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Chimex ambassadeur d'une chimie plus durable

Au Thillay, Sylvie Latieule

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Une dizaine d'adhérents du Sicos Biochimie se sont réunis chez Chimex au Thillay pour la traditionnelle journée HSE organisée par la fédération professionnelle.

Le 18 novembre, Alain Pinchart, directeur général de Chimex, a accueilli sur le site du Thillay une dizaine d'adhérents du Sicos Biochimie, syndicat de la chimie fine et de la biochimie. Site historique de la filiale chimie de L'Oréal, il a été créé en 1938 pour accueillir la production d'ingrédients cosmétiques. En 2004, la production a cessé pour être transférée à Mourenx, près de Pau, sur la plateforme mutualisée Sobegi. Le site du Thillay a été transformé en une plateforme de R&D et de service pour la société qui possède également un second site de production biotechnologique à Tours. 2009 est une autre date importante dans l'histoire de Chimex. Cette année-là, la société s'est ouverte à des clients extérieurs tout en conservant L'Oréal dans son portefeuille.

Pour autant, la société ne souffre pas du poids des années. Bien au contraire, ce qui la caractérise, c'est sa volonté de faire de la chimie autrement dans le respect des principes de la chimie verte et du développement durable. La mission des équipes de R&D est d'ailleurs de concevoir des procédés de fabrication plus vertueux sous la conduite de Sébastien Duprat de Paule, directeur de la recherche et du développement. Procédés qui seront ensuite mis en oeuvre industriellement dans l'une des deux usines, selon qu'ils sont chimiques ou biotechnologiques. Pour ce faire, la société a développé la démarche Made in Chimex qui vise à intégrer des notions environnementales et sociétales dès la conception des procédés, à promouvoir une approche responsable et à diffuser ses bonnes pratiques. De nombreux outils ont été développés pour permettre à la société d'assurer son suivi environnemental. Citons le référentiel Eco-empreinteTM, un diagramme en forme de toile d'araignée (ou plutôt une représentation graphique), qui permet en un coup d'oeil de visualiser l'éco-efficience d'un procédé. Au plan de la technologie, cette démarche se décline par une utilisation plus systématique d'outils d'intensification des procédés et par un recours plus large à la fermentation, à la catalyse enzymatique et à l'utilisation de matières premières d'origine renouvelable. D'ailleurs, sur le site du Thillay, un bâtiment entier est consacré aux nouvelles technologies où se côtoient des extrudeuses bi-vis ou des microréacteurs. « L'extrusion réactive est bien adaptée aux réactions chimiques en voie solide car elle permet de diminuer la consommation d'énergie et de solvant. L'équipement est très modulaire et s'adapte très bien à la chimie », explique Sébastien Duprat de Paule. Cette technologie est par exemple entrevue pour des modifications de polysaccharides ou de l'extraction végétale. Et des procédés ont déjà atteint l'échelle pilote. Côté microfluidique, le passage en pilote se fera début 2015. Sébastien Duprat de Paule vante les mérites de l'extrapolation industrielle des microréacteurs qui peut se concevoir par simple duplication de modules. Mais l'imagination du directeur de recherche ne s'arrête pas là. « Ce que l'on essaie de faire, c'est croiser les technologies. On essaie de faire de l'intensification sur des réactions chimiques et biotech. Pourquoi ne pas envisager de faire de la catalyse enzymatique intensifiée ? », offre-t-il en perspective.

Un pôle distinct est cependant consacré à la biotech. Chimex y pratique la culture de cellules végétales ou la culture de bactéries pour les besoins de gammes de cosmétiques de L'Oréal très spécifiques. Le pôle s'intéresse aussi à la catalyse enzymatique. « Une vraie boîte à outils qui permet d'accéder à des technologies différenciantes pour fabriquer des ingrédients autrement », ajoute le directeur de recherche.

Mais tous les procédés mis au point doivent aussi être industrialisés. Et c'est la vocation du troisième pôle qui abrite l'atelier pilote. Il est doté de 6 réacteurs de 100 à 800 litres de capacité, entièrement équipés pour permettre toutes sortes d'opérations de purification avec un maximum de flexibilité.

 

Un bilan carbone neutre

 

Axé sur des technologies innovantes et vertueuses, le site du Thillay se devait aussi de surveiller son empreinte carbone. C'est ainsi qu'il a fait le choix d'investir dans une installation de géothermie, en collaboration avec EDF. Grâce à une pompe à chaleur qui extrait de l'eau dans le sous-sol à 12°C et la rejette à 6°C, un réseau secondaire d'eau est porté à 65°C et permet de chauffer l'ensemble des bâtiments. Par ce biais, toutes les chaudières à gaz du site ont été supprimées. Et pour les besoins énergétiques supplémentaires, de l'électricité verte est achetée à EDF. Le site peut afficher fièrement un bilan carbone neutre. Fidèle à sa volonté de diffuser ses bonnes pratiques, la société Chimex a provoqué un vif intérêt chez ses confrères de la chimie fine venus la visiter. Espérons que ce prêche en faveur de l'intensification des procédés et des biotechnologies suscitera des vocations pour permettre à la chimie verte de mieux s'imposer.

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