Nous suivre Info chimie

CHAUDRONNERIE Le marché peine à redémarrer

Jacques Haas
CHAUDRONNERIE Le marché peine à redémarrer

En 2009, le marché est retombé à son niveau de 2006.

© © De Dietrich

Après une année 2009 dans le rouge, les résultats pour l'année 2010 s'annoncent encore moroses pour la chaudronnerie. Mais parmi les pistes de reprise, la modernisation des installations pourrait redresser le secteur.

« Aujourd'hui, les chaudronniers ne peuvent tabler que sur trois mois de visibilité », regrette Gérard Fabiani, secrétaire général du Syndicat national de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle (SNCT). En cause : le marché, qui consiste surtout à terminer les commandes en cours. Une tendance qui se dessine depuis 2009. « Un grand nombre de projets étaient dans les cartons, mais ils ont été subitement arrêtés avec la crise financière », poursuit Gérard Fabiani. Les projets en cours aussi sont repoussés, voire remis en cause, comme le confirme Daniel Renger, responsable technique chez De Dietrich : « le marché en 2009 s'est fortement dégradé par rapport à 2008. On note peu d'investissements chez les clients, et moins de nouveaux clients ».

La dégradation est telle qu'en 2009, le marché est retombé à son niveau de 2006. « En 2008, l'avenir semblait serein, alors qu'en 2009, les acteurs se sont montrés frileux, s'en tenant aux opérations prévues. D'où un fort ralentissement observé cette année, et des inquiétudes du secteur pour 2011 », explique Gérard Fabiani.

Les fabricants notent peu d'acquisitions en matériel neuf chez leurs clients, qui se cantonnent aux contrats de maintenance, le principal soutien de l'activité. « Le problème actuel de visibilité met également en difficulté des entreprises à trésorerie saine, ce qui n'est pas le cas dans toutes les périodes de crise », poursuit Gérard Fabiani. Le marché international reste moteur, mais son volume est également en diminution.

« Nous assistons à une nouvelle situation en 2010 ; avant, dans un secteur, seules les entreprises spécialisées répondaient à un appel d'offre. Maintenant, de plus en plus d'acteurs se diversifient, ce qui a un impact à la baisse sur les prix, et n'incite pas à l'optimisme », regrette Gérard Fabiani, secrétaire général du SNCT. « Une compétition effrénée s'installe pour alimenter les ateliers. Il n'est pas rare de voir 25 entreprises répondre à un même appel d'offre, alors qu'avant la crise, la norme se situait autour d'une dizaine. De quoi ajouter une difficulté supplémentaire pour le secteur dans les deux prochaines années ».

Pour les équipements existants, la maintenance pourrait prendre un nouvel élan grâce aux récents États généraux de l'industrie. En janvier dernier, le ministère de l'Écologie a lancé le Plan de modernisation des installations industrielles. Un plan qui concerne 45 000 sites industriels et pas moins de 50 000 km de canalisations de transport de matières dangereuses. Son coût s'élèvera à 500 millions d'euros, dont 300 millions à la charge de l'industrie chimique, selon les estimations de l'UIC (Union des industries chimiques). Afin de s'adapter aux enjeux de maintenance suscités par ce plan, les codes de construction CODRES et CODAP seront mis à jour pour le mois d'octobre en collaboration avec les constructeurs. « Il est encore difficile de savoir dans quelle mesure les acteurs de la chaudronnerie et de la tuyauterie tireront partie de ce plan », tempère Daniel Renger, de De Dietrich. Le secteur reste sceptique quant au rôle moteur du nouveau plan pour la maintenance. « On pourrait penser à première vue que le plan de modernisation des installations en France donnerait plus de travail au secteur. Le revers de la médaille, c'est qu'il pourrait aussi faire réfléchir les industriels et les inciter à privilégier l'investissement sur des sites étrangers en faveur de sites de production français », analyse Richard Gohier, directeur commercial pour les constructions d'ensembles chaudronnés de CMI.

La R&D comme avantage concurrentiel

Au-delà de la maintenance, pour Gérard Fabiani, « il y a des raisons d'espérer une reprise, avec les besoins croissants en eau et en énergie dans le monde. L'électricité nucléaire retrouve aussi de l'intérêt en Chine, en Italie et en Allemagne ». La relance sur le marché du nucléaire ne devrait cependant s'effectuer que d'ici quelques années, à l'image du nouveau réacteur EPR de Flamanville, dont la mise en service est prévue en 2012. « Si la France se dotait d'un large parc de voitures électriques, il faudrait augmenter fortement la capacité nucléaire du pays. Or, on est loin d'avoir franchi le pas aujourd'hui », ajoute Gérard Fabiani.

« Nous suivons également d'autres pistes pour le redémarrage du secteur, notamment les nouvelles énergies, l'éthanol ou le secteur photovoltaïque », note Dominique Martinez, directeur commercial de Ziemann France.

Parmi les bouées de sauvetage, Dominique Martinez évoque l'avantage concurrentiel que procure encore la R&D aux entreprises françaises. « Les secteurs à forte valeur ajoutée ont encore des moyens qui leur permettent de gérer la situation. De plus, les pays low cost ne s'aventurent pas sur des marchés à forte valeur ajoutée ».

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

L’État se doit de réhabiliter le Diesel

Tribune

L’État se doit de réhabiliter le Diesel

Dans cette tribune, Philippe COURTY, Ingénieur retraité, Docteur ès Sciences Chimie, ex. Directeur adjoint du Centre de résultats procédés d’IFPEN, nous explique comment la motorisation Diesel a[…]

21/07/2021 | Focus
 Témoignage d'Antoine Pams, directeur du site Solvay de Lyon Étoile Part-Dieu

Témoignage d'Antoine Pams, directeur du site Solvay de Lyon Étoile Part-Dieu

Nolwenn Coppalle, chargée de mission RSE chez Sederma et Crodarom

Entretien

Nolwenn Coppalle, chargée de mission RSE chez Sederma et Crodarom

Témoignage de Jean-Claude Rehs, responsable des ressources humaines du Osiris GIE Osiris

Témoignage de Jean-Claude Rehs, responsable des ressources humaines du Osiris GIE Osiris

Plus d'articles