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Chemours cède ses désinfectants à Lanxess

Julien Cottineau

Ils ne sont pas dans le même tempo. Même s'ils s'échinent tous deux à remodeler au mieux leurs portefeuilles. Tandis que Chemours Company continue de faire le ménage, Lanxess étoffe ses activités. Ce qui leur a permis de trouver un terrain d'entente pour la business unit Clean and Disinfect du groupe américain, qui devrait passer sous pavillon allemand au second semestre 2016. La transaction s'élève à 210 millions d'euros, réglables en numéraire. Cette activité de Chemours a généré en 2015 un chiffre d'affaires d'environ 100 M€, pour moitié en Amérique du Nord. Industriellement, Lanxess acquiert trois sites de production, à Memphis et North Kingstown, aux États-Unis, et à Sudbury, au Royaume-Uni. 170 salariés rejoindront les effectifs du chimiste allemand. L'usine américaine de Belle, en Virginie occidentale, qui produit de l'acide glycolique et qui est historiquement incluse dans cette activité Clean and Disinfect, restera toutefois aux mains de Chemours qui préfère ne pas s'en séparer.


« La première acquisition de Lanxess depuis 2013 »


La business unit reprise par Lanxess se concentre sur la production d'ingrédients actifs et de spécialités qui servent les marchés de la désinfection et de l'hygiène. Elle se décompose en trois segments : les désinfectants, le monopersulfate de potassium, et le dioxyde de chlore. Le premier se concentre principalement sur la désinfection vétérinaire, un marché qui devrait bénéficier d'une croissance moyenne annuelle de 6 % sur la période 2015-2020 prédit Lanxess. Ce segment comprend la gamme Virkon S, un désinfectant en poudre qui serait très efficace contre de nombreux virus, bactéries et champignons, et permettrait de lutter contre la fièvre aphteuse, la maladie vésiculeuse du porc ou encore la grippe aviaire. Le deuxième segment qui trouve des applications dans les domaines des piscines et des spa, des produits de soin, est un ingrédient actif dans les produits de désinfection (comme ceux de la gamme Virkon), et peut aussi être utilisé dans l'industrie électronique. Enfin, le dioxyde de chlore est surtout utilisé dans les solutions pour le traitement des eaux industrielles.
 

Lanxess croit beaucoup en cette acquisition. Elle doit lui permettre d'accroître son Ebitda de 20 M€ dès la première année, et pourrait contribuer à l'Ebitda à hauteur de 30 M€ par an d'ici à 2020 grâce aux synergies entrevues. Cette activité de Chemours sera intégrée à la business unit Material Protection Products de Lanxess qui recense 350 salariés dans le monde et des sites industriels à Krefeld-Uerdingen et Dormagen en Allemagne, à Pittsburgh aux États-Unis, à Jhagadia en Inde, à Changzhou en Chine, et à Singapour. Cette business unit dispose d'un portefeuille d'ingrédients actifs anti-microbiens et d'agents conservateurs pour la désinfection industrielle, la protection du bois, les revêtements et peintures, la construction, et les boissons. L'acquisition permettra de renforcer les gammes existantes tout en diversifiant les activités avec ce segment de la désinfection vétérinaire.
 

Il s'agit de la première acquisition de Lanxess depuis 2013 et le début de ses grands plans de restructuration dont il s'extirpe tout juste. Une opération qui ne devrait pas être unique puisque le groupe souhaite encore renforcer ses spécialités chimiques. « Nous voulons en particulier améliorer notre position sur les marchés de moyennes tailles, moins cycliques et dotés de marges fortes et de solides perspectives de croissance », commente Matthias Zachert, le patron de Lanxess. Pour l'aider dans cette stratégie, le groupe allemand va pouvoir s'appuyer sur la manne de 1,2 Mrd € de liquidités apportée par Saudi Aramco dans le cadre de leur coentreprise Arlanxeo.

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