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CF Industries et OCI renoncent à leur fusion

Julien Cottineau

En raison des nouvelles dispositions de l'Administration américaine vouées à limiter l'évasion fiscale, les deux groupes ont décidé de mettre un terme à leur projet de fusion. Une opération de 8 milliards de dollars qui aurait pu permettre à CF Industries et OCI de se muer en géant des engrais azotés.

Cela aurait pu être l'une des plus grandes transactions sur la scène mondiale des engrais. L'opération, annoncée à l'été 2015 et valorisée à environ 8 milliards de dollars, devait même se finaliser mi-2016. Mais il n'en sera rien, CF Industries et OCI abandonnent leur projet de fusion. Il s'agit de la seconde grande transaction dans les engrais ces derniers mois à péricliter, après le raid avorté de PotashCorp sur K+S. Sauf que dans ce cas, l'acquéreur se heurtait à la farouche volonté d'indépendance de sa cible. Là, c'est tout autre. CF Industries et OCI se désiraient. Mais de leur désir, l'Administration américaine n'en a cure. Face à la multiplication, ces dernières années, des opérations de fusion-acquisitions permettant à des entreprises basées socialement aux États-Unis de transférer leur siège social à l'étranger et de s'émanciper considérablement de la pression fiscale américaine, les règles n'ont cessé de se durcir à l'encontre de ces pratiques. Le 4 avril, le Trésor américain a même engagé des mesures beaucoup plus strictes pour parer à ces pratiques dites d'inversion fiscale. La dantesque opération entre Pfizer et Allergan, évaluée à 160 Mrds $, en a été la première « victime » emblématique.
 

La situation est un peu la même pour CF Industries et OCI. Le 23 mai 2016, les deux acolytes ont annoncé renoncer justement à cause de ces nouvelles dispositions américaines. Dispositions qui « matériellement réduisent les synergies structurelles de la combinaison », disent en coeur CF et OCI. Malgré la recherche d'options alternatives attractives, les deux groupes se sont résignés à en conclure qu'il n'y en avait aucune acceptable pour les deux parties. Dans le cadre de leur projet, CF et OCI avaient dans un premier temps envisagé de s'établir socialement au Royaume-Uni, ce qui déplaisait déjà à l'Administration américaine, avant d'aboutir à la solution de se domicilier aux Pays-Bas, lieu d'implantation du siège social d'OCI. Avec l'arrêt définitif de leur projet de fusion, le groupe américain versera des compensations de 150 M$ à OCI.
 

Ce projet devait permettre de créer un leader mondial des engrais azotés, détenu à environ 72 % par les actionnaires de CF, et à 28 % par ceux d'OCI. Ce dernier devait céder ses opérations européennes (complexe d'engrais azotés à Geleen aux Pays-Bas) et américaines (complexe dans l'Iowa, et 80 % des parts d'un complexe d'ammoniac et de méthanol au Texas), ainsi que son réseau de distribution basé à Dubaï (Émirats Arabes Unis). OCI n'avait en revanche pas prévu de verser ses actifs en Égypte, son pays d'origine, ni en Algérie. CF trouvait avec cette opération l'occasion de mieux équilibrer ses implantations industrielles d'engrais dans le monde, lui qui est très nord-américain et présent en Europe qu'au Royaume-Uni, et de se positionner également dans le méthanol (CPH n°728).

 

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