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Chez DuPont Powder Coatings, la peinture en poudre fait son show

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Fière d'une existence de plus de cent ans, l'usine de Montbrison, près de Saint-Etienne, est aujourd'hui l'unique site français de DuPont consacré à la peinture en poudre. Un univers où la couleur est reine.
Une grande extrudeuse bleu vif trône sur une petite bute arborée construite spécialement à cet effet. Un peu plus loin, d'imposantes structures métalliques servent d'écrin à des centaines d'échantillons de couleurs. Un panneau indique « Etude du vieillissement en conditions naturelles ». Nous sommes sur le site de DuPont Powder Coatings, l'unique implantation française de DuPont dédiée à la peinture en poudre. Elle compte parmi la vingtaine de sites de peintures en poudre que DuPont possède en Europe, en Asie et sur le continent américain. Sur 100 000 m2 de terrain dont 23 000 m2 couverts, 325 employés s'affairent à la conception, la production, la vente et l'après-vente des peintures solides thermodurcissables qui sont commercialisées à des fins de protection et de décoration. Localisée dans le département de la Loire, en plein coeur du Forez à une quarantaine de kilomètres de Saint-Etienne, l'usine de Montbrison-Savigneux est presque centenaire. Créée à la fin du XIXe siècle, la société familiale et régionale Bichon fabrique alors des vernis à sabots, officiant sous le nom de « Manufacture de vernis et cirage » puis de « Manufacture forésienne de peintures et vernis », se spécialisant aussi dans les vernis d'isolation électrique et les peintures de décoration pour bâtiments. Puis s'en suit une série de rachats. Tout d'abord en 1979, la famille Bichon vend la société au groupe scandinave Becker. C'est à cette époque que sont lancées à Montbrison à la fois les activités de peinture en poudre et la technique en prélaquage pour les peintures liquides. En 1992, l'activité Poudre intègre le groupe allemand Herberts (division Peinture de Hoescht) et, cinq ans plus tard, se dote d'une filiale en Arabie Saoudite à Jeddah. Enfin, c'est en 1999 que DuPont Bichon, comme on l'appelle encore ici, passe entre les mains du groupe américain DuPont. Depuis vingt-deux ans à la tête de l'entreprise, Bernard Chauveau commente : « En 1982, la société faisait un chiffre d'affaires équivalent à 4,7 millions d'euros et actuellement nous atteignons les 72 millions d'euros dont 25 % faits à l'export vers la Russie, l'Afrique du Nord, et le Liban ». Preuve de son succès, l'usine a ouvert à la fin de l'été une seconde unité de production de 6 000 tonnes par an portant les capacités totales du site à 25 000 tonnes. Le bâtiment pourra, à terme, accueillir deux autres lignes. Le groupe DuPont Poudre est ainsi deuxième sur le marché mondial derrière Akzo Nobel,et DuPont Bichon est leader sur le marché français avec 36 % de parts de marché. Un intérêt écologique Si la peinture en poudre est aujourd'hui en pleine expansion sur ce site, la technologie n'est pas récente. Elle a fait son apparition sur le marché dans les années 70. Comme l'explique Bernard Chauveau, « dans les années 1970, l'intérêt écologique n'était pasprioritaire. L'avantage que les industriels y ont immédiatement vu est la facilité d'application technique par rapport la peinture liquide ». Second avantage rapidement mis en avant : l'intérêt économique. Les pertes se trouvaient réduites du fait de la récupération de la poudre, avec des installations automatiques pouvant frôler les 98 % de rendement. Aujourd'hui, l'aspect écologique a repris le dessus. Ces types de revêtements sont en effet exempts de solvants, à 100 % d'extraits secs. Ainsi, l'entrée en vigueur en 2001 de la directive européenne réglementant l'émission des composés organiques volatils (COV) pourrait profiter particulièrement à ce type de production puisque les installations ont jusqu'au 30 octobre 2005 pour se mettre en règle. En marge de la production, dans les laboratoires de l'usine, trente personnes se consacrent à la R&D. Les peintures en poudre sont classiquement composées de matières premières solides telles que des résines, durcisseurs, pigments, charges et additifs. Le laboratoire définit la nature et la proportion de mélange de ces éléments et s'occupe des mélanges pigmentaires afin d'obtenir la teinte souhaitée et la performance requise. La formulation sélectionnée, à base de polyester, époxy, mélange des deux, polyuréthane ou encore acrylique est alors utilisée dans la fabrication. La peinture est appliquée par projection électrostatique. Le revêtement est ensuite polymérisé dans un four entre 140 et 180° C ou par rayonnement (UV, IR, NIR, MIR…). Même si le métal représente 95 % du marché de DuPont Powder Coatings, l'usine s'est aussi attelée au développement de nouvelles applications sur supports thermosensibles. Ainsi, l'usine s'est lancée dans le poudrage des matières plastiques en utilisant le procédé Envex mis au point par DuPont. De même, la société est en train de développer des applications sur le bois reconstitué, principalement des panneaux de fibres de moyenne densité (MDF), les céramiques ou encore le PVC en utilisant divers moyens de polymérisation comme l'infrarouge (250° C pendant une minute), l'induction (280° C pendant 20 secondes) ou encore les ultraviolets. Le prélaquage du métal (coil coating) est déjà en production et concerne des produits très souples. Une des dernières innovations : la sublimation, ou transfert d'un décor sur aluminium, qui fait déjà fureur en Espagne et en Italie, permet de mimer les effets du marbre ou du bois. Au-delà de ces aspects, un des fers de lance de l'entreprise reste de « valoriser les produits et accompagner les clients dans leurs démarches » comme se plaît à répéter Bernard Chauveau. Ainsi, en 1999, le site a inauguré un espace baptisé « Espace poudre » qui accueille chaque année 50 à 70 sociétés clientes et leur offre la possibilité de réaliser des essais et des tests de matériels et de produits en grandeur réelle et met à leur disposition des formations pratiques et théoriques. La société a aussi mis en place des plans de progrès pour assurer l'accompagnement de ses clients. « Au lieu de se battre sur le prix du kilo de la peinture, on essaie de réduire les coûts de la globalité de la chaîne et de raisonner en prix de mètres carrés peints », explique le dirigeant. La dernière réalisation en date est la participation à la création d'une école de coloristes, « Pôle Couleur », ouverte à de jeunes bacheliers. Formés en un an en alternance à Montbrison, ces coloristes se destinent à la fois au marché de la peinture mais aussi aux industries du textile, du plastique, du verre, de la cosmétique et de l'imprimerie. Camille Chandès.LE GROUPE DUPONT EN CHIFFRES : - Cinq divisions : - Technologies de la communication et de l'électronique : électronique, écrans, imagerie, piles à combustibles (CA : 2,9 Mrds $) ; - Matières haute performance : polymères techniques, résines polyamides, polymères pour l'emballage et l'industrie (CA : 5,3 Mrds $) ; - Revêtements et couleurs dont DuPont Powder Coatings fait partie : peintures, dioxyde de titane, produits minéraux (CA : 5,5 Mrds $) ; - Sécurité et protection : fibres de performances, non-tissés (CA : 4,1 Mrds $) ; - Agriculture et nutrition : protection des cultures, semences, biotechnologies, ingrédients alimentaires (CA : 5,4 Mrds $). - Chiffre d'affaires 2003 : 26,7 Mrds $. - Bénéfice net : 973 M$. - 81 000 salariés fin 2003. - R&D : 1,349 Mrd $.

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04/10/2004 |
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