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Complexe géant et perspectives en Iran

Julien Cottineau

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Les chiffres annoncés sont colossaux. Fin août, la presse iranienne a relayé les contours du Makran Petrochemical Plan, un gigantesque projet pétrochimique dans le port de Chabahar, à la pointe sud-est du pays (Golfe d'Oman). L'investissement global approcherait les 12 milliards de dollars (10,8 Mrds €) pour des capacités de 23 millions de tonnes par an. Un projet, décrit comme le plus grand mené dans le pays par des investisseurs privés, et qui ferait bondir les capacités actuelles en Iran qui s'établiraient à 60 Mt/an. Or le secteur pétrochimique est primordial car, en générant des revenus à l'international de 14 Mrds $ entre mars 2014 et mars 2015, il se positionne juste derrière le secteur pétrolier. D'ailleurs, sur les 23 Mt/an de capacités envisagées, 20 Mt/an seraient dévolues à l'export, notamment vers l'Asie.
 

« Des groupes indiens seraient positionnés »

Le Makran Petrochemical Plan nécessiterait un total de neuf ans de construction avant d'être intégralement mis en service. Le projet se décline en trois phases, avec 17 unités de production principales et 30 unités en aval. La première phase est prévue pour démarrer avant mars 2016. Cette première salve de capacités s'élèverait à 8,5 Mt/an. Et représenterait une valeur annuelle à l'export de 5 Mrds $. L'alimentation en matière première serait assurée par un pipeline entre l'Iran et le Pakistan et fournirait du méthane. La deuxième phase devrait être finalisée pour 2020. Il s'agirait d'ajouter des capacités de 7 Mt/an à Chabahar, avec l'objectif de porter les revenus à l'export à 11 Mrds $ par an pour l'ensemble du complexe. Pour cette deuxième partie, une alimentation en éthane est prévue, avec la construction d'un pipeline à partir du port iranien d'Assaluyeh (Golfe persique). Enfin, la troisième phase est ambitionnée pour 2021, et serait focalisée sur la production d'aromatiques et de polyéthylène. Le projet prévoit dès lors la livraison de condensats par voie maritime à partir d'Assaluyeh pour compléter l'approvisionnement en matières premières.
 

Les premiers partenaires privés engagés n'ont pas encore été officiellement présentés. Mais des groupes indiens seraient particulièrement positionnés pour se lancer dans l'aventure. Un projet de complexe de production d'engrais (ammoniac/urée) d'une capacité de 1,3 Mt/an serait notamment porté par un consortium rassemblant Rashtriya Chemicals et Fertilizer, Gujarat Narmada Valley Fertilizers and Chemicals et Gujarat State Fertilizers, indique Chemical Week. Complexe qui serait intégré au Makran Petrochemical Plan. La présence indienne n'est pas surprenante puisque visites gouvernementales et projets chimiques indiens se sont multipliés en Iran ces dernières années, principalement dans le domaine des engrais.

Au-delà du Makran Petrochemical Plan, la donne va forcément changer pour l'Iran, économiquement, et notamment dans la chimie, depuis l'accord sur le nucléaire conclu cet été. La levée progressive des sanctions internationales, en cours depuis 2006 et renforcées en 2012, ouvre de grandes perspectives pour le développement du pays. À la fois pour la population et les entreprises locales mais aussi pour les acteurs internationaux. Surtout dans le domaine énergétique en raison des formidables réserves iraniennes en la matière. La presse locale rappelait que le gouvernement iranien espérait des investissements de 70 Mrds $, dans les 10 ans à venir, pour le bon développement de son secteur pétrochimique. Les chimistes français y auront peut-être une carte à jouer. D'ailleurs, entre le 23 et le 27 octobre prochain, une mission d'industriels en Iran est prévue par l'UIC.

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