire les besoins en eau, et nous allons aller plus loin dans la voie de la durabilité avec l'acquisition d'Arysta ». Le groupe indien attend en effet la décision des autorités compétentes pour le rachat du groupe Arysta Life Science pour un montant de 4,2 Mrds $ (3,6 Mrds €, CPH n°853). Il s'agit de créer le numéro 5 mondial des solutions pour l'agriculture (semences, phytosanitaires, biocontrôle) avec des ventes de l'ordre de 5 Mrds $ (contre 3 Mrds $ pour UPL actuellement). Selon Jai Shroff, Arysta possède 7 unités de production en France dont 4 déjà tournées vers l'agriculture du futur. Heureux hasard, le bassin de Lacq abrite déjà deux unités d'Arysta (ex Calliope) : l'une à Noguères en face de la plateforme de Mourenx, et l'autre à Pau, déjà spécialisée dans le biocontrôle.

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