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Ces sprinklers qui ont manqué à Notre-Dame

Sylvie Latieule

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Ces sprinklers qui ont manqué à Notre-Dame

© Pixabay

Sidération. C’est le mot qui revient le plus souvent à l’écoute des commentaires sur la catastrophe de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Lundi dans la soirée, nous avons tous observé, hébétés, le travail méticuleux de cet incendie qui s’est propagé pendant des heures pour réduire à néant la charpente de bois millénaire et la flèche d’Eugène Viollet-le-Duc. Même si le combat des pompiers a été remarquable, les dégâts restent considérables. Et alors que les débats se trouvent aujourd’hui monopolisés par le thème de la reconstruction – merci au passage à Total, Sanofi, Arkema ou L’Oréal qui ont immédiatement répondu à l’appel aux dons –, la question qui taraude les chimistes est forcément celle de la prévention.


À cette occasion, je me suis fait rappeler quelques principes de base par un spécialiste de la sécurité dans l’industrie chimique. Il a d’abord évoqué la question de la détection. « L’industrie installe des systèmes adressables qui permettent de savoir avec précision d’où est parti le feu », explique-t-il. Car on ne peut pas se contenter de repérer une zone, il faut localiser très précisément un incident et cela se fait grâce à une abondance de capteurs dans les zones les plus sensibles.

Par ailleurs, dans les bâtiments, on compartimente les espaces, les plafonds, avec des portes ou cloisons coupe-feu, pour éviter au feu de s’étendre.

Puis, il y a la question de l’arrivée d’eau au plus près des foyers. De l’eau dans laquelle on peut même ajouter un pourcentage d’émulseurs pour créer des mousses qui vont étouffer un incendie sans noyer les installations. Sans aller jusqu’à prévoir des systèmes entièrement automatisés, de type sprinklers avec réserve d’eau associée, on peut pré-installer des réseaux fixes qui seront ensuite alimentés par des professionnels. Dans l’industrie chimique, des édifices de grande hauteur, comme des tours de distillation, sont équipés de tels systèmes pour qu’on soit certains d’apporter l’eau au plus près des foyers, plus efficacement qu’une lance à eau, dès les premières minutes qui suivent une détection.


Enfin, dans l’industrie chimique, on sait qu’il y a toujours un risque plus grand lorsque l’on réalise des travaux par points chauds. « Un grand classique », selon l’expert sécurité. Dans ce cadre, il y a des procédures très précises à respecter qui requièrent des personnels qualifiés. La certification Mase est un des outils qui permettent de garantir la qualité des interventions des sociétés extérieures.


L’industrie chimique a eu son 21 septembre, avec l’accident d’AZF. Il a eu pour conséquence de sensibiliser au plus haut point les professionnels de la chimie sur cette question de la sécurité. Or cet accident s’est aussi traduit par la rédaction de la loi Bachelot sur les risques technologiques, qui a introduit les fameux PPRT.

Le secteur des Monuments historiques aura désormais son 15 avril avec l’incendie de Notre-Dame. La logique serait que l’on s’interroge sur la façon d’introduire dans ce domaine une culture de la sécurité plus poussée. La priorité semble souvent donnée à la conservation ou à la reconstruction qui relèvent d’une lutte, certes incontournable, contre les effets du temps. Mais il ne faudrait pas négliger les autres dangers dont la liste s’allonge, tels que le feu, les attentats, le dérèglement climatique ou autres accidents en tout genre… qu’il vaudrait mieux tenter de prévenir que guérir. De Chartres à Versailles, de Chambord à Cardonnet, nous chérissons tous des vestiges du passé que l’on ne souhaiterait pas voir à tout jamais ravagés ou transformés  en une pâle copie.
 

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