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Clariant industrialise sa technologie Sunliquid en Roumanie

Le groupe de spécialités démarre la construction d'une usine qui transformera en 2020 de la paille en bioéthanol. C'est la ville de Podari, en Roumanie, qui a été retenue pour accueillir cet investissement de plus de 100 millions d'euros pour le groupe Clariant, également soutenu par le projet européen BBI JU.

Le 12 septembre dernier, Clariant a célébré à Podari en Roumanie, le démarrage de la construction d'une installation d'un nouveau genre. Le groupe de chimie de spécialités suisse s'apprête à construire une unité de production d'éthanol cellulosique de taille industrielle (50 000 t/an d'éthanol), moyennant un investissement de 100 millions d'euros auxquels s'ajoutent 24,7 ME de subventions recueillies dans le cadre du programme européen BBI JU, consacré aux premières industrialisations de procédés innovants relevant de la bioéconomie. Cette usine qui démarrera sa production en 2020 convertira 250 000 t/an de paille, recueillies auprès d'agriculteurs roumains qui n'en ont pas l'usage dans un périmètre de 80 km autour de l'usine.

Cela fait plus de 10 ans que Clariant travaille sur ce procédé, baptisé Sunliquid, qui vise à transformer de la biomasse cellulosique, de type paille de blé ou de maïs, bagasse, bois... en éthanol de deuxième génération. Mais si Clariant a pris son temps pour amener sa technologie à maturité, l'entreprise reste audacieuse. Les premiers acteurs n'ayant pas encore rencontré le succès escompté. À commencer par le pionnier Beta Renewables, filiale du chimiste italien Mossi Ghisolfi, qui avait construit la première usine du genre à Crescentino, en Italie. En France, le procédé Futurol, démarré en 2008, est actuellement en phase de commercialisation par Axens, sans qu'aucune annonce de vente de licence n'ait été communiquée.

Néanmoins, avant même que cette usine ne sorte de terre, Clariant a décroché un premier contrat de licence avec l'énergéticien slovaque Enviral. Ce dernier envisage d'industrialiser la technologie avec une unité de 50 000 t/an sur son site de Leopoldov, qui produit déjà de l'éthanol 1G.

Au delà de ce procédé Sunliquid, dont il avait hérité en 2011 par le rachat de Süd-Chemie, Clariant ne cache pas ses ambitions dans le domaine des produits biosourcés et de la biotechnologie industrielle. En 2015, le groupe a regroupé ses forces dans le domaine dans un nouveau centre de recherche installé à Planegg dans les environs de Munich. Quelque 110 chercheurs travaillent dans ces locaux. L'éthanol cellulosique pourrait d'ailleurs devenir une molécule plateforme pour le groupe, de même que l'isobutène biosourcé auquel Clariant a récemment accédé, dans le cadre de son partenariat avec la société Global Bioenergies. Mais Clariant sous-entend qu'il travaille également sur des fermentations directes de sucres en autres produits chimiques. À Planegg, il dispose de vastes installations d'High throughput Screening (capacité de plus de 100 000 échantillons par jours) pour la sélection d'enzymes ou de bactéries, ainsi que de toutes compétences nécessaires en ingénierie enzymatique ou biologie moléculaire, et en caractérisation, pour la mise au point de procédés innovants.

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