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Comment la chimie va y contribuer

Comment  la chimie va y contribuer

La France s'est fixé pour objectif de réduire sa part d'énergie nucléaire de 75 à 50 % dans son mix énergétique.

© © Matthieu Colin/EDF

Face au défi de la transition énergétique, l'industrie chimique peut contribuer grandement à la mise en place d'un système énergétique décarboné en travaillant sur sa consommation et sur ses innovations. Petit tour d'horizon.

Devant l'accroissement de la demande énergétique et l'essor de l'intérêt pour le développement durable, les pouvoirs publics veulent promouvoir de manière de plus en plus poussée le passage du bouquet énergétique actuel à un système énergétique basé davantage sur les ressources renouvelables : il s'agit de la transition énergétique. Elle implique de développer des solutions de remplacement des combustibles non renouvelables (pétrole, gaz, matières radioactives, etc.) autour de plusieurs lignes directrices. L'une d'entre elles est de proposer un système énergétique plus sûr en termes de risque industriel et nucléaire. On trouve la volonté d'évoluer vers un système moins centralisé et plus efficace énergétiquement, en tendant vers l'indépendance énergétique pour tous. Enfin, la transition énergétique vise à protéger le climat ainsi que la santé publique en proposant des énergies moins émettrices de gaz à effet de serre. Afin d'initier le mouvement vers la transition énergétique, la Commission européenne a adopté dès 2008 le plan climat fixant trois objectifs d'ici à 2020 : inclure 20 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique européen, réduire les émissions de CO2 des pays de l'Union européenne de 20 % et accroître l'efficacité énergétique de 20 %.

Pour engager la France dans ce basculement de système énergétique, les pouvoirs publics ont lancé en septembre 2012 le débat national sur la transition énergétique (DNTE). Ayant pris fin en juillet dernier, il a accouché d'un rapport ne donnant que des orientations pour un futur projet de loi de programmation pour la transition énergétique. « Ce qui ressort principalement de ce débat, c'est qu'il faille diminuer la part de l'énergie issue du nucléaire en la passant de 75 à 50 %, via l'arrêt des sites les moins rentables. Autre point, c'est que les énergies renouvelables doivent être favorisées. Il reste une interrogation sur la répartition du bouquet énergétique, et l'offshore devrait y avoir une place déterminante », indique Jean-Philippe Tridant Bel, directeur de la business unit Énergie-environnement de la société de conseil en stratégie Alcimed. La synthèse du DNTE a également mis en lumière la nécessité de mettre en place une feuille de route pour la « mobilité des personnes et des marchandises ». Initialement prévu pour une étude dès l'automne 2013, le projet de loi est finalement déposé au printemps prochain pour être adopté fin 2014 dans le meilleur des cas.

Dans le contexte de la transition énergétique, le secteur de la chimie peut jouer plusieurs rôles : d'une part en étant moins énergivore, et d'autre part, en tant que fournisseur de solutions innovantes pour réduire la consommation d'énergie et/ou améliorer l'efficacité énergétique d'autres secteurs. « La chimie représente environ 20 % de la consommation énergétique de toute l'industrie, elle n'a pas attendu pour mettre en place des actions. Il reste tout de même des marges de manœuvre. L'Ademe, dans sa vision énergétique à 2030, a évalué à 18 % les gains d'efficacité énergétique pour le secteur de la chimie », indique Sylvie Padilla, responsables des Services Entreprises et Écotechnologies de l'Ademe. Avant de préciser : « Il est vrai qu'il peut être parfois plus compliqué pour les PME de mettre en œuvre des actions en cohérence avec les enjeux de la transition énergétique ». De son côté, l'Union des industries chimiques (UIC) attend des pouvoirs publics un accès à une énergie bon marché. « Pour réussir sa transition énergétique, nous estimons que la France doit avoir une industrie chimique forte car elle fournit la matière et les services favorisant cette transition. Cela passe donc par un accès à une énergie compétitive, qu'elle soit sous forme d'électricité ou de gaz. Dans ce cadre, le statut de gazo-intensif (ndlr : définissant les entreprises utilisant le gaz comme matière première ou source d'énergie et dont l'activité est exposée à la concurrence internationale) va dans le bon sens », soutient Philippe Prudhon, directeur des affaires techniques à l'UIC. Afin de favoriser la transition énergétique des industriels, l'UIC préconise que les dispositifs de certificats d'économie d'énergie (imposant à des acteurs de réaliser des économies d'énergies) soient éligibles à l'ensemble des procédés industriels, et de promouvoir les systèmes de management de l'énergie. « Nous pensons qu'un autre moyen est de mettre en place des contrats d'effacement sur les sites chimiques, et de soutenir le développement de la production énergétique par cogénération. A plus long terme, il sera nécessaire de trouver un moyen d'exploiter les gisements de chaleur industrielle non exploités », indique Philippe Prudhon (UIC). En attendant des clarifications sur l'accès à l'énergie, le secteur de la chimie se montre ambitieux pour son mix énergétique. L'UIC s'est d'ailleurs fixé plusieurs objectifs sur son activité dans le cadre de la transition énergétique, dont certaines sont précises : améliorer l'efficacité énergétique du secteur de 1,5 % par an en moyenne jusqu'à 2030, réaliser 20 % d'effacement en 2020, ou encore inclure 20 % de matières premières provenant de la biomasse d'ici à 2017.

 

La chimie innove pour l'énergie

 

Outre la consommation d'énergie due à son activité, le secteur chimique peut contribuer à la transition énergétique via ses innovations. « La chimie peut apporter des progrès dans le domaine des batteries, notamment pour stocker plus efficacement l'énergie produite. Elle peut également être à l'origine d'améliorations notables dans les technologies photovoltaïques, où le rendement est encore perfectible », explique Jean-Philippe Tridant Bel (Alcimed). « La chimie peut jouer un rôle dans les matériaux d'isolation. Les biocarburants pour le transport restent toujours un sujet d'intérêt, car il existe une volonté industrielle derrière », complète Pierre Gadrat, directeur de la Business Unit Chimie et Matériaux d'Alcimed. Selon une étude prospective de l'Ademe, les biocarburants devraient représenter 3 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) à l'horizon 2030, alors qu'en 2010, la consommation s'élèvait à 2,4 Mtep. « A la suite de la décision récente de l'UE, les industriels mettent la pédale douce sur les biocarburants de première génération, et attendent de nouvelles technologies de production plus performantes au plan environnemental », estime Roland Gérard, chef adjoint du Service Bioressources de l'Ademe. Toujours pour le secteur des transports, les chimistes travaillent également sur la technologie de l'hydrogène énergie et de la pile à combustible. Cependant, elle nécessite une infrastructure lourde pour les recharges en hydrogène, ce qui réduit considérablement le déploiement de cette technologie. Par ailleurs, l'allègement des matériaux pour les transports est un axe de développement qui fait l'objet de nombreuses études car il permettrait une mobilité plus économe en carburant.

La chimie devrait donc jouer un rôle prépondérant dans la mise en place d'un système énergétique basé sur un usage accru des ressources renouvelables. « Les acteurs de la chimie doivent voir en la transition énergétique une opportunité d'élaborer et de déployer de nouvelles solutions ou technologies », indique Pierre Gadrat (Alcimed). Avant de conclure : « La stratégie d'innovation doit être collaborative. Les chimistes doivent favoriser les partenariats avec les équipementiers ou encore les énergéticiens afin de développer les solutions susceptibles de contribuer à répondre au mieux au défi de la transition énergétique ».

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