Nous suivre Info chimie

Chimirec s'attaque aux déchets pâteux

A La Roche-Clermault, Jacques Haas

CHIMIREC PUBLIE SON PREMIER RAPPORT DÉVELOPPEMENT DURABLE

Par cette publication, l'entreprise remplit une obligation issue du Grenelle II pour les entreprises de plus de 500 salariés d'établir un bilan environnemental. La démarche de fond, initiée par Jean Fixot, le président du groupe Chimirec, remonte à une dizaine d'années : « Nous voulons proposer à nos clients des solutions compatibles avec le développement durable des régions et pays où nous intervenons. Au travers des résultats, des pratiques pertinentes et des engagements qu'il contient, le présent rapport permet à la démarche de développement durable du groupe de prendre toute sa dimension formelle et objective. Restent bien sûr des actions à entreprendre ».

Une démarche qui s'inscrit dans la continuité de l'obtention de la triple certification des sites de Chimirec et dans le lancement, en décembre 2009, de sa charte développement durable.

Chimirec s'attaque  aux déchets pâteux

L'unité de traitement des déchets pâteux avec solvants de Chimirec.

© © Chimirec

Le groupe met en application son procédé de traitement des déchets pâteux avec solvants. Ces déchets, ordinairement incinérés, deviennent sources de solvants régénérés.

Depuis 1995, l'implantation du grou pe de collecte et de traitement des dé chets dangereux Chimirec situé à La Roche-Clermault (Indre-et-Loire) était spécialisée dans la régénération des solvants. En l'espace de trois ans, les nouvelles installations se sont succédées. A commencer par une unité de régénération des liquides de refroidissement en 2007. Suivront le centre de recherche et développement du groupe en 2008, puis une unité de traitement des huiles claires en 2009.

Le 30 septembre dernier, Chimirec a inauguré sa toute dernière unité, consacrée au traitement des déchets pâteux avec solvants. Une alternative à l'incinération. « Le procédé utilisé permet d'extraire les solvants, puis de les régénérer. Auparavant, ces déchets étaient incinérés », détaille Jean Fixot, le président du groupe Chimirec. L'unité peut traiter aussi bien les boues de peintures, les vernis, les encres, les colles ou les culots de distillation. Le volume de déchets pâteux en France est estimé à 200 tonnes par an.

L'unité repose sur le principe de traitement par vide poussé, développé par Chimirec et mis en place sur le site Approchim à Grez-en-Bouère (Mayenne). Combinant un vide poussé et une phase de chauffage, ce système permet de faire une séparation liquide/solide des produits épais. Il se substitue à la technologie traditionnelle d'extraction par des solvants comme le perchloroéthylène, classé comme produit nocif et impactant la couche d'ozone. Le procédé Chimirec, moins toxique, est axé sur la diminution des rejets des COV (composés organiques volatils) et des quantités de déchets ultimes issus du traitement. L'ensemble consiste en trois colonnes à distiller équipées de vis sans fin. Les déchets entraînés sont chauffés sous-vide et un condensateur permet de récupérer les solvants régénérés. « La faible pression qui règne dans les colonnes, environ 1 mbar, permet d'évaporer les solvants en chauffant le mélange solide/liquide autour de 40°C. Avec des économies d'énergies à la clé », analyse Florent Mancini, ingénieur Recherche chez Chimirec. Grâce à cette unité, les déchets sont valorisés à 60 %. Une centaine de solvants différents peut ainsi être régénérés. Le résidu concentré (les 40 % restants) est destiné à la valorisation énergétique.

Un procédé écologique conforme au Grenelle

Le projet a nécessité deux ans de développement et la collaboration d'une dizaine de personnes. « La mise au point de ce procédé est une preuve concrète de notre volonté de répondre aux enjeux du Grenelle de l'Environ nement, notamment ceux liés à l'augmentation significative du taux de recyclage », souligne Paul Charles, directeur général adjoint du groupe Chimirec. De plus, le procédé permet une meilleure protection de la couche d'ozone, puisqu'il diminue les rejets de gaz à effet de serre à hauteur de 9 240 tonnes de CO2 par an. Ce procédé a reçu le 1er prix du Trophée des Technologies Économes de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et de la revue Industrie et Technologies, ainsi que le 1er prix France de l'Energy Globe Award.

L'unité a commencé en juin à hauteur de 500 tonnes par an, avec pour objectif de « monter en puissance pour atteindre 2 500 à 3 000 tonnes par an en 2011 », explique Renaud Revel, le directeur du site de La Roche-Clermault. Cette unité possède une capacité maximale de 4 000 tonnes par an. Sur simple demande, ces solvants regénérés peuvent être proposés en qualités pharmaceutiques ou alimentaires, un autre site de Chimirec situé à Lyon effectue les contrôles de pureté nécessaire. A l'avantage écologique s'ajoute un argument financier. « Selon le solvant, la version régénérée peut représenter une économique de 10 % par rapport au solvant initial », analyse Renaud Revel. Des produits revendus entre 300 et 1 500 euros la tonne. Le site de Chimirec de La Roche-Clermault emploie 33 personnes et est certifié ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001, comme l'ensemble de ses sites.

Chimirec a encore des projets en réserve. Le site de La Roche-Cler mault travaille aussi à un projet de valorisation des plastiques des emballages souillés. Le dispositif, dont la date de lancement reste à définir, devrait traiter à terme entre 5 et 10 000 tonnes par an de plastique souillé. De plus, le groupe étudie la possibilité d'installer une unité de traitement des huiles claires sur son site de Beaucaire (Gard), où il dispose de 5 000 m2 disponibles. « Nous effectuons déjà la collecte de déchets dans cette région. Il s'agit d'ajouter à cette activité la valorisation locale de ces résidus », explique Jean-Marc Rieger. Ses autorisations pour le traitement des huiles claires laissent encore une grande marge de développement à ce groupe familial, qui pèse aujourd'hui plus de 106 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Un exemple : en 2009, Chimirec a traité 5 300 tonnes d'huile claire. Le groupe est agréé pour le traitement de 15 000 tonnes par an.

%%HORSTEXTE:0%%

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Enquête] : L'intelligence artificielle pour décupler les possibilités

[Enquête] : L'intelligence artificielle pour décupler les possibilités

Dans un contexte d'essor de l'industrie 4.0, les acteurs de la chimie s'intéressent de plus en plus aux applications de l'intelligence artificielle pour leur activité. Que ce soit en R&D ou en production, ces[…]

L'IA pour évaluer la toxicité d'un produit

L'IA pour évaluer la toxicité d'un produit

« Développer des briques digitales couplées avec l'IA » - Axel'One Analysis

entretien

« Développer des briques digitales couplées avec l'IA » - Axel'One Analysis

« L’acquisition de Monsanto par Bayer va nous permettre de construire l’avenir »

entretien

« L’acquisition de Monsanto par Bayer va nous permettre de construire l’avenir »

Plus d'articles