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Chemtura file chez Lanxess

Julien Cottineau

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À l'avenir, on parlera peut-être d'une année charnière pour Lanxess. Moribond il y a encore quelques mois, le groupe allemand signe sa deuxième acquisition depuis le début de l'année en s'engageant dans la reprise de Chemtura. Lui qui n'avait plus procédé à la moindre acquisition depuis 2013, miné par son focus sur les caoutchoucs et trop occupé à se débattre avec les restructurations. Aujourd'hui, Lanxess va beaucoup mieux. Les réorganisations semblent avoir porté financièrement leurs fruits. Et la création d'Arlanxeo lui a permis d'une part de ne plus supporter seul ses caoutchoucs, et d'autre part de recevoir 1,2 Mrd € de la part de Saudi Aramco (CPH n°753). Dès mars, le patron Matthias Zachert évoquait de possibles acquisitions. Ciblant des actifs permettant de consolider le portefeuille du groupe ou de l'élargir « vers des activités en lien direct et adaptées », en particulier « des chaînes de valeur intégrées et des activités appropriées et tirées par des applications ». La reprise des désinfectants de Chemours (CPH n°759), d'environ 200 M€, en était un premier exemple. Chemtura le second. Sauf que cette fois, la transaction ne joue plus dans la même catégorie. Lanxess reprend l'Américain pour une valeur d'entreprise de 2,4 Mrds € ! Soit la plus grande acquisition de son histoire.


« Une valeur d'entreprise de 2,4 Mrds € »


L'accord conclu est définitif, mais nécessitera notamment l'approbation des actionnaires du chimiste américain. L'offre s'élève à 33,50 $ par action, soit un premium de 18,9 %. L'opération devrait être finalisée mi-2017. Des synergies annuelles autour de 100 M€ sont attendues à partir de 2020. Le groupe américain n'est pas le premier venu dans le monde des spécialités. Cet acteur majeur des additifs pour les retardateurs de flamme et les lubrifiants a généré des ventes mondiales d'environ 1,5 Mrd € ces douze derniers mois, dont 45 % en Amérique du Nord, et un Ebitda avant exceptionnels de 245 M€, soit une marge d'environ 16 %. Le groupe de Philadelphie recense 20 sites industriels dans 11 pays et 2 500 salariés. Issu d'une multitude de fusion-acquisitions depuis la fin du XIXe siècle, Chemtura cherchait depuis un an une option stratégique pour créer plus de valeur. Depuis 2014, il s'était concentré sur l'épuration de son portefeuille. Avec en point d'orgue, la cession de son agrochimie à Platform Specialty Products au printemps 2014 pour 1 Mrd $ (CPH n°674). En rejoignant Lanxess, il espère redynamiser ses activités.
 

Les deux principales divisions de Chemtura seront réunies avec la business unit Rhein Chemie Additives, pour former la division Additifs de performance du groupe allemand. Lanxess se posera ainsi comme un des acteurs majeurs des lubrifiants industriels, un segment pour lequel il espère une croissance annuelle de 3 à 4 % sur le moyen terme. Cette division sera aussi très bien positionnée dans les additifs à base de brome, notamment pour les retardateurs de flamme. Lanxess espère une croissance similaire à celle des lubrifiants. Avec Chemtura, Lanxess va aussi se placer sur deux nouveaux marchés : les uréthanes et les composés organométalliques. Plus modestes en termes de ventes, ces deux activités seront incorporées respectivement aux divisions Matériaux de performance et Intermédiaires industriels avancés de Lanxess. À travers cette opération, Matthias Zachert semble ravi de constituer « un champion dans le domaine des additifs ». Un champion avec des positions renforcées en Amérique du Nord et plus compétitives sur des marchés de taille moyenne. Une orientation dont l'objectif est de replacer Lanxess sur le chemin du succès.

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